Voici
un aperçu des approches qui peuvent être
pratiquées dans une
thérapie
de l'anxiété sociale. Elles sont efficaces quand
elles sont
utilisées de manière intégrative :
prendre dans chaque
discipline ce qui est pertinent dans le cadre d'une
difficulté et
d'une personnes données. Il ne s'agit pas de s'enfermer dans
une
pratique mono-focale.
"Dans une
casserole, il y a un désordre apparent, mais si l'on tire
sur un
spaghetti on peut le suivre du début à la
fin." Kjell
Nordstroem
Définition
La thérapie
cognitive s’installe peu à peu à partir
des années
60, avec T. Beck. Travaillant originellement sur la
dépression,
il relève l’existence de blocages cognitifs au
changement : pensées
automatiques, dialogue intérieur… Loin de la
psychanalyse, ces processus
de pensées portent sur des sujets bien « concrets
».
A partir de ce constat va se mettre en place un modèle
cognitif,
adaptable notamment aux troubles anxieux.
L’approche
cognitivo-comportementale (pour parler plus simplement,
l’analyse des pensées,
croyances et des comportements qu’elles provoquent) est un
élément
essentiel et fondateur de toute démarche
thérapeutique.
Chaque être
humain vit des situations. Ces situations sont
interprétées
par l'intermédiaire de pensées
(autoverbalisations) ou d'images
mentales (dialogue intérieur).
De ces pensées,
croyances et représentations mentales dépendront
l'humeur
et le comportement de l’individu.
Le système
cognitivo-comportemental de l'individu pourrait être
représenté
comme suit :
Les thérapies
cognitives et comportementales étudient ce
système, mettent
en valeur des disfonctionnement ou distorsions au niveau cognitif
(pensées,
...). L'approche cognitive a pour but de restructurer ces
schémas.
Les différents
types de distorsions cognitives, de pensées
dysfonctionnelles sont
identifiés, définis et expliqués afin
de pouvoir ensuite
les remettre en cause, les modifier ou les éliminer et
permettre
ainsi de nouveaux comportements plus adaptés.
Nous
pensons
« Je
pense donc je suis »
A tout moment
nous pensons. Ce qui est cognitif regroupe les pensées,
système
de représentation, images mentale que nous mettons en place
entre
nous et la réalité. Ce système de
représentation
s’établit en fonction de nombreux filtres,
détaillés
précédemment. Nous construisons donc notre propre
lecture
de la réalité.
Ce que nous
pensons
« J’en
pense plus de bien que de mal », « j’en
pense plus de mal que
de bien ».
Si on
mène
l’enquête, on se rend compte que chaque individu va
avoir une lecture
personnelle de la réalité, plus ou moins
adaptée au
bien-être. Schématiquement, cette adaptation va se
révéler
par la proportion de pensées négatives et
positives :
La
restructuration
cognitive va donc avoir notamment pour but de rétablir un
certain
équilibre, diminuer les proportions du négatif,
augmenter
celles du positif, cela non pas en sombrant dan un positivisme
béat
mais en observant la réalité le plus
objectivement possible.
Pensée
et émotion
« Nous
ressentons ce que nous pensons »
C’est
là
un élément essentiel. Si nous reprenons le
schéma
précédemment utilisé, il y a un lien
à bien
intégrer. Ce n’est pas la
réalité que nous ressentons
mais ce que nous pensons de la réalité.
On vit une
situation, on en pense quelque chose. De ce qui est pensé
découleront
et dépendront les émotions, comportements.
Il y a quelques
années je travaillais avec une jeune phobique sociale. Elle
ne voulais
plus sortir. Nous découvrîmes
qu’elle avait un grand-père
dont le dicton favori était : « l’homme
est un loup pour l’homme
». Peu à peu, elle avait
intégré ce dicton,
le posant comme une vérité absolue. Tout le monde
lui reprochait
de ne pas vouloir sortie. Je lui dis à
l’époque : «
Tu as entièrement raison de ne pas sortir. Aller au milieu
des loups,
moi non plus je ne le ferai pas ». Elle me
considéra autrement,
et nous avions pu alors commencer à travailler sur cette
vision
du monde. Etait-ce vrai ? Etait-on tous des loups ? (A la fin je
l’accueillais
d’ailleurs en hurlant à la mort !). Ayant
recadré ce système
de pensée, modéré sa croyance, elle a
pu ressortir.
Une croyance
n’est pas une vérité, une croyance est
une théorie
sur la vie énoncée à travers de
nombreux filtres,
tenue comme vraie, absolue mais
non-vérifiée.
L’
émotion
est justifiée, est en cela complètement
respectable quelle
qu’elle soit, mais la pensée en amont ne
l’est pas. En cela, la
thérapie cognitive pourrait être
appelée la "thérapie
du bon sens".
Pensées
automatiques
Le cognitivisme
est avant tout une science de la pensée.
On analyse
donc ce qui, dans les pensées, modes de pensées,
dans les
croyances, disfonctionne et génère le
mal-être.
Penser, chez
l’être humain se concrétise,
schématiquement de deux
manières :
Pensées
automatiques
Ce mode de
pensée n’est pas contrôlé ou
conscient.
L’individu
est passif. Ses pensées s’imposent à
lui-même comme
des schémas prédéfinis issus de
l’observation (subjective
et déformée) par le sujet de lui-même
de son environnement
et de toutes leurs interactions.
Ex :
«
ça n’arrive qu’à moi
», «de toute façon
je vais me planter », «il ne me supporte pas
… »
Ce mode de
pensée est donc automatique, immuable et constant : la
pensée
contrôle le sujet
Pensées
rationnelles
Mode de pensée
contrôlé et conscient (autant que cela est
possible et envisageable).
Il s’agit d’une pensée intentionnelle,
plus ponctuelle.
Face à
un événement, on ne réagit pas
automatiquement, on
ne se laisse pas influencer par un vécu, des
interprétations
abusives et mécaniques.
On prend du
recul, on recherche une démarche logique et rationnelle : Le
sujet
contrôle la pensée.
Du choix entre
ces deux modes de réponses de la pensée
dépend l'équilibre
du sujet.
La démarche
cognitive propose de s’interroger sur ces pensées
automatiques et
leur mise en place, pour, dans un second temps les remplacer par des
observations
plus rationnelles et conformes à la
réalité. Le sujet
reprend le contrôle de ses pensées et de leur
pertinence.
Remettre en
cause ses a-priori, c’est se permettre de repartir sur de
nouvelles bases,
de rendre possible le changement, de générer
d’autres comportements
chez soi et, en interrelation chez les autres.
Distorsions
Les distorsions
de la pensée sont le fruit
d’interférences arbitraires du
sujet sur ses pensées.
Ces processus
bien entendu, nourrissent et aggravent le mal-être.
Lectures
de pensées : l’individu pense savoir ce
que pensent les autres
sur lui-même.
Ex :
« Ils me prennent pour un imbécile
»
Affirmation
sans preuve : ce sont la plupart du temps des
prédictions aléatoires,
à la forme négative.
Ex :
« De toute façon, on ne va pas y arriver
»
Maximalisation
et minimalisation : Tendance à surestimer les
échecs,
à sous estimer les réussites.
Ex :
«Là, de toutes façons,
c’était trop facile.
Tout le monde pouvait le faire. »
Généralisations
abusives
Ex :
« les hommes sont des... »
Tout ou
rien :
Ex :
« on existe que quand on gagne»
Déduction
abusive ou sélective : tendance à ne
retenir que ce qui
sert l’idée anxiogène, en le sortant de
son contexte.
Ex :
« Il ne m’a pas passé le sel. Tu vois
qu’il ne m’aime pas
»
Personnalisation
excessive des événements : ramener les
événements
à soi.
Ex :
«Tout ce qui arrive est de ma faute»
Flêche
descendante
Intéressante,
cette technique montre la tendance du sujet stressé (et
anxieux)
à choisir l’option la plus défavorable
ou pessimiste. Cette
démarche cognitive est d’ailleurs tellement
développée
que l’individu n’envisage plus que cette
hypothèse catastrophiste.
Il se focalise sur une des facettes de la réalité
qui s’offrent
à lui.
La
flèche
descendante est une technique de découverte par le sujet de
ses
schémas cognitifs de fonctionnements. La vision plus globale
des
hypothèses permet de recadrer le regard qu’il
porte sur le monde.
Restructuration
Cet ensemble
de techniques va permettre de dévoiler au sujet ses propres
processus
cognitifs pour pouvoir les remettre en cause, construire une autre
représentation
de la réalité. En cela, l’approche
cognitive est un outil
important. Cette « mutation » cognitive,
nécessaire,
est un élément fondateur du changement en
thérapie.
Thérapie
comportementale - Notions
La
thérapie
comportementale est construite sur le modèle de
l’apprentissage,
du conditionnement plus particulièrement. Il
s’agit de mettre en
place un nouvel apprentisage à la place d’un
ancien, non-adapté
au bien-être.
La plus
répandue
des techniques, utilisée d’ailleurs dans le
traitement comportemental
de la boulimie est la désensibilisation
systématique : on
expose le sujet au stimulus anxiogène afin qu’il
s’habitue, apprenne
une nouvelle réponse. On demandera par exemple à
une personne
boulimique de retarder le début d'une crise.
On parle
beaucoup
des thérapies comportementales, au regard d’un
certain succès
voire d’une certaine mode. Mais si succès il y a,
c’est à
la faveur également d’autres facteurs parmi
lesquels une restructuration
cognitive qui se met en place au fil des expositions.
Exposition
Quelques
règles
comportementales sont utiles à connaître
:
1)
L’anxiété
baisse si on prolonge l’exposition.
L’anxiété
monte puis stagne, puis baisse. Il n’y a pas de
bénéfice
à l’exposition si on quitte la situation pendant
la montée
(échappement) mais augmentation de
l’anxiété relative
à la dite situation.. Pour qu’il y ait habituation
(diminution et/ou
disparition du conditionnement anxiogène), il est
nécessaire
de quitter la situation quand l’anxiété
se réduit
et/ou a disparu.
2) Le
degré
maximal d’anxiété baisse si on
répète les expositions.
Si on répète
une situation, elle est de moins en moins
anxiogène.
3) La
durée
de l’anxiété baisse si on
répète les expositions.
Si on répète
une situation, le degré
d’anxiété revient de plus
en plus vite à la normale.
L’idéal
en thérapie est d’aboutir à des
expositions qui n’en soient
pas : avoir travaillé en amont avec une telle
efficacité,
que l’exposition devient naturelle,
non-problématique.
Anxiété
sociale et Thérapies cognitives et comportemantales
Les
troubles anxieux sont éminemment
cognitifs : croyances, règles, schémas
conditionnent la réaction
anxiogène (pensées dysfonctionnelles sur soi les
autres,
le monde…) La TCC apporte les outils de remise en cause de
ces systèmes
de représentation inadaptés au
bien-être. La résolution
d’un trouble anxieux correspond systématiquement
à une mutation
cognitive. La thérapie cognitive peut constituer un outil de
cette
évolution. La part comportementale des TCC peut
également
fournir différents apports : exposition aux situations
anxiogènes,
désensibilisation progressive, apprentissage des
habiletés
sociales, de l’affirmation de soi, de l’expression
des émotions…
Même si la TCC et ses techniques sont d’une
influence mitigée
sur les processus inconscients, elle permet entre autres au sujet de
s’installer
dans une démarche agissante, de participer à la
remise en
cause du trouble anxieux et de développer des
compétences
et ressources utiles.
Bibliographie
Manuel
de thérapie comportementale et cognitive / B.
Samuel-Lajeunesse,
... / Dunod
L'entretien
en thérapie comportementale et cognitive / C.
Mirabel-Sarron,
L. Vera / Dunod
Les
thérapies
comportementales et cognitives / N. Jarousse /
Ellébore
Précis
de thérapie cognitive / C. Mirabel-Sarron, B.
Rivière
/ Dunod
Les
thérapies
cognitives / J. Cottraux / Retz
Les
thérapies
comportementales et cognitives
/ J. Cottraux / Masson
Thérapie
cognitive de la dépression / I.M. Blackburn /
Masson
Précis
de Thérapie comoportementale et cognitive / G.
Mihaescu / Editions
Médecine et hygiène
Dictionnaire
de psychothérapie cognitive et comportementale /
D. Nollet /
Ellipses
Les
bases
de la psychothérapie / O. Chambon, M.
Marie-Cardine / Dunod
Sophrologie
/ Relaxation
La
relaxation - Définition : recherche d’un
état naturel
Lorsqu’on
évoque la relaxation, on pense volontiers à une
activité
de salon plus ou moins ésotérique, sorte de
ramollissement
somnolent.
Il n’en est
rien. Etymologiquement «Relaxer» signifie
«re-libérer»,
à l’image du prisonnier qu’on
relaxe.
Il
s’agit ici
de libérer des ressources et énergies nouvelles,
présentes
en chacun de nous.
Le
relâchement,
tout comme la tension sont des états naturels.
Chaque fibre
musculaire a deux possibilités : se contracter ou se
relâcher.
Culture et
société modernes nous apprennent à ne
pas se laisser
aller. L’éducation est
également un facteur déterminant.
L’individu, au fil de son histoire oublie le chemin qui
mène au
relâchement.
Pratiquer
la relaxation, c’est guider corps et esprit vers la
redécouverte
de cet état physiologique inscrit dans la mémoire
cellulaire.
Se relaxer
n’est donc pas un phénomène artificiel
ou extérieur.
Il s’agit de retrouver et de libérer des
compétences perverties
par l’histoire de l’individu : la relaxation existe
en nous de manière
naturelle, se relaxer, c’est donc aussi progresser dans la
connaissance
de soi-même.
Dialogue
tonique Tonus musculaire
La physiologie
de l’individu présente deux types de muscles
:
- Muscles
lisses
(ou muscles blancs) : leur contraction est autonome, involontaire ou
soumise
au système nerveux végétatif.
- Muscles
striés
(ou muscles rouges ou muscles squelettiques) : unissant les os, ils
permettent
la mobilité du sujet. La contraction de ces muscles est
volontaire,
soumise au contrôle cérébral.
Ce sont les
muscles striés, muscles volontaires, qui nous
intéressent
ici. Ces muscles sont maintenus dans un état de contraction
partiel
mais permanent : le tonus musculaire, qui permet par exemple de
maintenir
le corps dans une situation donnée. Ce seuil minimal de
contraction
est bien entendu variable selon l’individu.
Régulation
Les chocs,
émotions agissent sur la fonction tonique du muscle,
d’où
l’importance de l’apprentissage de sa
régulation en relaxation.
Selon ses capacités, le sujet répondra de deux
manières
à une agression :
-
Dérèglement
du tonus musculaire : agressé, le sujet se contracte
exagérément.
Cette dépense d’énergie ne lui permet
pas d’agir correctement
pour résoudre le problème. D’autres
sollicitations surgissent.
N’ayant pas retrouvé tout son tonus musculaire,
cette nouvelle agression
est encore plus mal vécue que la
précédente… La tension
devient chronique.
-
Régulation
du tonus musculaire : le tonus musculaire est plus bas.
L’agression ne
crée pas ou pu de tensions. Le sujet peut réagir,
avoir accès
à ses ressources puis retrouver rapidement et
aisément son
état de départ.
Fonction
et dialogue tonique
La fonction
tonique est au centre de la vie de chaque individu. Dans sa
relation
avec lui-même, mais aussi avec son environnement.
Dans ce cadre,
la relation à soi et au monde dépend
essentiellement du dialogue
tonique que l’individu peut mettre en place.
Répondre aux demandes
de manière sereine, dans un corps libre et
épanoui, établir
une relation non-tensionnelle.
Ce dialogue
est autant physiologique que psychologique. C’est
d’ailleurs là
une de ses spécificités. Réconciliant
intellect et
corporalité, il apporte à l’individu
une juste et libre appréciation
de la vie en relation. La maîtrise de ce dialogue est le but
de la
relaxation.
Pratique
de la relaxation
Enseignement
La relaxation
est un enseignement qui tend à l’autonomie du
sujet à son
développement personnel. Elle nécessite donc une
disponibilité
minimale, autant intellectuelle que temporelle. Une acceptation, une
prise
en compte des enjeux, un engagement.
Le sophrologue
ou relaxologue est un pédagogue. Il apporte les outils,
techniques,
connaissances, un savoir-faire qui manquent au sujet pour
accéder
à son projet : se retrouver pleinement.
Attention
Lors d’une
séance de relaxation, on recherche un état
conscient de détente
psycho-corporelle. Qui dit conscience dit attention et
maîtrise en
dehors de toute pensée ou crispation parasites.
Le but d’un
apprentissage de la relaxation dans le cadre de la gestion du stress
est
de mettre en situation les connaissances acquises. Une attitude
concentrative
est donc nécessaire : le sujet parvient à de
nouvelles sensations,
perceptions et connaissances, les conscientise pour les utiliser
ensuite
de manière judicieuse et efficace.
Le
lâcher-prise
Il s’agit
certainement d’une des notions les plus importantes du
développement
de l’individu et de l’abord de ses
dysfonctionnements.
Le
lâcher
prise est généralement perçu comment
un renoncement,
une non-activité : on s’abandonne. Il
s’agit au contraire d’un
élément
opérateur par excellence : il sous-tend une disposition
mentale
nouvelle, génératrice de
progrès.
Hors des
stimulations
externes, des divers déterminismes, on peut
intérioriser
une démarche, se concentrer sur soi, sur sa propre
réalité
agissante. L’efficacité de l’individu
dans un processus thérapeutique
de changement passe nécessairement par sa
capacité à
lâcher-prise.
La
sophrologie - Définition
Étymologiquement,
la sophrologie est l"Etude de la conscience en harmonie".
Il est
question plus clairement de développer la conscience
humaine.
La
sophrologie
est une méthode d’étude et de
développement de la
conscience, la conscience étant ici la «
connaissance immédiate
que chacun possède de son existence, de ses actes et du
monde extérieur
».
En
élargissant
la perception par l'individu des éléments
physiques et psychologiques
qui le définissent, le sophrologue favorise l'expression de
tout
son potentiel, permet d'harmoniser l'être avec son existence,
d'épanouir
sa personnalité dans sa globalité et de
contrôler la
régulation de son fonctionnement corporel et
psychique.
Il est
question
d’épanouissement personnel,
d’équilibre, de connaissance
et de maîtrise de soi : en développant toutes ses
potentialités,
l’individu élargit son champ de conscience,
c’est à dire
la manière de s’appréhender et
d’appréhender le monde.
Il s'agit
donc de développement personnel, d'un outil existentiel
à
but pédagogique, thérapeutique ou
prophylactique.
Outil
à prendre conscience
Sophrologie
signifie éthymologiquement l'étude de la
conscience en harmonie
Il
s’agit d’une
méthode d’étude et de
développement de la conscience,
la conscience étant ici la « connaissance
immédiate
que chacun possède de son existence, de ses actes et du
monde extérieur
».
En empruntant
à Mr Vittoz les principes de sa
rééducation psychosensorielle,
l’homme a deux facultés : émettre et
recevoir :
- la pensée
émet.
- la conscience
reçoit, sous la forme d’images
psycho-sensorielle.
En sophrologie,
le sujet développe sa réceptivité,
élargit
son champ de conscience, c’est à dire la
manière de s’appréhender,
d’appréhender les autres et
d’appréhender le monde.
La pratique
sophrologique constitue donc un outil à prendre conscience.
Elle
rejoint en cela les idées
phénoménologiques. Loin
de toute démarche analytique, on porte son attention sur des
phénomènes,
vécus et intégrés.
Le
bébé
n’a un rapport avec ce qui l’entoure que sous la
forme d’images sensorielles
(chaud / froid, agréable/désagréable,
…). Ce n’est
qu’avec la conceptualisation par le langage qu’il
quitte la sensation «
pure » et commence à émettre et
à prendre sa
réelle dimension cognitive. Les pensées,
schémas de
représentations, images mentales,
façonnées par l’individu
en inter-relation avec le milieu dans lequel il évolue
proposent
alors une vision du monde déformée,
réductrice voire
dysfonctionnelle.
La sophrologie
permet un juste retour au phénomène, à
la sensation.
Libéré de tout déterminisme, le sujet
peut être
en contact avec lui même, développer ses
potentiels, se connaître
mieux, élargir un champ de conscience jusque là
entravé
et réduit.
Si
l’on considère
la sophrologie comme un « outil à prendre
conscience »,
plus qu’une discipline isolée, il s’agit
plutôt d’un moyen
efficace d’exponentialiser, de développer toute
démarche,
pédagogique, thérapeutique ou prophylactique et
ainsi d’en
accroître les effets.
Le
schéma corporel
Les
difficultés
que vit un individu trouvent nécessairement leurs racines
dans une
disharmonie :
Disharmonie
entre l'individu et lui-même : "je suis moche"
Disharmonie
entre l'individu et les autres : "On se fiche de moi"
Disharmonie
entre l'individu et le monde : "Tout est contre moi"
L'individu est
sans conteste le dénominateur commun de ces discordances,
l'élément
fondateur de la problématique humaine. Avant toute chose, il
semble
donc logique et incontournable de se pencher sur l'individu,
à travers
son témoin le plus crédible :la
corporalité.
La sophrologie
permet à l'individu de prendre conscience de sa
réalité
physique, sans interférences des déterminismes
sociaux, familiaux
ou psychologiques.
La prise de
conscience en tant que réalité vécue
de son schéma
corporelest le chemin aussi sur qu'incontournable
de la révélation
d'un individu à lui-même. Le corps et le monde des
sensations
sont les témoins indiscutable d'une rencontre
authentique.
Principe
d'action positive
Définition
N'importe
quelle
action, sensation positives, vécues par
l'être humain
sous quelque apparence que ce soit, a des conséquences
positives
sur l'ensemble de sa conscience.
Pourquoi
le positif?
L'homme
moderne,
malade ou non, n'enregistre le plus souvent dans la vie que des faits
négatifs.
Le corps n'est envisagé que dans la douleur. Les
pensées
ou les images mentales sont négatives. Ce
phénomène
entraîne nécessairement un climat psychologique
néfaste.
Les
expériences
positives enracinent et justifient l'individu. Il ne s'agit pas de
tomber
dans un optimisme béat, mais plutôt de redonner au
positif
sa fonction constructrice.
En sophrologie,
on ne considère plus le passé comme une
succession de catastrophes,
mais on considère les périodes, actions ou
sensations de
bonheur passées, en partie oubliées. On les vit,
corporellement,
mentalement. On réhabilite le corps, la fonction sentiment,
et cela
de manière positive.
Ce
vécu
positif rappelé à la conscience permet
d'élargir son
champ d'expression, de soulager les difficultés
vécues "ici
et maintenant" et d'envisager l'avenir de manière plus
ouverte.
Toute construction se fait sur des sensations positives.
Réalité
objective
La
démarche
sophrologique s’inscrit dans le réel. Il ne
s’agit nullement de
se couper du réel mais de s’y adapter, de,
développer des
ressources adaptées à l’environnement,
aux situations.
L'imagination
Définition
"C'est la
capacité de se représenter des objets,
phénomènes
ou événements absents"
Réhabilitation
L’imagination
est prépondérante dans
l’évolution de l’individu.
Elle ouvre le chemin de voies nouvelles.
L'imagination,
la visualisation d’un projet représentent le
premier pas, essentiel,
de sa réalisation.
La recherche
d’une évolution, d’un état,
de sensations en sophrologie
passe donc par une réhabilitation de l’imaginaire
et par son utilisation
en tant qu'outil de développement personnel,
d'évolution
ou de changement.
La
respiration Respiration
- Emotion
La respiration
est la seule fonction vitale dépendante du
système neuro-végétatif
que l’homme puisse maîtriser. Participant
à la régulation
du système nerveux, de la circulation sanguine, la fonction
respiratoire
est bien entendu capitale d’un point de vue
physiologique.
D’un
point
de vue psychologique, la relation entre respiration et état
émotionnel
n’est plus à prouver. Mais, dans le cadre de la
gestion émotionnelle,
l’important est de constater que cette relation est
bilatérale :
La vie
psychique
influe sur la respiration.
La respiration
influe sur la vie psychique.
Fonction
respiratoire
Pour respirer,
il faut des muscles. Le diaphragme est le muscle le plus important de
la
fonction respiratoire.
Dans une respiration
libérée, le diaphragme s’abaisse
à l’inspiration et
monte à l’expiration.
Il assure
une respiration ample et abdominale.
Dans les
respirations
superficielles, irrégulières, arythmiques, le
diaphragme
est souvent bloqué. Des tensions musculaires contrarient la
liberté
du souffle, ce qui impose à l’individu un
surcroît d’effort.
En lui
redonnant
sa mobilité, on accroît la ventilation pulmonaire,
on masse
le plexus solaire, on tonifie la région abdominale.
La vie
respiratoire
La respiration
abdominale est celle du bébé et du jeune enfant
avant apprentissage,
celle des dormeurs profonds et des animaux.
L'éducation
("Tiens-toi droit!", "rentre ton ventre"), la vie sociale modifient la
respiration naturelle et profonde : elle devient thoracique et
superficielle.
Une respiration
libre, calme et diaphragmatique assure un meilleur équilibre
émotionnel.
Complète,
elle procure une relaxation profonde et tonifie
l’organisme.
En respirant
amplement, on détend les muscles intercostaux et on
libère
la cage thoracique, crispations souvent liées à
la peur,
la timidité, la rigidité morale,
…
Une respiration
complète, équilibrée et stable
(enracinement), permet
la prise de conscience de l’individu dans sa
globalité.
Futurisation Acceptation
progressive
Il s’agit
de vivre, en état de relaxation et par
l’intermédiaire de
l’imagination, une situation, un
événement à venir
sous un angle positif.
Se projeter
confiant et maître de soi, très
concrètement, dans
un événement qui habituellement pose
problème libère
de nouveaux axes du possible. L’horizon de
l’individu s’élargit,
il s’en imprègne : « cela peut bien se
passer ».
Correction
sérielle
Toujours en
état de relaxation, le sujet fait alterner images
négatives,
stressantes et image de bien-être
jusqu’à ce que les situations
anxiogènes soient vécues sereinement.
L’individu,
peu à peu s’éloigne de son angoisse, se
détend, vit
calmement les images habituellement perturbantes. Il s’en
rend compte,
en éprouve plaisir et satisfaction. Là encore, le
champ du
possible s’élargit.
Encore une
fois imagination et positif ne sont pas de vains outils.
L’une sert à
conceptualiser, ouvrir le champ du réalisable,
l’autre à
construire le projet ainsi défini.
Relaxation
et états de conscience
Etat Alpha
Si vous avez
déjà expérimenté une
relaxation, vous avez
déjà expérimenté
l’état alpha. Il s'agit
de l'état de relaxation, de "bord du sommeil". Cette
dénomination
fait référence aux ondes
cérébrales émises
en état de relaxation. Aperçu
général :
Ondes
bêta
: ce sont les ondes émises lors de
l’éveil, de toute activité.
Elles sont de faibles amplitude et rapides : 14 à 20
cycles/secondes.
La panique peut par exemple faire accélérer ses
ondes jusqu’à
50 cycles/seconde.
Ondes Alpha
: ce sont les ondes émises par le cerveau lors e
l’endormissement
ou de l’éveil. etat de bord du sommeil que
l’on retrouve dans une
séance de relaxation. Le relâchement musculaire
entraîne
le lâcher prise mental que le relevé de ces ondes
manifestent
: 7 à 14 cycles/seconde)
Ondes
thêta
: c’est la phase de sommeil léger : 4 à
7 cycles par seconde
Ondes delta
: elles correspondent au sommeil profond et en ralentissant encore au
coma
: 1 à 4 cycles/seconde.
Etat de
relaxation et états de conscience
L’état
de détente, de relaxation recherché en
sophrologie est un
état naturel. Ce point est important tant il
paraît anormal
dans nos société de se laisser aller.
Comme nous
l’avons vu, c’est d’ailleurs un
état que nous traversons tous au
moins deux fois dans la journée :
- lorsque nous
nous réveillons.
- lorsque nous
sommes sur le point de nous endormir. Cet état (sophronique
pour
les sophrologues) est notamment appelé « du bord
du sommeil
».
Le but en
sophrologie est de développer les potentialités
de l’individu,
avec comme révélateur son degré de
développement
de conscience (de lui-même, de ses actes, des autres,
…). Cette conscience
est hyper-disponible en état de relaxation.
D’un
état
pathologique, le sujet évolue vers un état normal
(ou non
pathologique). Mais l’évolution ne
s’arrête pas là.
L’état de conscience sophronique est
recherché, sorte d’hyper-conscience,
vigilante, libérée de toute pensée et
crispation parasites
et donc prête à accueillir pleinement toute
sollicitation
ou remise en cause.
Cet
état
de bien-être (au sens propre), agréable par
lui-même,
est avant tout un outil d’évolution et de
changement. Il a de multiples
intérêts. En état de relaxation (niveau
sophroliminal)
:
- La
détente
psycho-corporelle apporte un bien-être
immédiat.
- Les capacités
de mémoire et de concentration sont
accentuées.
- La capacité
à former des images est plus importante
(imagination)
- Les sensations
vécues vont être intégrées
sans effort, naturellement.
- Le lâcher-prise
est permis, le champ du possible s’ouvre.
-
...
Relaxation
dynamique
La relaxation
dynamique pratiquée en sophrologie est adaptée au
réel,
à l’homme moderne. Quittant la dimension statique
de nombreuses
méthodes de relaxation, il s’agit, en
état de relaxation,
d’activer la prise de conscience par l’individu de
sa réelle dimension.
L’individu
est tout d’abord guidé dans un
enchaînement d’exercices qui
révèle le sujet à lui-même,
par l’expérience
vécue et intégrée de sa
corporalité.
De nombreuses
disciplines témoignent de zone-types de blocages (chakras,
centres
energétiques…). Il ne s’agit pas ici
d’analyser, mais de vivre pleinement
cette dimension corporelle en ouvrant la conscience à ces
zones
privilégiées.
La relaxation
dynamique, à travers des tensions douces, alternance de
mouvement
et de repos est un « outil » à prendre
conscience :
instrument de conquête par l’homme de sa
corporalité, de sa
prise de conscience d’un schéma corporel toujours
évolutif.
Les mouvements
s’effectuent essentiellement en rétention :
inspiration – rétention
/ mouvement – expiration.
Puisqu’il
s’agit
de s’ouvrir aux phénomènes, les pauses
d’intégration
suivant le mouvement constituent l’étape la plus
importante. On
a pris conscience, on intègre ces sensations ici et
maintenant sans
a priori ou interprétation.
Respiration
et enracinement
Se relaxer
debout est une chose étrange, mais essentielle car
adaptée
au réel. Quand il y a difficulté, tension,
mal-être,
c’est en relation avec soi, les autres ou le monde. La
position première
est alors la station debout. Difficile position, lieu d’un
dilemme entre
exigences extérieures et ressentis intérieurs :
être
présent à soi et au monde. Position juste que
l’enfant possède,
installé dans son centre de gravité mais
pervertie par les
enjeux de nos exigences, celles des autres ou du monde qui nous
entoure.
Ainsi
déséquilibré, la confiance ne vient
plus pour l’homme
de ce qu’il est, corporellement et réellement,
mais de ce qu’il
pense, de ce qu’il sait ou de ce qu’il est pour les
autres. Déséquilibre
provoquant tensions, insécurité, rapports
conflictuels, …
Se recentrer,
c’est se retrouver pleinement : homme debout, responsable,
libéré,
en pleine confiance, installé autant en lui-même
que dans
le monde qui l’entoure, ressentant un juste
équilibre entre être
et paraître, entre présence à soi et au
monde.
Le hara : il
s’agit du centre de gravité originel,
expérimenté
par l’enfant qui se tient debout, le bas-ventre. Naturel, ce
centre a été
expérimenté et vécu par tous.
Là encore, il
ne s’agit pas d’une construction de
l’esprit ou d’une démarche artificielle
mais d’un retour au source.
Retrouver
ce hara, l’intégrer, le faire sien,
c’est se donner une base de
lancement, un lieu essentiel d’épanouissement de
l’être tout
entier, une assise franche et solide au devenir de
l’être.
Illustration
: Centre de gravité bas, respiration ventrale, jambes
légèrement
pliées ne gardant que les tensions nécessaires,
pieds bien
en appui sur le sol, assise du bassin.
Anxiété
sociale et sophrologie, relaxation
Les techniques
psycho-corporelles permettent de développer la
compréhension
des phénomènes et les compétences du
sujet. elles
permettent de mettre en place des outils de gestion de
l’anxiété
naturels et efficaces, entre autres dans les moments de forte
anxiété,
voire de crise paroxystique de type crise de panique. Dans le cadre de
l’anxiété sociale, détente
et respiration sont des
compléments idéaux de l’apprentissage
des habiletés
sociales… Le schéma corporel en tant que
réalité vécue
est le premier support du moi, ici, maintenant, état de
conscience
mobilisant des processus opposés aux mécanismes
anxieux.
Il permet de recadrer la perception de la réalité
sur la
corporalité et l'état présent.
Bibliographie
sophrologie et relaxation
La
relaxation
/ Jean-G. Lemaire / Payot
La
relaxation
- Actualité et innovation vol.1 / Jean Marvaud /
L'Esprit du
temps
La
relaxation
- Actualité et innovation vol.2 / Jean Marvaud /
L'Esprit du
temps
Psychothérapie
de la relaxation / S. Cady / dunod
Détente
et mouvement en psychothérapie - L'Abord Corporel
Thérapeutique
/ E. Baron - C. Benoit / ESF
La
Relaxation
active- Le corps, expression de l'être
/ M. MARTENOT
/ Le courrier du livre
Le
Training
autogène / D. Langen / Vigot
Manuel
pratique du Training autogène / J.H. Schultz / puf
- bibliothèque
du psychiatre
Le
Training
autogène / C. Brand-Hetzel / Marabout
La
relaxation
au quotidien / G. Manent / Le souffle d'or
La
relaxation
au quotidien / G. Manent / Le souffle d'or
La
relaxation
active à l'école et à la maison
/ S. Boski / Retz
Des
jeux
pour détendre et relaxer les enfants / D. Chauvel
- C. Noret
/ Retz
L'enfant
et la relaxation / G. Manent / Le souffle d'or
La
relaxation
thérapeutique et l'enfant / J. Bergès
- M. Bounes / Masson
Comment
relaxer vos enfants / Y; Davrou / Retz
Relaxation
et détente des enfants / P. Barraqué /
Jouvence
Sophrologie
- Fondement et méthodologie / Dr P-A
Chéné / Ellébore
Sophrologie
- Champs d'application / Dr P-A Chéné
/ Ellébore
Manuel
de Sophrologie pédagogique et thérapeutique
/ B. Etchelecou
/ Maloine
La
sophrologie
- Chemin vers la conscience / J-Y PECOLLO / Editions du Rocher
...
La
sophrologie au Quotidien / J-Y PECOLLO / Editions du Rocher
Respirez
la vie avec la Sophrologie / G. Manet /
érès
Transformez
votre vie par la Sophrologie - Guide de Relaxation dynamique
et curative
/ T. Loussouarn / Dangles
Tout
savoir
sur la sophrologie / R. Abrezol / Editions Randin
La
sagesse du corps / Dr B. Fintz / Editions Randin
La
nouvelle
Sophrologie - Guide pratique pour tous / Dr Claude Imbert /
Editions
visualisation holistique - Paris
Le
schéma corporel en Sophrologie et ses applications
thérapeutiques /
M. Declerck / L'Harmattan
Force
vitale
/ P. Vern / La méridienne - Desclée de Brower
L'enfant
et la Sophrologie / M. Gilet / La Méridienne
La
Sophrologie / Luc Audoin / Les Essentiels Milan
Former
avec la sophrologie / B. Blanc / Chronique sociale
L'énergie
et le dynamisme grâce à la sophrologie /
Martine Gay /
Editions de Vecchi
Hypnose
ericksonienne
Présentation
L'hypnose
ericksonienne s'appuie initialement sur les travaux et l'influence
importante
de Milton Erickson, psychiatre du début du XXème
siècle
et père talentueux de la thérapie
brève moderne.
Cette
approche n'a absolument rien à voir avec l'hypnose de
spectacle
que chacun a pu observer.
Il
est plus juste d'ailleurs de parler de communication ericksonienne. Le
but de l’hypnose ericksonienne est de permettre au
patient d'accéder
à son inconscient et ses ressources dans l'optique
de la résolution
d'un problème. Les possibilités de cette approche
sont donc
en théorie illimitées.
Les
vertus thérapeutiques sont également
très importantes,
le sujet se venant lui-même en aide, décidant de
ses changements,
prenant les décisions qui lui conviennent.
L’hypnose
ericksonienne est non-directive (rien n'est imposé), le
sujet et
ses aspirations sont bien entendu respectés.
L'efficacité
de la méthode serait d'ailleurs nulle dans le cas
contraire.
Questions
fréquentes sur l'hypnose ericksonnienne
Quelles
différences entre hypnose traditionnelle et hypnose
ericksonienne?
L'hypnose
traditionnelle se fonde sur la suggestibilité de 30% de la
population.
Elle fonctionnera donc avec une personne sur trois, mais aura des
effets
limités dans la durée (quelques semaines) Cette
démarche
traditionnelle ne respecte pas l'écologie du sujet (en lui
imposant
des comportements, pensées, ... qui ne sont pas les siens)
est peut
donc avoir des effets pervers.
En
hypnose ericksonienne, intégrité, libre choix
sont entièrement
respectés. On aide simplement la personne à
trouver ses solutions,
ses ressources sans dirigisme quelconque. D'ailleurs, si la personne se
sentait entravée ou influencée, elle pourrait
tout à
fait quitter sont état d'hypnose et quitter la
pièce. En
hypnose ericksonienne, on ne peut imposer à quelqu'un
quelque chose
qu'il ne veut pas faire ou qui ne lui convient pas.
Qu'est-ce
que l'état d'Hypnose?
L'hypnose
est un état modifié de conscience naturel,
état que
nous traversons tous au cours de la journée sans nous en
rendre
compte (lorsque nous sommes absorbés par un film au point
d'oublier
ce qui nous entoure...)
Le
thérapeute ericksonien ne fait qu'utiliser cet
état naturel
Est-ce
que tout le monde est hypnotisable?
Oui,
puisqu'il s'agit d'un état naturel. Les moyens
d'accéder
à cet état vont simplement être
différents selon
l'individu.
Serai-je
conscient pendant la séance d'hypnose ?
Oui.
L'hypnose est simplement un état de conscience
modifié (comme
quand on est dans la lune). Oui, on est conscient, on peut
décider
de ses actes et on garde son libre arbitre.
Peut-on
m'imposer quelque chose?
Non.
Toute proposition qui va contre votre volonté, vos
valeurs... vous
fera sortir de votre état de conscience modifié.
Hypnose
et objectif
Chère
également à la PNL, la détermination
d’objectif est
un élément fondateur de la démarche de
changement.
Changer, mais pour partir de quoi pour aller où ?
En
cas d’approximation, de nombreux malentendus peuvent se
mettre en place
:
-
L’objectif est en fait celui du thérapeute
-
L’objectif est atteint mais personne ne s’en rend
compte, faute de l’avoir
clairement défini.
-
L’objectif est inconnu, la relation thérapeutique
devient une espèce
de flou artistique illusoire et vide de sens.
-
etc…
Mettre
en place une démarche de changement, c’est donc
tout d’abord définir
un(des) objectif(s). Exemple de structure de détermination
d’objectif
:
1)
Objectif
lui-même : énoncé clair et
précis, réaliste,
sans distorsion, omission… ex : « Je voudrais
aller bien »
est un exemple d’objectif vague et insondable. «
Aller bien »
peut vouloir dire tellement de choses. Il faut donc définir,
matérialiser,
poser les « bornes » de ce
désir…
2)
En quoi est-ce important pour le sujet. Pour atteindre un
objectif,
il est nécessaire d’être
motivé et le sujet lui-même
a besoin de préciser ces motivations, voire d’en
prendre conscience.
Il y a dans cette question des valeurs, sentiments importants,
prépondérants.
Mis à jour, ils « boostent » la
motivation à
changer.
3)
Quand le sujet saura-t-il qu’il a atteint
l’objectif ?
Là
aussi, important de poser le cadre de réalisation, qui
pourrait
fluctuer, être vague et créer de
l’insatisfaction chronique,
du découragement… Quand on est anxieux par
exemple, on focalise
sur un domaine, mais on oublie vite qu’on a
focalisé. Installé
dans le « toujours plus », on ne se rend pas compte
des progrès,
paliers pourtant necessaires car moteurs d’une
évolution.
4)
Contexte de réalisation : quand, où,
comment…. ?
Bien
décrire ce contexte, c’est
déjà poser le germe du
changement, se projeter, se voir ayant atteint l’objectif.
C’est également
peut-être se découvrir différent de ce
qu’on aurait
pu supposer.
5)
Ecologie : y-at-il un problème
à changer ? Question
un peu surprenante, mais qui est souvent
prépondérante :
quand un individu change, c’est tout un système
auquel il appartient
qui évolue avec lui. Anticiper cela, c’est mettre
à jour
des obstacles au changement. Ex : quelqu’un souffrant du TPA
(agoraphobie)
a l’habitude d’être
accompagné. Une fois le problème
réglé, que fera la personne qui accompagnait
avant et qui
perd ce statut contra-phobique ? En quoi cela va-t-il changer les
relations
à l’intérieur du système. Et
est-ce que cela va engendrer
des freins au changement ?
6)
Qu’est-ce qui a empêché
d’atteindre l’objectif jusqu’à
présent ? Consciemment, le sujet a
peut-être déjà
une idée des obstacles, réels ou
imaginés. Là,
l’expression de ces obstacles est importante, peut donner
déjà
un début de réponse à la
résolution du problème.
7)
Qu’est-ce qui a manqué
jusqu’à présent pour atteindre
l’objectif, quelles ressources ? Là
aussi, la formulation est
importante, la structure même de ce qui est dit, les images,
le sujet
explique ce dont il a besoin, donne le mode d’emploi,
consciemment ou non.
Conscient
et inconscient
Tout
homme a en lui les ressources dont il a besoin. Mais il n’y a
pas accès
(ou mal, de manière parcellaire). L’hypnose est un
pont, un moment
privilégié ou la partie
émergée de l’iceberg
fait appel à la partie immergée.
Il
y a essentiellement deux aspects en nous, conscient et
inconscient.
Le
conscient, c’est la conscience du moi ici et maintenant,
c’est-à-dire
les quelques choses que vous êtes en train de faire, les
quelques
choses auxquelles vous portez attention.
L’inconscient,
c’est tout le reste, «ce qui n’est pas
conscient», conception
ericksonienne très large.
Ainsi,
consciemment, on peut faire 4 ou 5 choses en même temps, au
grand
maximum. Alors que l’inconscient gère
l’activité des sens,
la physiologie, les connaissances, … L’hypnose
établit un pont vers
cette richesse intérieure.
Plus
précisément, l’inconscient se
définira comme :
1.
Un réservoir des savoirs, apprentissages, souvenirs,
compétences...
que nous avons vécus, intégrés,
consciemment ou non.
Il y a donc une richesse insoupçonnée et donc en
partie inutilisée
en chacun de nous.
2.
Le régulateur des toutes nos fonctions biologiques.
Là
encore, il fait fonctionner notre corps, consciemment ou non
(équilibres
naturels, régulations physiologiques en tous genres
autonomes, système
immunitaire, …).
3.
Protecteur et sage : siège de l’instinct
de survie mais aussi
de l’intuition par exemple, il sait rendre conscient ce qui
est nécessaire
au sujet (prises de conscience), mettre de côté ce
qui pose
problème ou est inutile (refoulement, oubli).
Les
possibilités de l’inconscient sont donc
très puissantes,
voire illimitées.
En
hypnose, on s’adresse donc à
l’inconscient, et on lui demande tout
simplement de nous aider dans l’optique d’un
problème, d’une difficulté
ou d’un objectif particuliers. Et comme il est bienveillant,
il répond
à la demande !
Hypnose
et transe
«
Hypnose
», « transe » sont des termes
spectaculaires, voire inquiétants
pour certains. Connotation spectacle pour le premier, vaudou, pour le
second,
la réalité de l’hypnose ericksonienne
est toute autre.
L’Hypnose
:
l’hypnose telle qu’elle est décrite et
développée
dans ce site répond à l’appellation
d’hypnose ericksonienne.
L’hypnose ericksonienne est composée
d’un ensemble de techniques
(avec ou sans transe) qui visent à permettre au sujet
d’utiliser
toutes ses ressources, conscientes et inconscientes dans le cadre
d’une
problématique donnée ou d’une
évolution souhaitée.
La
transe :
de transir (passer, s’en aller…)
représente l’état de conscience
modifié (entre veille et sommeil) dans lequel le sujet se
trouve
pendant la séance d’hypnose. Il ne
s’agit pas de grimper au plafond
ou de danser frénétiquement mais simplement
d’entrer dans
un état d’attention intermédiaire, un
état d’absorption
naturel que nous traversons tous tous les jours (par exemple au
cinéma
où, focalisé sur le film, on oublie la salle et
les gens
autour). En hypnose ercicksonienne, cette absorption du sujet sera
tournée
vers lui-même, ce que l’on nomme focalisation
interne.
Cette focalisation
interne naît d’un recul, celui du conscient. Le
sujet s’occupe moins
de l’extérieur, se tourne donc vers
l’intérieur. Les stimuli
externes perdent de leur importance. Sorti de ce cadre conscient, le
sujet
change son orientation à la réalité,
s’ouvre à
de nouvelles ressources, possibilités
d’évolution jusque
là inconscientes. Des compétences personnelles se
développent
: créativité, imagination, ressources de
changement, accès
à des savoirs, connaissances…
«
Faites
confiance à votre inconscient » (M. Erickson)
Relation
thérapeutique et changement
La relation
thérapeutique est souvent un malentendu. Le patient va voir
un thérapeute
pour que celui-ci le soigne. Et quand cela fonctionne, ça ne
se
passe pas comme ça. Médecine paternaliste et
dirigismes thérapeutiques
de tous poils sont hélas légion et «
condamnent »
la démarche thérapeutique avant qu’elle
n’ait commencé.
On ne peut pas déterminer de manière absolue
quand ça
marche, quoique les éléments fondateurs soient
assez nets,
mais on peut par contre déterminer quand ça ne
marche pas,
ce qui n’est déjà pas si mal.
A. Korzybski,
linguiste, a écrit un jour : « la carte
n’est pas le territoire
». Autrement dit, il y a une
réalité objective,
inaccessible d’ailleurs, réalité dont
nous avons tous une
lecture différente. Chacun perçoit à
sa façon
ce qui se passe (canaux de perception, schéma de
représentation,
processus cognitifs, langage…). Le premier but de la
relation thérapeutique,
pour qu’elle soit efficiente, est de trouver un territoire
commun. Sinon,
autant rentrer chez soi. Les thérapies paternalistes ou
dirigistes
évoquées plus avant partent du principe
qu’il y a une carte
meilleure que l’autre. Le thérapeute impose sa
carte, au lieu de
travailler sur celle de son patient, repérer ce qui est
inadapté
ou incomplet…
Pourquoi
le thérapeute impose sa carte ?
- Attribution
de savoir : il attribue à l’autre les
connaissances que lui possède
- Non-attribution
de savoir : il considère l'autre comme ignorant et
incompétent
dans son domaine de difficulté.
- Il a l’illusion
de contrôler la situation
-
Il projète
ses théories, états internes
- Il est
proprement
incapable de sortir de sa carte
- Il n’a pas
fait dix ans d’études pour laisser
quelqu’un d’autre travailler.
- Il n’a pas
le temps (enchaînement des consultations, traites du 4X4 BMW
à
payer…)
Comment
entrer dans la carte du patient ?
- Garder l’esprit
ouvert.
- Tolérer
de ne pas savoir grand-chose
- Identifier
les canaux de perception de l'autre
- Etre synchro
(synchronisation posturale, langagière,
cognitive…)
- Etablir
un objectif qui soit celui du sujet. Si ce
questionnement est bien
mené, le sujet donne les solutions à son
problème.
- Interroger
l’autre pour découvrir sa lecture de la
réalité (questionnement
le moins orienté possible, interrogations
ouvertes…)
ex :
« -
Je viens vous voir parce que je bégaie
- Ne vous
inquiétez pas, voilà ce que nous allons faire, je
vais vous
expliquer » Changement
de carte, un peu caricatural. C’est terminé -
echec de la thérapie
et trou de la sécu.
«- Je
viens vous voir parce que je bégaie
- Vous bégayez
? Reformulation
à l’identique interrogative – On reste
dans la carte du patient
- C’est difficile...
- …
Il suffit
d’attendre pour obtenir des précisions sur la carte
- J’accroche
sur les mots quand…
- Quand ?
- Quand je
suis devant les autres
- Qu’est-ce
que vous entendez par être « devant les autres
» ? Eclaircissement
de la situation en restant dans la carte de l’autre et dans
le concret…»
La relation
se continue en posant les bases de la carte du sujet : son
problème,
ses objectifs et ses ressources. Le reste ne respecte pas
l’écologie
du sujet et sera arbitraire, « non-écologique
» et donc
superficiel et inefficace (ou peu durable). Le patient a besoin de
préciser
son problème, de définir son (ou es objectifs) et
de découvrir
ses ressources. L’irrespect de cette carte est
d’ailleurs un des fondements
majeurs de l’inefficacité en santé
mentale.
Les positions
du changement
On parlera,
influence systémique, schématiquement, de
position basse
et de position haute.
La position
basse en thérapie, c’est celui qui
s’oublie (demande de l’aide,
met de côté ses savoirs, ses ressources), la
position haute
est opposée (celui qui aide, sait, détient les
ressources).
Le malentendu
évoqué au début de ce paragraphe
s’engramme ici. On
a une position haute qui pense détenir le pouvoir des
opérations,
alors que c’est la position basse qui dirige. En
effet, si elle n’était
pas basse, il n’y aurait pas de relation
thérapeutique et/ou pas
de thérapie du tout.
Pour que le
sujet en position basse quitte sa place dans la relation, il est
nécessaire
qu’il ait les moyens et ressources de monter et que
l’autre accepte de
descendre. Sinon, la situation perdure (principe des malades
abonnés
perpétuels au médecin ou des thérapies
qui s’enlisent
alors qu’on n’a plus rien à dire et que
le problème est en
fait parfois réglé). Normalement conscient de ces
mécanismes,
la responsabilité du thérapeute est là
: accepter
de descendre et permettre au patient de monter, à la
relation d’évoluer.
Là, savoir, technique et expérience vont devenir
opérationnels
et efficaces car ils vont être installés dans la
carte du
sujet et orientés vers l’autonomie.
Hypnose
et régression
La
régression
est une technique hypnotique avancée, à pratiquer
avec un
thérapeute de qualité.
Retrouver le
passé et le revivre ne sert à rien en
soi.
Par contre,
il peut être utile de reconsidérer un
événement
du passé (la plupart du temps pendant l’enfance ou
juste avant).
Pour établir une distance, on crée une
dissociation : le
sujet n’est pas dans
l’événement, mais l’observe
(il voit,
entend mais ressent peu). Dans cette position, l’adulte
d’ici et maintenant
peut voir le passé sous un nouvel éclairage,
comprendre,
recadrer sa perception, ce qui n’est pas possible
à l’enfant, raisonnant
et appréhendant la réalité comme son
âge lui
permet. La régression n’est pas un outil du
passé, mais un
outil puissant et efficace de restructuration du présent et
de l’avenir.
Régression
ou pas ?
On peut confier
la réponse à O. Lockert (1) :
« -
En cas de « bleu à l’âme
» (du aux choses du passé)
: soignez le présent. Pansez les blessures. Pas de
régression.
- En cas «
d’épine à l’âme
» (due aux choses du passé)
: soignez le passé. Retirez l’épine et
désinfectez
grâce à la régression hypnotique
»
(1) Hypnose
/ O. Lockert / IFHE Editions
Prescription
de tâches
Peut-être
avez-vous entendu parler d’un praticien en hypnose
ericksonienne ou d’Erickson
lui-même qui prescrivait des tâches
étranges voire loufoques.
Les tâches
seront de diférents ordre :
-
Tâches
métaphoriques : il s’agit
d’exprimer le changement sous une
forme métaphorique. A quelqu’un qui rêve
de couper les liens
avec une maman trop possessive, on peut tout à fait demander
d’acheter
une corde et d’en couper un bout chaque jour.
L’inconscient comprend très
bien ce type de message (détruire, enterrer, couper voire
brûler,
sont des tâches symboliques par excellence).
-
Taches
ordaliques : il s’agit de prescrire une
tâche plus pénible
que le symptôme, à l’apparition du dit
symptôme. Par
exemple, Erickson prescrivait des tâches insensées
aux insomniaquex
en cas de réveil la nuit, ce qui fait qu’ils
préféraient
inconsciemment… ne pas se réveiller.
-
Tâches
paradoxales : Le but est de prescrire le symptôme
au sujet. Le
but est de réintroduire l’idée de
contrôle du symptôme,
de demander au sujet de le produire à la demande.
-
Tâches
d’apprentissages : proches du comportementalisme,
tâches qui
permettent de développer les compétences
nécessaires
à la résolution du problème.
Psychobiologie
- Erickson, Rossi
Le terme de
psychobiologie correspond ici aux progrès et
découvertes
mis en place par l'émergence de l'hypnose ericksonienne, non
aux
errements divers que des gourous en tous genres peuvent mettre en place
actuellement.
Au
début
des années 50, Milton Erickson a réintroduit l'hypnose
dans le domaine thérapeutique, une hypnose ouverte,
non-directive.
Dans son sillage, l'école de Palo Alto et quelqu'uns de ses
élèves,
dont Rossi, ont continué son travail et
générant un
renouveau important dans le champ de la psychosomatique. Rossi effectue
un travail considérable dans ce domaine, aidé des
progrès
et études de la neurobiologie (étude des
neuro-transmetteurs
qui font la liaison corps-esprit). Depuis peu, la
psycho-neuro-immunologie
apporte les bases scientifiques de cette approche, jusque-là
essentiellement
empirique.
"L'esprit
et le corps représentent deux aspects d'un seul et
même système
d'information : la vie" (Rossi)
Sans entrer dans
des détails et termes trop scientifiques,
l'élément
primordial de ces avancées est l'information (et son
traitement).
la psychologie, la biologie, la physique, la
génétique ou
toute approche humaine ont un dénominateur commun :
l'information.
"Toutes
les formes d'organisation sur le plan psychologique, physique et
biologique,
sont en fait des expressions de l'information et de ses transformations"
(Stonier)
La
transduction
: ce terme désigne le processus de transformation
de l'oganisation
de l'information, ou sa conversion d'une forme à une autre.
La transduction
est par exemple le procédé qui transforme la
suggestion hypnotique,
la concrétise en un changement. Transformer la parole en
acte générateur.
Concrêtement,
nous vivons des événements que nous encodons,
nous stockons
en les convertissant. Pour celà, nous utilisons les
mollécules
messagères issues de toutes nos cellules. Le corps est
considéré
comme un vaste réseau d'information ou tous les
systèmes
communiquent, imbriqués les uns dans les autres, en
inter-relation
(génétique, immunologique, hormonal...). Cet
encodage est
stocké dans le système hypothalamo-limbique du
cerveau. Ce
système est au centre de la communication de l'information,
schématiquement
entre le stress et les réponses immunitaires. Selon
l'état
psychologique, émotionnel du sujet, il peut alors y avoir :
- adaptation
au stress : l'information est traduite, transmise, le sujet s'adapte de
manière appropriée.
- non-adaptation
: l'information est arrêtée, ce qui
génère le
symptôme psychosomatique.
Une
répétition
de stress va entraîner une altération durable des
encodages.
Le symptôme psychosomatique est alors stocké de
manière
erratique comme LE phénomène d'adaptation. Ainsi,
même
si le stress a disparu, la "fausse" réponse d'adaptation,
symptôme
psychosomatique, reste et s'installe comme LA réponse.
L'hypnose
thérapeutique
se penche sur ces phénomènes de traitement de
l'information,
tous ces processus psychobiologiques naturels de transduction de
l'information,
de la mémoire, des apprentissages et des comportements en
étroite
relation avec l'état émotionnel du moment. Et
l'état
hypnotique est un moment privilégié de contact
avec ces processus,
moment où affleurent et sont accessibles ces
mécanismes complexes
qui convertissent l'information psychologique à un niveau
somatique.
Psychobiologie
de la guérison / Ernest Lawrence Rossi
/ Le souffle
d'or Du symptôme
à la lumière / Ernest Lawrence Rossi /
Satas Cinq essais
de génomique psycho-sociale / Trancelations
Les
métaphores
La
métaphore
dans le cadre d’une recherche
d’évolution de changement a
été
développée par Milton Erickson. Faire une
métaphore,
c’est sortir un mot ou un groupe de mot de leur
contexte pour les
faire passer du sens propre au sens figuré. Autrement dit,
la métaphore
est une comparaison dissimulée, exprimée sans le
mot «
comme ». Le sens propre s’adresse à la
raison, le sens figuré
à l’imaginaire. La métaphore peut
prendre la forme d’une
image, d’une histoire, d’un proverbe,
d’une anecdote, d’une citation, d’un
mythe, d’un conte…
Une
métaphore
doit présenter quelques critères pour
être efficace
:
- Une métaphore,
comme toute histoire doit avoir un début, un milieu et une
fin.
- Une métaphore
doit être isomorphique, c’est-à-dire
reproduire personnes,
événements, processus ou problématique
de manière
équivalente aux critères de la situation
réelle.
- Une métaphore
doit respecter la carte de la réalité du sujet :
dominante
sensorielle, submodalités, metaprogrammes,
systèmes de croyance…
- une métaphore
doit être dite en synchro, en calibrant et ajustant en
fonction des
réactions verbales et non-verbales.
- Une métaphore
doit susciter émotion ou intérêt venant
cristalliser
inconsciemment les significations et solutions.
L’usage
métaphorique
présente plusieurs avantages :
- La métaphore
est suggestive : elle s’adresse à
l’inconscient du sujet en déjouant
les mécanismes de défense qui se seraient
déclenchés
avec un message direct.
- La solution
est masquée : elle laisse la possibilité au
coaché
d’adopter ou non ce qui lui est proposé.
- Si la solution
est choisie par le coaché, cela devient sa
solution.
Une anecdote,
une fable une expérience personnelle du coach…
sont autant de chemins
offerts vers le changement. Le but est toujours d’activer des
processus
(d’évolution, de changement) chez le sujet. La
métaphore
évoquera des ressources nécessaires au sujet pour
la résolution
de son problème.
Une
métaphore
pourra être utilisée pour faire
intégrer tout élément
de la démarche de coaching :
- Le sujet
a en lui les ressources de son évolution
- L’échec
est une information
- Les difficultés
peuvent être surmontées
- On atteint
l’objectif
- …
La
métaphore
thérapeutique, ses contes, ses outils / M. Kerouac
/ Le germe
- Satas Contes
et Métaphores / L. Fèvre / Chronique
sociale Contes
et métaphores thérapeutiques / D.
Gordon / Interéditions
Anxiété
sociale et hypnose ericksonienne
L’hypnose
ericksonienne offre de nombreuses ressources dans le traitement de
l’anxiété
sociale. Les interventions peuvent s’effectuer à
différents
niveaux. Quelques exemples :
- Traitement
de scènes traumatiques
- Recadrage
des systèmes de croyances
- Désactivation
de scènes anxiogènes
- Remise en
cause de l'hyperviilance
- Recadrage
des événements de vie ayant
généré les
croyances
- Mobilisation
de toutes les ressources internes
- reprogrammation
physiologique et/ou psychologique
- Motivation,
projection dans le changement
- Prescriptions
de tâches : les prescriptions de tâches permettent
d’aider
la personne à recadrer ou faire évoluer son
fonctionnement.
Bibliographie et liens
Bibliographie
idéale sur :
Erickson,
hypnose et psychothérapie / D.
Megglé / Retz
Un
très bon ouvrage pour découvrir M. H. Erickson,
l'hypnose
ericksonienne et s'installer dans l'univers ericksonien.
En savoir plus / commander (bientôt
disponible)
Cours d'hypnose clinique : études ericksoniennes
/ J-A. Malarewicz / ESF
Destiné
aux praticiens de la psychothérapie ainsi qu'à
tous ceux que concernent les soins psychologiques, ce cours permet de
mieux comprendre que la technique hypnotique, utilisée dans
un contexte clinique, n'est pas seulement un outil incomparable mais
qu'elle permet également, pour le thérapeute, de
mobiliser ses propres ressources créatrices. Or, il n'est
pas de bons psychothérapeutes sans le plaisir de la
confrontation avec les défis que leurs posent les patients.
En savoir plus / commander
(bientôt disponible)
Un séminaire avec Milton H. Erickson / J. Zeig
/ Satas
Enfin
accessible au lecteur francophone, ce "Séminaire avec Milton
H. Erickson" nous offre l'occasion de nous asseoir parmi ses
étudiants. Après qu'il eût
cessé sa pratique clinique avec des patients, Erickson a
poursuivi ses activités d'enseignant, réunissant
autour de lui des cliniciens du monde entier venus s'initier aux
conceptions de ce "thérapeute hors du commun".
Cet ouvrage constitue un exposé brillant des
différentes stratégies ericksoniennes.
Très riche d'enseignement et unique en son genre. Un ouvrage
de référence pour le professionnel.
Programmation
neuro-linguistique » ? Quel nom bizarre ! Effectivement, la
légende
dit que Richard Bandler, co-fondateur de la PNL avec J. Grindler, a
crée
ce terme pour impressionner des forces de l’ordre qui
s’inquiétaient
de son activité professionnelle. De la même
manière
ce terme aurait été gardé,
ajouté à
une kyrielle d’autres termes alambiqués pour
impressionner des éditeurs
frileux.
Programmation
: tout au long de notre vie, nous programmons des
façons d’être,
de penser, de se comporter en fonction de ce nous vivons, rencontrons.
Neuro
: cette capacité de nous programmer repose sur nos
capacités
neurologiques. Cerveau, système nerveux nous permettent
d’appréhender
le monde extérieur, de percevoir, stocker et organiser
l’information
et de mettre en place telle ou telle réponse.
Linguistique
: langage verbal et non-verbal reflètent cette
manière
de se représenter et d’appréhender le
monde.
La
PNL va se fonder sur ces phénomènes, à
travers une
exploration précise des comportements, schémas de
pensée
et états internes, une analyse des stratégies
mises en place
ou le recadrage du contenu et/ou du sens du vécu, pour aider
le
sujet à modifier sa palette de réponses,
à évoluer
ou changer sa perception.
Un
cerveau
pour changer / R. Bandler /
Interéditions 1990 Les secrets
de la communication / Bandler / Le Jour 1982
Le recadrage
- Transformer la perception de la réalité avec la
PNL
/ Bandler et Grinder / Interéditions 1982
Transe-Formations
- Programmation neuro-linguistique et tehniques d’hypnose
ericksonienne
/ Bandler et Grinder / Interéditions
Le temps
du changement / R. Bandler / La
tempérance Peurs,
phobies et compulsions / R. Bandler / La
tempérance
Présupposés
PNL
La
PNL a théorisé, modélisé la
pratique de différents
thérapeutes, dont Erickson. Elle a mis en place des
présupposés
qui définissent assez bien la pratique ericksonienne et
l’ »attitude
PNListe », en matière de communication,
thérapeutique
ou non :
-
Chaque personne dispose déjà de toutes les
ressources dont
elle a besoin.
Issu
d’Erickson, ce présupposé est capital :
nous avons tous les
moyens de nous venir en aide. La thérapie est un simple
moyen d’y
accéder. Le patient ne le pense pas
nécessairement, mais
si le thérapeute n’en est pas convaincu,
là il y a une souci.
-
La carte n'est pas le territoire
Notre
représentation du monde n’est qu’une
lecture de ce monde. Elle ne
constitue un fait objectif, une réalité. Nos
limites sont
dans notre carte du monde, non dans le monde lui-même.
Changer ce
rapport au monde dans le cadre thérapeutique,
c’est créer
une carte plus adaptée au bien-être.
-
Tout comportement, à son origine, est orienté
vers l'adaptation
et contient une intention positive.
Nos
actes constituent toujours un meilleur choix possible. Par voie de
conséquence,
l’acte thérapeutique sera notamment
d’ouvrir à de nouveaux
choix, d’en élargir
l’éventail.
-
Plus une personne dispose de choix, plus elle a de chances de
réussir
Développement
du précedent présupposé, plus on
diversie ses possibilités
de choix, plus on développe ses capacités
d’adaptation, à
soi-même, aux autres et au monde.
-
Il n'y a pas d'échec, il n'y a que du feed-back (retour
d’information)
L’échec
n’existe pas en lui-même, puisqu’il
constitue un apprentissage, une
prise d’information utiles dans l’optique
d’une amélioration ou
‘un changement.
-
Il est impossible de ne pas communiquer
Tout
comportement envoie nécessairement des informations. Tout
est signe.
-
Le sens de la communication est donné par la
réponse qu'elle
déclenche.
Le
sens de ce qui est émis dépend de ce qui est
perçu.
Perception
/ canaux sensoriels
Nous
percevons le monde par nos canaux sensoriels : vue, ouïe,
odorat,
toucher, goût
Chacun
a un mode de représentation
préférentiel (on ne peut
tout faire en même temps).
Ainsi,
par exemple, se rappelant un épisode de surf sur la
côte basque,
certains vont construire la représentation de
manière visuelle
(genre carte postale), d’autres de manière
auditive (bruit de la
plage, des vagues, du glissement de l’engin sur
l’eau…) et d’autres enfin
de manière kinesthésique (sentir la chaleur du
soleil, la
fraîcheur de l’air sur le visage, le contact des
pieds sur la planche,
la perte d’équilibre…)
Quel
intérêt ?
Pour
le thérapeute, préciser l’orientation
du sujet, c’est mettre
en place un système de communication efficace. Si vous dites
à
un kinesthésique : « vous voyez (visuel) ce que je
suis en
train de dire (auditif), il va répondre « oui
», poliment
mais n’aura que peu capté (ou pas du tout). Si
vous lui parlez en
termes de sensations, le discours passera, il se
l’appropriera.
Pour
un non thérapeute, vous pouvez ici préciser votre
domaine
d’élection, comprendre pourquoi vous ne comprenez
pas quelque chose
qu’on vous a expliqué cent fois (mais toujours de
la manière).
Déterminer
votre canal de perception privilégié,
c’est vous donner l’occasion
de convertir, d’adapter toute information pour vous les
approprier.
Pour
exemple, parfois un film est désagréable. Et
suivant la personne,
si on coupe le son du home cinéma ou on déplace
les enceintes
(auditif), on change pour le noir et blanc on passe du 16/9 au 14/8 ou
si on s’installe différemment avec une glace au
chocolat (kinesthésique),
la (les) perception(s) changent. Votre manière de percevoir
est
importante et fondatrice en elle-même, avant ce que vous
percevez
(« peu importe le territoire, l’important est la
carte qu’on en fait
»)
Les
niveaux logiques (Action, pensée, changement)
Autre
terme barbare (du à Robert Dilts(1)), il s’agit de
strates internes
de l’individu construisant son rapport au réel.
Les niveaux sont
au nombre de six :
1.
L’environnement : où je suis ? Où,
quand, comment ça
se passe ?
L’environnement
: nous sommes en interaction. Il agit sur nous, nous pouvons agir sur
lui,
le modifier. L’environnement va être familial,
professionnel, social.
L’environnement n’est pas extérieur,
nous en faisons partie.
2.
Comportement : ce que je fais.
Quelle
actions, quelles paroles?
Comportement
: c’est ce qui nous permet d’agir sur notre
environnement. Manière
de se comporter, de s’exprimer, c’est ainsi que
l’autre construit une image
de nous.
3.
Capacité : ce que je peux.
Comment
faire ?
Capacités
: nous les employons pour agir sur notre comportement, au moyen de
stratégies,
savoir-faire, connaissances innées et acquises.
4.
Croyance : ce que je crois.
Pourquoi
faire cela ?
Croyances,
valeurs : ce qui est important pour moi et ma
manière d’interpréter
ce qui se passe.
5.
Identité
: ce que je suis.
Comment suis-je
dans ce que je fais ? Est-ce en accord avec
moi-même?Identité
personnelle, conscience de moi-même, du rôle que
l’on joue.
6. Appartenance
: ce à quoi j’appartiens.
Avec qui ?
Pour qui ? Ce qui donne un sens à ma vie. Conscience du moi
dans
un tout (culturel, social, spirituel…)
Un
dysfonctionnement vient souvent de la confusion de ces
différents
niveaux. A noter également qu’un
problème à un niveau
se règle généralement au niveau
supérieur.
(1)
Croyances et santé / R. Dilts / La méridienne
Les
submodalités
Nous
encodons tous le réel en utilisant les canaux de perception
décrits
plus haut. Les submodalités représentent les
détails
de cet encodage (comment nos 5 sens ont archivé,
stocké une
expérience).
La
première submodalité : Associé /
Dissocié (acteur/spectateur).
Cette submodalité est prépondérante.
Si on est acteur
d’un souvenir, on le vit de l’intérieur,
sans recul : on voit, on
entend, mais aussi on ressent à chaque rappel. Si on est
spectateur,
on se représente dans la situation, on peut
établir un recul
: on voit, on entend, mais on ne ressent pas. Ceci est important :
quand
on est dissocié, on ne ressent pas (kinesthésique
: sensations
corporelles…)
D’un
point de vue général,
l’intérêt sera d’être
-
Associé au positif
-
Dissocié du négatif
Les
submodalités sont infinies.
Quelques
exemples :
Canal
visuel :
Associé/dissocié
- stable/flottant net/brouillé lumineux/sombre -
focalisation/écran
large - image immobile/image en mouvement -
grand/petit – proche/lointain
– en trois dimensions/en deux dimensions
Canal
auditif :
Volume
sonore - distribution droite/gauche du son – bruits
de fond ou non
– paroles ou non – sons graves/aigus –
sons proches/sons lointains
"On
ressent ce que l’on pense ». Il est donc
intéressant de se
pencher sur l’encodage du réel vécu,
sur les représentations
mentales construites… Car agir sur ces
représentations, c’est agir
sur le ressenti du réel, de l’ici et maintenant :
développer
le positif, neutraliser ou minorer le négatif, transformer
différents
souvenirs, différents états internes…
Ancrage
L’ancrage
est une technique se fondant sur le réflexe pavlovien. Il
s’agit
d’associer inconsciemment et automatiquement un
état interne à
un stimulus sensoriel extérieur (image, son, geste, contact
odeur…).
Notre vie est constituée de succession d’ancrage :
voix, situations
… nous rapportent invariablement à des
états internes (joie,
tristesse, motivation, conviction…). Lorsque nous
établissons ce
lien entre stimulus extérieur et état interne,
nous créons
ce qui se nomme un ancrage en programmation neuro-linguistique.
Dès
que l’ancre est stimulée, nous retrouvons
l’état interne
associé. Les ancres peuvent utiliser un des canaux
sensoriels :
telle odeur vous replongera par exemple dans
l’émotion des repas
en famille, telle musique douce vous replongera dans les
états amoureux
des premiers slow… Le tennisman en serrant le poing lors
d’une balle de
match a créé inconsciemment un ancrage positif
kinesthésique…
On mettra en
évidence deux types d’ancre :
- Les ancres
positives rappellent des états internes ressources, positifs
(concentration,
efficacité, dynamisme, confiance…)
- Les ancres
négatives rappellent des états internes
limitants, négatifs
(peur, doute, incompréhension…)
Les types
d’ancrages
:
- Ancrage
auditif : choisir par exemple une expression particulière,
un petit
groupe de mot, avec un ton, un tempo ou une hauteur de voix inhabituels.
- Ancrage
visuel : choisir par exemple une image, un geste, un endroit dans
l’espace.
- Ancrage
kinesthésique : choisir un contact (main sur
l’épaule…)
Croyances
et apprentissages
C’est
en fonction de ce que nous pensons du monde que nous orientons nos
choix.
Cette connaissance se construit selon divers processus qui prendront
selon
le cas, une forme limitante ou enrichissante. Chacun se construit sa
carte
du monde, nous n’agissons pas sur la
réalité mais sur la
représentation qu’on en a. Cette nature
non-logique et constitutive
de l’ego entraine nécessairement des
dysfonctionnements.
1)
Généralisation (mise en place des
croyances, des jugements
de valeurs) : c’est le processus qui vise à tirer
une leçon
générale
d’événements particuliers, premier
filtre entre nous et la réalité. Ainsi, on
établit
des croyances, jugements de valeur.
Exemples
:
Les
hommes sont des salauds !
La
vie est dure.
L’homme
est un loup pour l’homme
Construite
sur des événements du passé, la
généralisation
permet d’installer une illusion de contrôle,
illusion de comprendre
le présent et de prévoir l’avenir. On
entrevoit aisément
à la fois son effet rassurant à court terme mais
aussi son
effet pernicieux à moyen et long terme.
2)
Sélection omissions et distorsions : Ayant mis en
place des
croyances, on sélectionne ce qui vient confirmer le
système,
renforcer les croyances. On en vient à distordre
l’information
pour qu’elle puisse entrer dans ce cadre de
référence.
3)
Filtres
Nous
filtrons donc la réalité, cela plutôt
trois fois qu’une
:
-
Filtre neurologique : notre perception de
l’extérieur dépend
de notre cerveau, de notre système nerveux, de la perception
par
les sens…
-
Filtre culturel, social : nous apprécions la
réalité
selon les critères du groupe auquel nous appartenons.
-
Filtre personnel : chaque individu est unique, aura donc une
conceptualisation
du réel personnelle en fonction de ses
différentes expériences
(éducation, influence familiale, sociale,
événements
de vie…)
.Un
des buts en thérapie ou coaching sera donc
d’observer la carte
du monde établie par le sujet et de la recadrer de
manière
adaptée au bien-être.
Anxiété
et programmation neuro-linguistique
Dans le curieux
patchwork des techniques PNL, on trouve des outils utiles :
- Travail
sur le système de croyances, sophistiqué et
puissant dans
les troubles anxieux
- Travail
sur les ancrages, omniprésents et conditionnements
opérants
- Travail
sur la phobie
- Travail
sur le meta-modele, la représentation du monde
Bibliographie
Au
Coeur de L'Esprit / C. ET S. Andreas / La
tempérance
Un
cerveau pour changer / R. Bandler /
Interéditions
Les
secrets de la communication / R. Bandler / Le
Jour
Le
Temps du Changement / R. Bandler / La
Tempérance
Derrière
la magie / A. Cayrol et J. de Saint-Paul /
InterÉditions
Le
recadrage / R. Bandler et J. Grinder /Intereditions
Peurs,
phobies et compulsions / R. Bandler / La
Tempérance
Maitriser
l'art de la PNL / C. Cudicio / Editions d'organisation
Croyances
et santé / R. Dilts / La méridienne
Derrière
la magie / A. Cayrol et J.de Saint-Paul /
InterÉditions
Apprendre
à apprendre avec la PNL / A. Thiry et Y. Lellouche
/ De Boeck
Université
Comprendre
la PNL / / C. Cudicio / Ed. d'Organisation
Thérapie orientée
solutions
Orientation
solutions
«
Le client construit sa propre solution en se basant sur ses propres
ressources
et ses propres succes »
De Shazer
A
l’image de la
psychanalyse, la démarche thérapeutique
s’inscrivait
encore il y a quelques dizaines d’années dans le
passé. Le comportementalisme
ou la systémique se sont penchés à
partir des années 60 sur le présent,
l’ "ici
et maintenant". La thérapie
évolue encore actuellement vers le futur :
la question essentielle devient « Comment
être bien demain » ?
L’influence
de M.H. Erickson dans ce domaine est
prépondérante : dès les
années 60, il
suggérait à ses patients d’essayer
d’autres stratégies sans
s’arrêter nécessairement
à analyser la structure ou la construction du
problème présent. Il était en
cela le précurseur de la thérapie
orientée solutions exposée sur cette
page.
Inspirée
des travaux sur la communication de Bateson ou Weakland, de
l’approche
psychothérapeutique de Milotn Erickson, l’approche
orientée
solutions est une approche inductive qui s’oriente vers ce
qui
est utile
est générateur de solutions. En
d’autres termes, alors que
traditionnellement, une démarche de changement se penche sur
les
problèmes à résoudre, cette approche
se centrer sur
les solutions à mettre en place : plutôt que
« Pourquoi
est-ce que ça va mal ? », le questionnement va
être
: comment faire pour aller mieux ? »
Perspective
des points forts
Saleebey expose
avec pertinence le pouvoir donné au client dans ce
qu’il nomme la
Perspective des points forts :
1. En
dépit
des difficultés de la vie, toute personne possède
des points
forts qui peuvent être mobilisés pour
améliorer sa
vie. Les praticiens doivnt respecter ces points forts et les directions
dans lesquelles les clients souhaitent les appliquer.
2. La
motivation
du client s’accroît si l’accent est mis
en permanence sur les points
forts qu’il a révélés.
3. La
découverte
de ces points forts requiert un processus d’exploration
conjointe entre
clients et professionnels ; même un praticien expert ne sait
pas,
en fin de compte, ce que les clients ont besoin
d’améliorer dans
leurs vies.
4. Se centrer
sur les points forts détourne les praticiens de la tentation
de
juger ou de blâmer les clients à propos de leurs
difficultés,
et les pousse à découvrir comment les clients ont
réussi
à survivre, même dans les moments les plus
difficiles.
5. Tous les
environnements, même les plus sombres, contiennent des
ressources.
Présupposés
de l'orientation solutions Bill
O'Hanlon est un élève d'Erickson ayant
axé son
approche sur l'orientation solutions. Voici quelques
présupposés énoncés dans
son ouvrage L'orientation
vers les solutions (Satas) accompagnés de
commentaires.
è « Les clients
ont des ressources et des points forts
pour résoudre les problèmes Souvent les
clients, submergés par les
difficultés de leur
vie, perdent de vue leurs capacités à
résoudre les problèmes. Ils peuvent
simplement avoir besoin qu'on leur remette en mémoire des
outils qu'ils
possèdent déjà pour
développer des solutions durables et
satisfaisantes… dans
d’autres cas, on peut les aider à
accroître ou à aiguiser certaines de leurs
capacités afin de mettre de l’ordre dans leur
situation».
Erickson disait souvent : « il
s’agit simplement
de faire quelque chose que vous savez déjà
faire ». La thérapie
mobilise
et/ou développe des ressources propres au sujet,
déjà présentes. Pour paraphraser
le titre d’un livre de L. Duncan, le client est le
héros de la thérapie.
è "Le changement est permanent Si vous
supposez que le changement est permanent, vous vous
comporterez comme si le changement était
inévitable. De manière verbale ou
non-verbale, vous communiquerez aux clients l'impression qu'il serait
étonnant
que leur problème puisse persister…Pour nous,
l'univers est un monde de
changement. Les situations des gens changent en permanence, et c'est le
regard
qu'ils portent sur les situations qui reste le même quand ils
signalent que
rien n'a changé."
Ceci est une profession de foi que le thérapeute doit avoir
assimilée pour qu’elle vienne imprégner
l’intervention thérapeutique. Cet
aspect oriente entre autre l’attention du
thérapeute et du client vers ce qui
change. Tout change. Ceci induit que le changement est
inévitable et qu’un
problème qui persiste n’est plus alors
qu’une question de point de vue.
è "Le
rôle du
thérapeute est de repérer et d'amplifier le
changement" "En tant que
thérapeutes, il est clair que nous avons
un devoir. D'abord, celui d'être clair avec
nous-mêmes; et ensuite de
rechercher chez les autres tout signe de clarté et de leur
en donner acte, et
de les renforcer dans tout ce qui est équilibré
chez eux." (G. Bateson
1972)
La thérapie crée une
réalité particulière ou ce qui est
efficace est amplifié, ce qui ne l’est pas est
laissé de côté comme des
solutions inappropriées. Les clients sont
installés dans un « encore plus
de solutions inefficaces qui accentuent le
problème », l’intervention doit
les placer dans un « encore plus de solutions
efficaces qui produisent des
solutions »
Erickson disait : « il
ne faut pas
une très
grande brèche pour que toute la structure de la digue en
vienne à changer »
è "En général,
il n’est pas indispensable d’en savoir
beaucoup sur le problème pour le résoudre."
Trop d’information peut « tuer
l’information » :
«nous avons remarqué que les
thérapeutes restent souvent bloqués parce
qu’ils
ont trop d’informations (et non trop peu), ou trop
d’informations sur le
problème et pas assez sur la solution. »
L’approche est orientée vers l’expertise
du client dans la
résolution de son problème. Si on donne de
l’importance au problème… il prend de
l’importance. L’enquête doit
être approfondie
sur les solutions à mettre en place, disséquer la
genèse de la difficulté n’est
pas forcément nécessaire.
è "Il n’est pas
nécessaire de connaître la cause ou la
fonction d’un problème pour le résoudre."
Le « pourquoi ça va
mal » sert peu à la mise en
place de « comment faire pour aller
bien ». Influence psychanalytique
oblige, la culture de la personne et du thérapeute les
orientent vers de tels
présupposés (trouver la cause) alors
qu’on peut tout à fait résoudre un
problème sans en identifier la cause. Ce postulat de
l’importance de la
recherche de la cause est essentiellement sociétal mais
n’a que peu de valeur
en terme d’efficacité thérapeutique.
è "Un petit changement est la seule
chose qui soit
nécessaire : un changement dans une partie du
système peut entraîner des
changements dans une autre partie du système."
Les personnes sont souvent prises dans un cercle vicieux :
un élément en a entraîné un
autre,
jusqu’à constitution d’un
système entier qui
dysfonctionne. La résolution du problème peut
tout
à fait suivre la même
structure à travers un cercle vertueux : un
changement en
entraîne d’autres,
fait « boule de neige ». è "Les clients
définissent les objectifs"
Ercikson disait : «Chaque personne est un
individu
unique. La psychothérapie doit donc s’adapter pour
aller à la rencontre de la
spécificité de l’individu, et non
façonner la personne pour qu’elle
s’adapte au
lit procustien d’une théorie
hypothétique du comportement humain. »
Il n’y a tout d’abord pas une manière
juste ou valable de
vivre sa vie. Ce qu est adapté pour une personne ne le sera
pas pour une autre.
Seul le client connaît son domaine de définition.
De plus, en lui permettant de
fixer ses objectifs, on renforce sa position d’expert.
è "Il est possible
d’obtenir des changements rapides ou de
résoudre rapidement des problèmes."
Les attentes et croyances du thérapeute conditionnent le
résultat de la démarche. La thérapie,
influence psychanalytique oblige,
présente la réputation d’être
longue, tortueuse, difficile… Mais il peut tout à
fait en être autrement si le thérapeute et le
client co-créent une réalité
thérapeutique différente. Il n’y a que
peu de rapport entre importance ou
intensité d’un problème et vitesse de
résolution.
è "Il n’y a pas une
façon « juste » de
voir les
choses ; différents points de vue peuvent
être aussi valables et s’adapter
aussi bien au fait." Toute
représentation
est valable, ce qui compte est son utilité en fonction de la
résolution du
problème : l’opinion des gens
vis-à-vis de leur problème augmente ou
diminue les chances de voir émerger des solutions. Les
points de vue qui
proposent des solutions sont utiles, les point de vue qui renforcent le
problème ou le bloque sont inutiles. Le recadrage de points
de vue inutiles est
donc un outil puissant de changement.
è "L’intérêt
est porté sur ce qui est réalisable et qui peut
être changé, plutôt que sur ce qui est
inaccessible et qui ne peut pas être
changé."
Les objectifs doivent être bien définis et
réalisables dans
un délai raisonnable. On s’intéresse
à ce
qui peut être modifié, aux
éléments
les plus accessibles au changement. On préfère se
centrer
sur la réalisation d’objectifs
modestes, qui auront des répercussions dans les autres
domaines
de vie. Les grandes
conjectures psychologiques ont pour effet, en analysant et
étiquetant un
problème humain de le cristalliser, de l’augmenter
et de
le rendre chronique.
Article
incomplet, en cours de rédaction
Eléments
de T.O.S.
D’inspiration
ericksonienne, la thérapie orientée solutions
(« T.O.S.
») va répondre à une
démarche précise
et une orientation intéressante. Il s’agit
d’une philosophie particulière
et novatrice de l’accompagnement, pétrie de bonnes
idées
donc chaque coach ou thérapeute pourra extraire
l’essence utile.
La colonne vertébrale d’une T.O.S. est
présentée ici
:
1. Contact
: « En quoi puis-je vous être utile ?
»
Comme dans
toute démarche de changement, la première
étape consiste
tout d’abord en l’exposition d’une
problématique. La première
question, traditionnelle en T.O.S. a toujours sensiblement la
même
forme : « En quoi puis-je vous être utile ?
». La réponse
du sujet va correspondre à un exposé du(des)
problème(s).
En T.O.S., on écoute avec respect cette plainte, on
approfondit
si nécessaire pour plus de précision :
« En quoi est-ce
un problème pour vous ? » Mais
déjà, l’idée
de transformer la problématique en objectif
centré solution
est présente.
2. Elaboration
d’objectif : « Qu’est-ce qui sera
différent dans votre vie
(votre pratique, vos résultats…) quand le
problème sera résolu
? »
La détermination
d’objectif a déjà
été traitée dans les
pages de ce site consacrées à l’hypnose
ericksonienne. La
T.O.S. apportera néanmoins certaines innovations ou
techniques :
l’accent est porté sur ce qui sera
différent quand le problème
sera résolu. La technique de la question miracle est
abondamment
utilisée.
Question
miracle
Voici textuellement
la question miracle de De Shazer : « Maintenant je voudrai
vous poser
une question bizarre. Imaginez que pendant que vous dormez la nuit
prochaine
et que toute la maison est calme, un miracle se produit. Le miracle
consiste
en ce que le problème qui vous a amené ici est
résolu.
Cependant, comme vous êtes endomi, vous ne savez pas que le
miracle
est arrivé. Alors, quand vous vous réveillez
demain matin,
qu’est-ce qui sera différent qui vous dira
qu’un miracle a eu lieu
et que le problème qui vous a amené ici est
résolu
? »
Intérêt
de la question miracle :
- On entre
en matière, dans la résolution du
problème. Le sujet
donne les ingrédients, décrit le processus du
changement.
- La question
ouvre le champ des possibilités. Et l’imagination
est le germe du
futur.
Autour de la
question miracle :
La projection
dans le miracle accompli va permettre d’amplifier certains
aspects de la
détermination d’objectif :
- «
En
quoi est-ce important pour vous ? »
Peu importe
que l’objectif soit important pour le thérapeute,
il doit l’être
par contre pour le client. Cette importance animera la
volonté de
changer, d’évoluer et de mettre en place de
nouvelles solutions.
- «
En
quoi les choses seront-elles différentes autour de vous ?
»
Un individu
se définit entre autres par ses relations.
L’aspect systémique
est également fondateur du changement ou de
l’évolution.
Les potentialités, désirs, forces… de
l’individu dépendent
des pensées à son sujet qu’il peut
prêter aux gens
qui comptent pour lui.
- «
Dans
quelle situation spécifique ce serait différent ?
»
Le client
peut avoir du mal à envisager un changement complet, mais
plutôt
une amélioration dans certaines situations plus
précises.
- «
Qu’est-ce
qui se passera de positif ? »
Le thérapeute
doit amener le client a faire une description positive et si possible,
au présent : il s’agit non pas de
décrire l’absence d’un
problème mais d’observer et
d’expérimenter même la
présence de solutions.
- «
Quel
sera le premier signe que quelque chose à changé
? »
Le client
recherche souvent un résultat final, voire absolu. Il a
besoin de
prendre conscience des différentes étapes de son
évolution.
Le questionnement sur la première étape permet de
créer
une attente concrète, réaliste et
d’installer le sujet dans
le processus de changement.
- «
En
quoi cela changera pour vous ? »
Cette question
permet de centrer le sujet sur lui-même, de
l’installer dans la dynamique
du changement.
- «
Concrètement,
qu’est-ce qui changera ? »
Les termes
du changement décrit doivent correspondre à un
objectif correctement
défini : concret, réaliste et mesurable.
- «
En
quoi est-ce un défi pour vous ? »
L’idée
de tâche à accomplir, de défi est
importante à
générer. Ces aspects développent la
motivation et
l’investissement personnel du sujet. On peut même
monter lors de
l’entretien au sommet des niveaux logiques (appartenance,
mission, ….),
aligner toute la personne sur l’objectif (les niveaux
logiques sont présentés
dans les pages traitant de la PNL).
3. Explorer
les exceptions : les moments où ça se passe bien.
Lorsqu’un
sujet
fait une démarche de thérapie ou de coaching, il
est «
orienté problème ». Il peut
d’ailleurs évoquer
longuement ses difficultés, dans les moindres
détails : en
T.O.S., plus on parle d’un problème, plus le
problème grossit.
Mais à l’inverse plus on parle de solutions, plus
les solutions
prennent leur place dans la réalité du sujet. On
peut bien
entendu à titre d’information recevoir les
manifestations négatives
de la problématique, mais l’outil essentiel sera
constitué
par les moments où le problème ne se produit pas
: les exceptions.
D’après De Shazer, les exceptions sont «
ces expériences
passées de la vie du client où le
problème n’est pas
apparu alors qu’on aurait pu s’attendre
raisonnablement à ce qu’il
surgisse ». il est noter que l’exploration des
exceptions peut se
faire de manière associée (perceptions du sujet),
mais aussi
dissociée (perceptions que pourrait avoir un observateur
extérieur).
Prendre
conscience
des exceptions
Pour mettre
en valeur et développer les exceptions, il est
d’abord nécessaire
que le client prenne conscience de ces moments d’exceptions.
Le questionnement
vise à générer cette prise de
conscience.
- En associé
: « Est-ce qu’il y a eu des moments où
le problème
ne s’est pas produit ou était d’une
moindre intensité ? »
- En dissocié
: « Si je demandais à votre femme s’il y
a eu de meilleurs
jours, que répondrait-elle ? »
Exceptions
délibérées ou aléatoires
Les termes
de « délibérées »
et « aléatoires
» sont issus de la théorisation de De
Shazer.
- Exception
délibérée : le sujet peut donner la
genèse
de l’exception. On pourra enchaîner sur une
modélisation
ou une prescription de tâche (« Faire plus de la
même
chose »).
- Exception
aléatoire : le sujet ne peut donner la genèse de
l’exception.
Il pourra alors lui être demandé
d’observer les prochaines
exceptions et de noter ce qui se passe.
Demander des
précisions
Il s’agit
de relever les critères de différence des moments
d’exception
: « Qu’est-ce qui diffère quand
ça ne se produit pas
? » les différences peuvent se faire à
différents
niveaux : lieu, objets, personnes, temporalité,…
A tout moment
de cette démarche, il est important de s’inscrire
dans la carte
du sujet dont les éléments sont
éxposés dans
ls pages de ce site traitant de PNL et d’hypnose
ericksonienne : canal
dominant, métaprogramme, valeurs, croyances… Plus
la synchronisation
entre thérapeute et client sera
développée, plus la
relation sera pertinente et les solutions individualisées et
efficaces.
4. Feed
back et tâches
De Shazer
prône une structure tri-partite : compliment, pont et
tâches.
-
Compliments
: le compliment renforce et motive le client. Il valide ce
qu’il perçoit
et ce qui est important pour lui. Là aussi, avec le
compliment,
il y a orientation solution. Ils dynamisent et installent
l’individu dans
son processus de changement : à travers ses points forts et
les
exceptions, il possède les moyens de son
évolution.
En cela, on retrouve le précepte ericksonien ou PNListe qui
établit
que chaque homme a en lui les ressources de son
évolution.
- Pont
:
le pont se trouve entre compliment (constat) et tâches
(passage à
l’action). Le pont effectuera donc une transition entre
forces, potentialités
et action à travers une évocation de
l’objectif.
-
Tâches
: en T.O.S., des tâches sont prescrites. Ce sont
exclusivement
des tâches d’observation et des tâches de
comportement. Il
s’agira donc de recueillir des informations concernant les
moments d’exceptions
ou de développer les facteurs créant ces
exceptions.
Orientation
vers les solutions / W.H. O’Hanlon / Satas
Un ouvrage fondateur de la thérapie orientée vers
les solutions. Dans ce livre, deux cliniciens
réputés pour la clarté et l'humour de
leurs séminaires, retracent l'évolution de cette
approche, mettent en relief les hypothèses qui favorisent
les changements, et proposent ensuite des lignes directrices claires,
concrètes et détaillées pour
transformer la théorie en pratique. Pour professionnel,
indispensable.
De
l'entretien à la solution : l'accent sur le pouvoir des
clients / De Jong
& Berg / Satas
Ce
livre passionnant est consacré aux techniques d'entretien
basées sur la thérapie centrée sur la
solution, une approche particulièrement adaptée
aux impératifs actuels de la pratique dans les professions
d'aide.
En
rupture radicale avec les techniques traditionnelles de la
thérapie conjugale, les auteurs utilisent la puissance de la
confirmation personnelle et des stratégies
orientées vers les solutions pour sortir des impasses de la
vie de couple. Ils aident les couples à trouver des
problèmes qui peuvent être résolus,
à agir en collaboration et à changer les
comportements destructeurs.
Comme
l’écrit P. Watzlawick (Stratégie de
la
thérapie brève /
Seuil), l’approche stratégique est
« une
école de pensée qui étudie
« comment »
les êtres humains se rapportent à la
réalité, ou, mieux, comment chacun
de nous
entre en relation avec
soi-même, avec les autres et avec le
monde ».
Nous
pouvons reprendre en détail cette
définition :
è Le
sujet
construit « sa
réalité » et réagit
en
fonction de cette lecture personnelle. L’école
de
Palo alto,
pionnière de l’approche
stratégique définit deux niveaux de
réalité : -
Réalité de
premier
ordre : il s’agit
de la réalité que nous percevons à
travers nos sens. -
Réalité de
deuxième ordre : il s’agit
de la signification que nous attribuons à ces perceptions. è Tout
comportement, adapté ou non au bien-être est alors
« le
produit d’une relation active entre nous-mêmes et
ce que nous vivons ».
Toute personne vivant des difficultés souffre de sa relation
au monde. Le
centre de l’attention est alors l’individu en
interaction. Une intervention est
alors nécessairement systémique.
è Autre
particularité de l’approche stratégique
(et plus
généralement des thérapie
brèves d’inspiration ericksonienne) : le
thérapeute s’intéresse au « comment »
plutôt
qu’au « pourquoi »
(central par exemple en psychanalyse). On
s’intéresse ici au processus menant
à
la problématique (le rapport à la
réalité et les tentatives de solutions mises
en œuvre), plutôt qu’au contenu (la
réalité elle-même).
On a
confiance dans ce qu’on connaît. Pour
connaître, il faut avoir pu rencontrer,
avoir pu établir une relation. Avoir confiance en soi,
c’est donc se connaître
et pour cela se rencontrer, établir une relation avec soi.
La base de cette
relation est informative.
« Laisser
entrer et sortir
les informations sur soi. »
Les
informations qui sortent le sont au travers de l’expression
de soi :
expression de ses désirs, opinions, besoins,
émotions… Et la personne timide a
quelques difficultés a faire cela, alors
qu’éthymologiquement, émotion vient de e
movere, qui veut dire
« sortir ». Une
émotion est faite pour
sortir.Retenue,
elle mène à l’angoisse,
à la perte de contrôle inéluctable.
D’où
vient ce phénomène de
rétention des émotions ?
Les
explications peuvent être nombreuses. Prenons ici
l’exemple
de la peur,
phénomène central de la timidité ou de
toute
manifestation anxieuse. Les
émotions expriment les besoins essentiels de
l’individu.
Par définition, la
peur exprime le besoin d’être rassuré.
Mais
rassuré sur quoi ? La personne
timide vit un profond décalage entre la
réalité
souhaitée, absolue (ce que je
voudrais / devrais être) et la réalité
ressentie,
posée comme réel (ce que je
pense être). Le doute s’insinue à ce
niveau :
« je devrais être ainsi et je
suis comme ça ». Le monologue intérieur
de
l’anxiété sociale naît de
cette
dichotomie : « On parle pour dire des choses intelligentes,
et je
n’ai rien
d’intéressant à dire
»… De même
pour l’anxiété de performance (trac) :
« je
devrai pouvoir faire cela, et je ne vais pas y arriver…
».
Au moment
de l’enfance, le décalage est
profondément vécu, ressenti.
D’où la peur et le
besoin d’être rassuré. Mais
c’est aussi la période où on est le
plus apte à
ancrer un comportement inadapté. Au moment du doute, de la
peur ou de
l’émotion, il va y avoir
schématiquement deux options :
1) L’enfant, l’adolescent exprime
ces doutes,
sa peur, son besoin d’être rassuré.
Il trouve des interlocuteurs
suffisamment nombreux pour l’écouter et le
rassurer. Le doute s’atténue, pour
disparaître avec la répétition des
réassurances.
2) L’enfant, l’adolescent
n’exprime pas ses
émotions, ne trouve pas d’interlocuteur
attentif… ou pas d’interlocuteur du
tout. Le doute se développe, jusqu’à la
peur voire la phobie.
Comment en
vient-on à ne pas
exprimer ses émotions ?
L’élément
le plus important est culturel, social :
- Exprimer ses émotions, c’est
être faible
: « Tu es un homme. Un homme ne pleure pas ».L’enfant ne va
pas être écouté, on va plutôt
l’ « endurcirpour son bien » : «
Tiens-toi, on nous
regarde », « Tu es grand maintenant,
arrête ton cinéma»… La peur
d’un enfant
est souvent mal perçue, mal vécue, mal
négociée, sans doute d’ailleurs parce
que l’adulte lui-même n’a pas
complètement aplani ses propres difficultés et
que lui-même a encore un peu peur de ceci ou de cela.
- Notre société est
rationnelle, scientifique.
Nulle place donc pour l’irrationnel : « Comment
peux-tu avoir peur !», «
Tu n’as aucune raison de craindre ces personnes»,
« Tu perds la raison !
»…
Face
à
ces réactions, nouveau dilemme (par nature insoluble) pour
l’enfant ou
l’adolescent : exprimer ses émotions et perdre
l’amour de ses parents ou garder
ses peurs qui, intériorisées, ne vont faire que
croître et embellir. Dans la
réalité, il y aura souvent va-et-vient entre ces
deux options, aussi
insatisfaisantes et nocives l’une que l’autre.
Et puis,
au fil du temps, cette genèse s’efface et pour une
raison profonde qu’il
ignore, quelqu’un de timide ne s’exprime pas de
peur par exemple de paraître
égocentrique, faible ou égoïste. Mais
reconnaissons qu’il y a une belle marge
de la timidité à
l’égocentrisme. Et que pouvoir exprimer ces
émotions constitue
plutôt une force (comme en témoigne la
quantité de personne qui a des
difficultés à le faire). Dans tout
système de communication interpersonnel, il
y a la place pour une expression salutaire et
pondérée de soi dans le respect
de l’autre. Ce que l’on nomme affirmation de
soi :
« Je »
+ sincérité +
émotion »
L’expression
de soi est une compétence qui peut s’initier hors
des situations problématiques
pour se développer et devenir un outil de gestion de
l’anxiété.
« J’identifie
mes besoins,
désirs, émotions et je les
exprime »
Abordons
simplement ici trois entraves à
l’expression des émotions fréquemment
rencontrées :
1)Un des
freins à l’expression des émotions est
due à une image déformée
de
celle-ci. L’expression des émotions est souvent
perçue comme une espèce de
débordement émotionnel. Mais il n’y a
justement débordement émotionnel que
quand on retient ses émotions. Il s’agit de
l’effet « cocotte
minute ». Si une émotion est
exprimée au moment ou elle est ressentie,
sans retard, il n’y a pas débordement
émotionnel.
« Si
j’exprime au moment où
je ressens, il n’y a pas débordement ou perte de
contrôle »
2)
L’expression des émotions peut
également être
considérée comme un conflit potentiel.
Il y a souvent confusion entre
expression des émotions (« Je ne
comprends ») et déclaration de
guerre (« Ce que tu dis est
incompréhensible »). Quand on
s’exprime,
on parle à la première personne. Le
« tu » est synonyme de conflit
(on parle pour l’autre, qui effectivement ne va pas
apprécier, les informations
vont être déformées…)
« Si
je respecte la forme je
+ sincérité + émotion, cela se passera
bien »
3) Enfin,
comme évoquée plus haut, il
y a une croyance assez répandue qui dit
qu’exprimer ses émotions, sa
sensibilité, c’est être faible.
C’était
peut-être vrai dans l’univers des cow-boys.
C’est en masquant (sans succès) des
failles que l’on se sent vulnérable. Si on
s’exprime librement, il n’y a plus
de faille. L’expression de soi est une force, non une
faiblesse. D’ailleurs,
s’il s’agit d’une faiblesse, pourquoi
tant de gens ont-ils du mal à le
faire ?
Ce
domaine de l’expression de soi à travers entre
autres l’affirmation de soi, le
développement des compétences sociales, sera
développé plus loin.
Mais la
connaissance nécessaire à la confiance en
soi n’est pas essentiellement psychologique. Le premier
support de chaque
individu est le corps. Etre présent à soi
même, c’est aussi être conscient de
sa réalité corporelle. Les manifestations
physiologiques de l’anxiété sont
nombreuses (souffle coupé, transpiration, tête
vide, …). Elles sont à dominante
respiratoire et tensionnelles. Développer des
compétences corporelles est donc
pertinent dans l’optique de la timidité ou plus
généralement de
l’anxiété
sociale.
« Le
premier support est le
corps »
Affirmation de soi
L'affirmation
de soi est décrite
par Alberti et Emmons, premiers auteurs sur le sujet (1970) comme un
"comportement
qui permet à une personne d'agir au mieux de son
intérêt,
de défendre son point de vue sans
anxiété exagérée,
d'exprimer avec sincérité et aisance ses
sentiments et d'exercer
ses droits sans dénier ceux des autres".
Les techniques d'affirmation de soi
visent donc à développer le
compétences sociales verbales
et non-verbales. Ces techniques sont conseillées
à toute
personne souffrant d'anxiété sociale. Dans le cas
d'une timidité
relative, elles vont être directement efficaces et parfois
suffisantes.
Dans le cas de troubles anxieux plus développés,
si elles
ne représentent pas LA solution, elles apporteront
nécessairement
au sujet, à un moment ou à un autre de son
évolution.
La phobie sociale par exemple peut entrainer un
non-développement
de compétences auquel il est parfois utile et/ou
nécessaire
de remédier pour être à l'aise, une
fois sorti du trouble
anxieux incontrôlable.
Les articles de cette page
présentent
les notions et outils essentiels de l'affirmation de soi.
Passif,
agressif
et affirmé
Prenons un
exemple.
Anatole prête sa tondeuse à Gaspard. Un mois plus
tard, Anatole
n'a pas de nouvelles de Gaspard et de la tondeuse, alors que le besoin
commence à s'en faire sentir. Dans ce cas de figure, trois
solutions,
schématiques :
1) Anatole ne fait rien, attend,
malgré le développement amazonien de son jardin.
Résultat
: Anatole ne peut pas tondre son gazon. La forêt vierge se
développe
et un orage conjugal éclate.
2) Anatole, ne tenant plus,
téléphone
à Gaspard : "Espèce de malpoli! Tu as une heure
pour me rapporter
ma tondeuse!" Résultat : Anatole a une chance sur trois de
récupérer
sa tondeuse (dans un état de fonctionnement
hypothétique)
et se fâche avec Gaspard.
3) Anatole va voir Gaspard : "je
comprends que tu en as peut-être encore besoin, mais je
voudrais
récupérer ma tondeuse aujourd'hui"
Résultat : Anatole
a de fortes chances de récupérer sa tondeuse, de
tondre son
gazon (et ainsi de sauver son mariage) et de rester ami avec Gaspard.
Dans le premier
cas, Anatole a un comportement passif, dans le
deuxième cas
un comportement agressif, dans le
troisième cas, un comportement affirmé.
On
peut déduire de cet exemple,
qu'un comportement affirmé :
-
Exprime clairement et fermement
son objectif
-
Prends en compte l'interlocuteur,
entretient voire développe la relation
Un des constituants
générateur
du comportement affirmé est donc la notion
d'équilibre (ce
que l'on nomme parfois 50/50)
Passif
Agressif
Affirmé
MOI
-
+
+
L'AUTRE
+
-
+
Deséquilibre
Deséquilibre
Equilibre
Informations entrantes et
sortantes
Même
si
elle n’en dépend pas exclusivement, la confiance
en soi est à mettre en liaison
avec ce concept d’affirmation de soi. Nous
l’avons vu : «
On a
confiance dans ce qu’on
connaît » et « pour
connaître, il faut avoir
pu rencontrer ». La confiance est donc une affaire
d’information.
« il
y a deux
types d’informations, les informations entrantes et
sortantes »
Comme
évoqué, dans les étapes
précédentes, la timidité,
manifestation anxieuse,
s’installe comme un filtre entre soi et
l’extérieur : elle bloque ou
déforme les informations. On se connaît donc moins
bien ou mal. Développer sa
confiance en soi, c’est donc notamment rétablir la
libre circulation des
informations. Voici un tableau récapitulatif (non
exhaustif) :
Informations
entrantes
Informations
sortantes
Compliments
Emotions
Critiques
Besoin, envies
Remarques
extérieures
Capacité
à dire non
Marques
d’attention
Capacités
diverses à entrer en contact
Informations
entrantes diverses
Informations
sortantes diverses
Informations entrantes
Nous
examinerons d’abord les informations
entrantes. Ces compétences vous sont
étrangères ou difficiles. Elles
peuvent donc vous sembler superficielles à la
première utilisation. Mais en
pratiquant, vous trouverez rapidement une belle satisfaction
à les développer
puisqu’elles nourrissent la confiance en soi et ainsi le
bien-être. Examinons
deux aspects essentiels :
1) Le
compliment : il fait
partie des informations
entrantes. Un compliment, c’est une information, une
évaluation externe
provenant de l’extérieur. L’accepter,
c’est se donner les moyens de mieux se
connaître et de développer sa confiance en soi.
Souvent, la personne timide
refuse, récuse le compliment ou le remet en cause
(« non, c’est
rien », « tout le monde peut le
faire ») Alors que ça ne la
regarde pas ! C’est une information externe qui
n’a pas à être
déformée
par un jugement interne.
« Accepter
les évaluations
des autres, c’est se donner les moyens d’un
connaissance plus objective de
soi-même »
Comment ?
La
première et unique chose à faire en
matière de
compliment est de l’accepter. Puis de terminer
chaleureusement pour que le
phénomène se reproduise.
Exemple :
« -
Ton nouveau pantalon est splendide !
- Merci,
ça me fait plaisir qu’il te
plaise ».
2) La
critique : ressentie
comme une profonde
remise en cause voire comme une agression, la critique est mal
vécue.Quelqu’un
nous donne un avis négatif. Lorsque
celui-ci est émis, la seule solution constructive est
d’en tirer quelque chose
d’utile.
Comment ?
Quand on
reçoit une critique, vraie ou fausse, peu importe :
- On
écoute jusqu’à la fin
l’interlocuteur, en étant centré sur
lui, sur ce qu’il
exprime.
- Si la
critique est floue, comme c’est souvent le cas
(l’interlocuteur lui aussi a des
filtres généralisants…) on reformule,
on aide l’interlocuteur a préciser.
- Si la
critique est vraie, on remercie, si elle est fausse, on
s’affirme, à plusieurs
reprises si nécessaire (disque
rayé :
s’affirmer, précisément, de
manière
répétée, sans dériver ou se
justifier)
Exemple :
« - Votre travail ne va pas
(affirmation vaste, floue, qui peut permettre très
rapidement à la situation de
dégénérer)
- Mon
travail ne va pas ? (reformulation)
- Oui, il
y a une erreur dans la page du bilan trimestriel.
- En quoi
me suis-je trompé dans la page du bilan
trimestriel ? (précision)
- Vous
avez oublié une colonne pour la TVA dans le tableau
n°12
- Oui,
effectivement, je vous remercie »
On le
voit avec ces deux domaines du compliment et de la critique,
l’important pour
tout message entrant est d’être
centré
sur l’autre, d’oublier ses filtres
personnels et de recevoir le message, en
le précisant si nécessaire. Et enfin,
d’être chaleureux pour encourager le compliment
ou désamorcer la critique, prendre soin de la relation. Dans
toute relation il
y aura trois pôles dont il faut prendre soin de
manière équivalente :
Les
informations sortantes
Les
informations sortantes sont
constituées par tout ce que
nous exprimons. Et en matière de timidité, il y a
là un manque évident. La
personne timide ne parle guère, s’exprime peu.
Nous avons déjà abordé un des axes
importants en ce domaine, l’expression des
émotions mais d’autres notions et
compétences sont importantes. Les
informations sortantes sont
exprimées essentiellement à
travers l’affirmation de soi. Nous allons préciser
ici cette notion abordée
dans le dernier chapitre. Une affirmation de soi satisfaisante va
répondre à
des critères précis.
Une
bonne
affirmation de soi :
1. Identification
du besoin : « Qu’est-ce que je
veux ? » L’objectif doit
être clair et précis (demander ou refuser quelque
chose, donner une opinion …)
2. Début
d’affirmation prenant soin de la relation en prenant
en compte les désirs ou aspirations de
l’autre : « Je sais que
ça n’est pas forcément facile en ce
moment, mais… »
3.
L’affirmation elle-même, calme et
sereine : « … je ne peux pas
prendre en charge ce dossier»
4.
Stratégies : en cas de resistances ou de
difficultés :
Ce que
l’on fait : on adopte la tactique du disque
rayé, en affirmant à nouveau avec
fermeté, en étant plus calme à chaque
réaffirmation.
Ce que
l’on ne fait pas : on ne se justifie pas, on ne
laisse pas la conversation se développer ou
dériver. On n’offre pas de
prises » à l’interlocuteur.
5. Fin
de
l’affirmation prenant soin de la relation :
« Je te remercie de ton
attention… »
Les obstacles à
l’affirmation de soi
wPeur du
jugement :
« Qu’est-ce qu’il va penser de
moi ? » « Il va me
trouver… »
Nous rejoignons là le besoin de reconnaissance
déjà décrit.
On peut vivre sans plaire à tout le monde. Le fait de ne pas
s’affirmer peut
être également l’objet d’un
jugement. En utilisant les outils dans ces pages,
vous constaterez que l’affirmation de soi bien
menée améliore la relation et
donc entre autres le jugement des uns sur les autres. Une affirmation
de soi
respectueuse de l’autre ne peut
qu’entraîner des effets positifs.
w Peur
d’être ridicule :
« Ils vont me trouver
idiot ». Voisine de la peur du jugement, cette peur
est fréquente. Si on
n’a pas besoin de la reconnaissance pour vivre, on peut dire
également que le
ridicule ne tue pas : là encore, l’enjeu
du discours est dramatisé. De
plus, quelqu’un qui exprime ses besoins, valeurs ou
émotions n’est jamais
ridicule mais plutôt susceptible de
générer de l’admiration.
w Peur de
l’échec :
« Je dois me tromper »,
« Si je n’y arrive pas, quelle
catastrophe ! ».
Chacun a le droit à l’erreur et les
échecs sont autant
d’informations pour progresser. Une erreur n’est
pas une chose atroce mais une
preuve d’humanité. C’est aussi
l’occasion de communiquer encore plus pour
trouver d’autres solutions.
w Peur de
déranger : « Il va
me maudire si je
l’arrête dans son travail »
Si on a peur de déranger, on utilise la formule
consacrée : « Excusez-moi,
j’ai peur de vous déranger mais je
désirais votre avis ».
L’interlocuteur rassure alors et devient
disponible, car flatté qu’on ait pris en compte
son désagrément éventuel et
qu’on vienne lui demander un renseignement.
Eléments de
communication
Communication non-verbale
La communication peut
être verbale ou non-verbale. La partie
verbale correspond au contenu du discours. La partie non-verbale
désigne tout
ce qui accompagne le contenu du message. Cette partie non-verbale
représente
d’un acte de communication. Nous allons donc nous pencher sur
les différents
éléments qui la constituent, en reprenant
schématiquement 5 éléments,
définis
au cours de cette méthode :
w Le
regard w Le
visage w La
voix w La
posture w L’espace
èLe regard :
l’important dans le langage non-verbal est
d’être en adéquation avec le langage
verbal et d’apporter les signes
complémentaires nécessaires à la
compréhension par l’interlocuteur. Dans le
cadre d’une difficulté comme la
timidité, le regard, la plupart du temps, ne va
pas venir renforcer ce qui est dit voire être en
contradiction avec le contenu
du discours : le message va devenir flou, le
récepteur manquant
d’informations pour décrypter ce qui est dit
(verbalement et non-verbalement).
En occident, quelqu’un regardant son interlocuteur dans les
yeux est
globalement ressenti comme quelqu’un de fiable et
d’affirmé.
Pour éviter
une systématisation qui pourrait être
gênante,
on considère que dans un acte de communication satisfaisant,
on regarde son
interlocuteur :
- Quand
l’interlocuteur parle, en signe d’écoute.
- Quand on dit quelque
chose d’important, en signe de
renforcement
- Quand on pose une
question, qu’on sollicite un avis, en
signe d’intérêt
Le
regard - Pratique
Tâches
d’observation
Observez
au cours de la journée, des personnes :
w Evitant
le regard : que ressentez-vous ? Qu’en
pensez-vous ? w Regardant
les personnes qui sont en train de leur
parler : que ressentez-vous ? Qu’en
pensez-vous ?
Tâches de comportement
Lors
de vos conversations :
w Développez
votre compétence à regarder celui qui vous
parle. Si vous avez du mal à regarder dans les yeux (vision
focalisée),
regardez son visage de manière plus globale (vision
défocalisée). Le
regard
doit indiquer : « Je
t’écoute »
w Développez
votre compétence à regarder votre interlocuteur
quand vous dites quelque chose qui mérite
d’être souligné. Le regard doit
indiquer : « C’est
important »
w Développez
votre compétence à regarder votre
interlocuteur, au moment où vous lui posez une question ou
attendez un avis. Le
regard doit indiquer : « Qu’en
penses-tu ? »
è Le
visage : tout comme le regard, les expressions du
visage ont une importance prépondérante dans un
acte de communication. Les
expressions du visages doivent être en accord avec la
situation.
Globalement, on aura un
visage souriant :
- Quand on entre en contact avec quelqu’un
- Quand quelqu’un montre de l’attention
(compliments, remerciements…)
- Quand on montre de l’attention (compliments,
remerciements…)
Le visage prendra une
couleur plus sérieuse :
- Lorsqu’on reçoit une critique
- Lorsqu’on ressent des émotions
négatives
Le
visage - Pratique
Tâches
d’observation
Observez au cours
de la journée, le visage des personnes qui
vous entourent lors des différentes situations de
communication et l’accord
entre ce qui est dit et ce que l’on peut observer :
visage souriant lors
de l’entrée en contact, d’une marque
d’attention, visage plus préoccupé lors
d’une critique…
Tâches de comportement
Lors de vos
conversations, appliquez-vous à ce que votre
visage reflète ce qui se psse dans la situation :
w Développez
votre compétence à sourire lorsque vous
rencontrez quelqu’un. Le
visage doit indiquer :
« Bienvenue »
Développez
votre compétence à sourire lorsque vous recevez
une marque d’attention, un compliment. Le visage doit
indiquer :
« C’est gentil, cela me fait
plaisir ».
w Développez
votre compétence à avoir un visage
sérieux lors
d’une critique. Le
visage doit indiquer : « Je suis
à votre écoute,
je me sens concerné »
w Développez
votre compétence à avoir une expression du
visage conforme avec vos états émotionnels
internes.
èLa
voix : elle est
le reflet de nos émotions et en cela un indicateur
non-verbal important.
Si elle dépend de nos états internes, de
l’expression de
notre visage la voix n’en présente pas moins des
caractéristiques
propres sur lesquelles il convient de se pencher.
1) La
technique vocale
: le travail
initié dans cette méthode sur la
détente, la respiration
ou l’enracinement constituent une parfaite introduction au
travail vocal.
Voici un schéma de la production vocale :
A.
On inspire de l’air
B.
Sous la pression du diaphragme,
l’air remonte au pharynx
C.
L’air est mis en vibration par
les cordes vocales qui le pincent plus ou moins pour produire des sons
de l’aigu au grave.
D.
Le son ainsi produit s’installe
dans les résonateurs : la gorge (sons graves), la bouche
(sons aigus),
la tête (fosses nasales, sinus)
E.
La bouche articule les sons,
jusqu’au besoin d’air et retour en A.
2)
L’articulation : bien que résolument
mécanique, l’articulation est un bon outil pour
améliorer
sa voix en situation sociale car pour bien articuler, la voix est
nécessairement
suffisamment forte, résonnante, précise et calme.
Articuler
dans une discussion, c’est :
-
vous respecter (respecter ce que
vous dites, vos idées)
-
respecter le récepteur
(faire en sorte qu’il comprenne).
Articuler,
c’est donc mettre en
place une manière de parler :
-
agréable et confortable
pour vous
-
agréable et compréhensible
pour l’autre
Les
exercices d’articulation, bien
que souvent loufoques voire ridicules, sont efficaces dans
d’un entraînement
à une production vocale équilibrée et
satisfaisante.
3) Registre
et volume sonore :la
voix sera plus ou moins grave ou plus ou moins forte selon les
circonstances.
Comme pour d’autres manifestations non-verbales, le registre
et le volume
vocal doivent correspondre à la situation. Par exemple, voix
posée,
basse et grave dans les moments importants, plus aigue et
forte dans
les moments insouciants et joyeux. Dans les cas
d’anxiété
sociale, le registre et le volume vocal peuvent être
discordants
avec la réalité vécue ou le registre
des autres personnes.
Il s’agira donc d’utiliser un timbre de voix et un
volume sonore correspondants
aux circonstances ou aux caractéristiques de
l’interlocuteur.