Phobie sociale
Définition Les phobies sociales concernent les individus qui, dans une ou des situations sociales éprouvent une forte anxiété. Ces manifestations anxieuses intenses et la plupart du temps paralysantes ou inhibitrices conduisent le sujet à éviter les dites situations, d’où un fort handicap.
Critères diagnostiques DSM IV (manuel diagnostique le plus courant)
De manière plus détaillée L’anxiété sociale est perçue sous deux angles essentiels : Anxiété de performance : face à un observateur, au centre de l’attention, perte des moyens et ressources : anxiété de performance Anxiété d’interaction : se sentir évalué dans une relation et à son désavantage. Perte du statut d’interlocuteur valable : anxiété relationnelle.
Hierarchie peur / évitement des situations - Chez l'enfant
:
Phobie sociale et autres troubles
Les grandes lignes de la phobie sociale 1. Symptômes - Symptômes
physiologiques : tensions et manifestations neuro-végétatives
disproportionnées : tensions musculaires, douleurs musculaires,
fatigue, tremblement, sensation d’étouffement, tachycardie, sécheresse
de la bouche, …
2. Pathologie Nous l’avons vu, il convient tout d’abord de différencier timidité , non pathologique, fréquente pendant l’enfance ou l’adolescence et phobie sociale qui crée souffrance, détresse intense. Pourquoi la
phobie sociale est pathologique ?
3. Sentiment d’incompétence - Peur de l’observation
d’autrui
La démarche
doit donc être autant pédagogique que thérapeutique
: acquérir les compétences suffisantes. Tout sentiment d’incompétence
peut se corriger par un apprentissage.
Mise en place - quelques modèles 1. Modèle comportemental La phobie sociale résulte d'un apprentissage. Deux cas de
figure :
2. Modèle cognitif La phobie sociale nait d'un mauvais traitement de l'information : - Le danger
vécu, expérimenté est intégré (stress
chronique durant l'enfance, exemple familial et/ou social d'anxiété,
traumatismes divers)
Exemple de
schéma cognitif
Enfants, ados, phobie sociale / Angoisse de séparation / Refus scolaire Les rapports
phobie sociale/ Angoisse de séparation / refus scolaire anxieux
sont évidents mais encore peu précis.
Relations
phobie scolaire et phobie sociale : quelque essais de schémas
Anxiété sociale / Mécanismes L’anxiété sociale est multiforme : trac, timidité, phobies sociales sont des phénomènes différents qui contiennent eux-mêmes une belle diversité. On peut néanmoins
dégager une ligne commune :
La peur du
regard de l’autre se « concrétise » psychologiquement
:
Cette peur du jugement est en relation avec des phénomènes et mécanismes divers
![]()
c) Peur de l’image de soi : le sujet qui souffre d’anxiété sociale a des difficultés à s’adresser des compliments sur ses performances. En découle un grand besoin de reconnaissance. Le désir de donner une bonne impression est donc fréquent. Le problème naît de la présence conjointe de cette ambition et de la peur de ne pas y parvenir. Désir et peur mêmés sont ici à la naissance du trouble. On peut ajouter à cela des exigences excessives que même des «non-phobiques sociaux» n’auraient pas. Les performances sont donc nécessairement insatisfaisantes. ![]() Anxiété sociale et comportements L’anxiété est un trouble cognitif. On vit une situation, on en pense quelque chose. Les pensées (les différentes peurs que nous venons d’aborder) donnent lieu à des émotions et comportements dysfonctionnels, non-adaptés au bien-être. Les comportements
anxieux sont schématiquement au nombre de 4 : évitement,
inhibition, vérification, hyperactivité, avec une prédominance
des deux premiers, évitement et inhibition, dans le domaine des
difficultés sociales.
a) Evitement : les différentes peurs dont nous avons parlé conduisent l’individu à l’évitement plus ou moins développé des situations anxiogènes. ![]() b) Inhibition : l’inhibition représente l’altération ou le blocage d’une ou de plusieurs facultés ou compétences. ![]()
L’anticipation
anxieuse se produit avant les situations-problèmes. Elle prend schématiquement
trois dimensions : psycho-corporelle, cognitive, comportementale. On peut
considérer que ces symptômes « font » partie du
vécu anxieux de la situation elle-même.
Ces caractéristiques
de l’anticipation sont valables dans le cadre de tous les troubles anxieux,
mais prennent une valeur particulière dans l’optique de la phobie
sociale.
L’anticipation anxieuse dans la phobie sociale s’inscrit donc dans un « fond » de réalité. Il est logique d’avoir peur : quand on est inhibé, on est « moins bon » socialement. Cet aspect est à prendre en compte thérapeutiquement. Pour neutraliser l’anticipation, il ne suffit pas de rassurer, de mettre à jour le discours catastrophiste, les comportements dysfonctionnels ou d’expliquer les manifestations corporelles, Il faut également développer ses compétences sociales, dans tout ce que cela implique. Dans le cas contraire, la peur sera quelque part « justifiée ».
Conclusion et ouverture Cette présentation de la phobie sociale la décrit comme un processus à plusieurs composants : - psycho-corporels
C'est arbitrairement en fonction de ces différents et possibles domaines d'intervention que les prochaines parties de cette page sont organisées, même si les interactions entre ces différents éléments sont bien entendu nombreuses et complexes.
"L'angoisse.
Réaction inévitable de l'être face à l'inconnu
qui l'enserre"
Fernand Ouelette
Réaction d'alarme - fausse alarme La dimension corporelle de l'anxiété est omniprésente : la gorge qui se serre, l'estomac qui se noue, la respiration qui devient difficile, les tremblements, la sudation... Ces marqueurs sont universels, cela, tout à fait normalement puisqu'il s'agit de réactions naturelles. Le corps panique.
Ces manifestations
(plus ou moins présentes, plus ou moins développées
selon l'individu) :
C'est en celà qu'on appelle une crise de panique une fausse alarme : le corps réagit comme s'il y avait danger réel, alors qu'il n'y a pas de danger réel. Ces phénomènes sont évoqués plus longuement sur la page consacrée au trouble panique. Dans le domaine
de la phobie sociale, ces manifestations de panique ou de type panique
sont fréquentes, cumulant 4 ou 5 symptômes (voire plus) parmi
ceux qui viennent d'être énumérés. Comprendre
ces symptômes et apprendre à les remettre en cause apportent
des outils non négligeables.
"Ça
se vit, l'anxiété. Ça vous rentre de partout,
ça vous pénètre,
et
plus on se démène, plus ça fait mal."
Jean-François
Somcynsky
Tension musculaire et déséquilibres En forme de résumé, voici un schéma des tensions musculaires typiques liées à l'anxiété sociale. Tensions à l'origine des deséquilibres et symptômes que chacun aura pu remarquer. Les thérapeutiques et ressources de développement viseront donc à rétablir un équilibre psycho-corporel plus adapté. Dysfonctionnements respiratoires et tension musculaire La crise paroxystique que constitue la panique ou le schéma ci-dessus des principaux ancrages corporels de l'anxiété mettent en valeur des éléments importants dans le cadre de la phobie sociale. En résumé, la personne souffrant de phobie sociale est tendue musculairement et respire mal, de manière forcée et artificielle, a fortiori dans les situations d'interaction sociales. Remettre en cause le trouble peut donc passer par un apprentissage du relâchement et d'une respiration naturelle. Le dialogue tonique a. Tonus musculaire La physiologie de l’individu présente deux types de muscles : - Muscles lisses
(ou muscles blancs) : leur contraction est autonome, involontaire ou soumise
au système
- Muscles striés
(ou muscles rouges ou muscles squelettiques) : unissant les os, ils permettent
la mobilité du
Ce sont les
muscles striés, muscles volontaires, qui nous intéressent
ici. Ces muscles sont maintenus dans un
b. Régulation Les chocs,
émotions agissent sur la fonction tonique du muscle, d’où
l’importance de l’apprentissage de sa
- Dérèglement du tonus musculaire : agressé, le sujet se contracte exagérément. Cette dépense d’énergie ne lui permet pas d’agir correctement pour résoudre le problème. D’autres sollicitations surgissent. N’ayant pas retrouvé tout son tonus musculaire, cette nouvelle agression est encore plus mal vécue que la précédente… La tension devient chronique, augmentant l'anxiété, nuisant au bien-être mais aussi à la performance sociale. - Régulation du tonus musculaire : le tonus musculaire est plus bas. L’agression ne crée pas ou peu de tensions. Le sujet peut réagir, avoir accès à ses ressources puis retrouver rapidement et aisément son état de départ. cet état de régulation permet au sujet d'accéder à ses ressources et de garder un seuil de stimulation bas. l'anxiété ne se développe pas. c. Fonction et dialogue tonique La fonction
tonique est au centre de la vie de chaque individu. Dans ses relation
avec lui même, mais aussi
Dans ce cadre,
la relation à soi et au monde dépend essentiellement du dialogue
tonique que l’individu peut
Ce dialogue
est autant physiologique que psychologique. C’est d’ailleurs là
une de ses spécificités.
La respiration Respiration - Emotion La respiration est la seule fonction vitale dépendante du système neuro-végétatif que l’homme puisse maîtriser. Participant à la régulation du système nerveux, de la circulation sanguine, la fonction respiratoire est bien entendu capitale d’un point de vue physiologique. D’un point de vue psychologique, la relation entre respiration et état émotionnel n’est plus à prouver. Mais, dans le cadre de la gestion émotionnelle, l’important est de constater que cette relation est bilatérale :
La vie psychique
influe sur la respiration.
Fonction
respiratoire
Dans les respirations superficielles, irrégulières, arythmiques, le diaphragme est souvent bloqué. Des tensions musculaires contrarient la liberté du souffle, ce qui impose à l’individu un surcroît d’effort. En lui redonnant
sa mobilité, on accroît la ventilation pulmonaire, on masse
le plexus solaire, on tonifie la région abdominale.
La vie respiratoire La respiration abdominale est celle du bébé et du jeune enfant avant apprentissage, celle des dormeurs profonds et des animaux. L'éducation ("Tiens-toi droit!", "rentre ton ventre"), la vie sociale modifient la respiration naturelle et profonde : elle devient thoracique et superficielle. Une respiration
libre, calme et diaphragmatique assure un meilleur équilibre émotionnel.
En respirant amplement, on détend les muscles intercostaux et on libère la cage thoracique, crispations souvent liées à la peur, la timidité, la rigidité morale, … Une respiration complète, équilibrée et stable (enracinement), permet la prise de conscience de l’individu dans sa globalité. Respiration et enracinement Se relaxer debout est une chose étrange, mais essentielle car adaptée au réel. Quand il y a difficulté, tension, mal-être, c’est en relation avec soi, les autres ou le monde. La position première est alors la station debout. Difficile position, lieu d’un dilemme entre exigences extérieures et ressentis intérieurs : être présent à soi et au monde. Position juste que l’enfant possède, installé dans son centre de gravité mais pervertie par les enjeux de nos exigences, celles des autres ou du monde qui nous entoure.
Se recentrer, c’est se retrouver pleinement : homme debout, responsable, libéré, en pleine confiance, installé autant en lui-même que dans le monde qui l’entoure, ressentant un juste équilibre entre être et paraître, entre présence à soi et au monde. Le hara : il
s’agit du centre de gravité originel, expérimenté
par l’enfant qui se tient debout, le bas-ventre. Naturel, ce centre a été
expérimenté et vécu par tous. Là encore, il
ne s’agit pas d’une construction de l’esprit ou d’une démarche artificielle
mais d’un retour au source.
Illustration
: Centre de gravité bas, respiration ventrale, jambes légèrement
pliées ne gardant que les tensions nécessaires, pieds bien
en appui sur le sol, assise du bassin.
Les apports des techniques psychocorporelles Relaxation - Prendre conscience des tensions, apprendre à les réguler. Ceci entraîne une meilleure connaissance de soi, des différents états que l’on peut traverser ou vivre, nourrit détente, conscience de soi et confiance. - Réhabiliter certaines parties du corps oubliées ou muettes et ainsi favoriser le dosage des dépenses d’énergie et des tensions qui en naissent, équilibrant l'individu dans ses sensations. - Se sentir bien dans sa peau, équilibré, ce qui favorisera une juste attitude face aux éléments perturbateurs. Par voie de conséquence, renforcement de la personnalité, de la confiance en soi… - Développement
des capacités d’éveil. « S’éveiller à
» , c’est porter son attention sur un phénomène nouveau.
En relaxation, l’attention est portée sur le corps. Habituellement,
on ne porte attention à son corps qu’en cas de plaisir intense ou,
plus fréquemment lorsqu’il souffre, se manifeste de manière
négative. On « pose » son attention, on découvre
pour la simple découverte, pleinement. Il ne s’agit pas d’une attention
instinctive ou spontanée, mais d’une expérience vécue
en pleine conscience, être complètement présent à
ce qui se produit, mais sans tension ou volontarisme. Etre là tout
simplement.
Travail respiratoire - La respiration a une fonction régulatrice de la part émotionnelle de l’anxiété, prépondérante. - Respirer consciemment, c’est libérer les tensions internes, oxygéner le cerveau, le corps. - En respirant « ventralement » on réhabilite la part instinctive du corps, oubliée. - Quitter le rythme extérieur pour être attentif à son rythme intérieur : la respiration est un formidable outil de lâcher-prise. - Maîtriser
les enjeux émotionnels de la vie en relation (prise de parole, enracinement,
confiance en soi).
Sophrologie - D’un point de vue physiologique, l’individu apprend à détecter, reconnaître et anticiper les réactions organiques qui accompagnent l'anxiété et ainsi à les dissoudre avant qu'elles n'atteignent leur paroxysme. La relaxation dynamique apporte les sensations nécessaires à cette maîtrise. Le schéma corporel vécu dans sa globalité, sa connaissance et celle de la relaxation permettent de soulager les parties du corps qui supportaient à elles seules toutes les tensions. - L’état alpha, état de détente est obtenu de plus en plus aisément et de plus en plus rapidement jusqu’à un effet quasi-instantané. Il permet à l’individu au cours de la journée, d’expulser les tensions, de recharger ses forces et ses défenses. - La sophrologie en développant les potentiels de l’être humain, ces capacités de calme, de sérénité, de confiance en lui, de maîtrise de son corps, développe l’individu mais aussi, en inter-relation, modifie la manière dont il est perçu par les autres. Au delà d'une réducation musculaire ou respiratoire, les rapports de l’individu avec le monde sont recadrés, mais aussi ceux du monde avec l’individu. "L'homme
descend du songe." A. Blondin
Intolérance à l'incertitude
" Il ne me
trouve pas intéressant"
Il parait donc
justifié de poser tout d'abord l'anxiété comme un
trouble cognitif. Les cognitions étant ici, les pensées,
représentations, images mentales... Les manifestations anxieuses
qui suivent témoignent d'ailleurs de cette dimension cognitive :
Dans le cadre de la phobie sociale,
l'intolérance à l'incertitude va se manifester entre autres
chez l'individu au regard de sa performance et de ce que les autres peuvent
en juger (car un jugement est supposé). Les informations n'étant
pas nécessairement claires et accessibles, ce qui rend l'incertitude
intolérable, le sujet va mettre en place tout un système
d'évaluation de la situation, pour établir une illusion
de contrôle sur ce qui est en train de se passer, tout un ensemble
de schémas, postulats, distorsions de la réalité et
de pensées automatiques, sensées diminuer l'anxiété
mais augmentant en fait le phénomène.
Dimension cognitive de l’anxiété L’approche
cognitive propose une vision globale du processus qui mène à
un trouble tel l’anxiété.
L’étape cognitive est donc essentielle. Ca n’est pas ici la réalité qui pose problème mais ce qui en est pensé. On ressent ce que l'on pense.
Les 3 points essentiels du traitement cognitif de l’information vont être développés. Ils constituent également la colonne vertébrale d’une prise en charge thérapeutique. Dimension cognitive du sujet ou « Comment traitons-nous les informations » : 1)
Schémas, postulats, croyances et inconscient
Les termes « schéma », « postulat », « croyance » sont employés indifféremment selon les auteurs. Ces schémas sont des composants stables, mis en place essentiellement lors d’expérience pendant la petite enfance. Ces schémas sont inconscients. Avec le terme inconscient, nous sommes loin de l’emploi psychanalytique. Il faudrait plutôt le rapprocher du sens de mémoire à long terme, inexact mais moins ambigu. Au gré de notre histoire, de notre sensibilité, de stress répétés pendant l’enfance, de traumatismes, d’exemples familiaux ou sociaux, nous emmagasinons tous des informations diverses dans la mémoire à long terme. Ses informations, dysfonctionnelles dans le cas de l’anxiété, sont stockées sous la forme de postulats, schémas… Dans le cadre de l’anxiété, ces schémas reflèteront souvent : -
Une vision menaçante du monde extérieur
- Une vision défaillante du monde intérieur - Une vision péjorative du futur A travers le filtre de l’anxiété, « danger et contrôle », la vision de soi, des autres, du monde va s’orienter et faire naître de nouveaux postulats, schémas différents selon l’individu. Quelques exemples en reprenant les trois groupes essentiels :
Il y a trouble
comme l'anxiété lorsque ces schémas sont inadaptés
aux bien-être.
- un schéma
parait indiscutable et rigide
Ces schémas
cognitifs constituent le "domaine de définition" du trouble. Ils
sont fondés sur un traitement dysfonctionnel de l'information, s'auto-renforcent
et sont en partie inconcient. Il s'agira donc de les remettre en cause,
de manière rationnelle et consciente dans un entretien de thérapie
cognitive ou de manière inconsciente avec l'hypnose ericksonienne.
2) Processus, distorsions Chez le sujet anxieux, une distorsion s’opère au stade cognitif. La lecture de la réalité s’éloigne dangereusement de la réalité elle-même. C’est ce que l'on appelle une lecture dysfonctionnelle. A titre d’exemple, quelques pensées dysfonctionnelles : - Lectures
de pensées : l’individu pense savoir ce que pensent les autres
sur lui-même.
- Affirmation
sans preuve : ce sont la plupart du temps des prédictions aléatoires,
à la forme négative.
- Maximalisation
et minimalisation : dans le cadre du stress, tendance à sur-estimer
les échecs, à sous-estimer les réussites.
- Généralisation
: généralisations abusives.
- Tout ou
rien : dans le cadre du stress, par exemple, ne penser qu’en terme
de réussite.
- Déduction
abusive ou sélective : tendance à ne retenir que ce qui
sert l’idée anxiogène ou stressante, en le sortant de son
contexte.
- Personnalisation
excessive des événements : ramener les événements
à soi.
On le voit, dans la phobie sociale, la réalité est distordue. Il est nécessaire de mettre en valeur et de faire prendre conscience au sujet de ces erreurs de traitement de l'information, pour ensuite les recadrer en mettant en place une lecture plus rationnelle de la réalité. 3) Pensées
automatiques
Pensées
automatiques : ce mode de pensée n’est pas contrôlé
ou conscient.
Ex : « ça n’arrive qu’à moi », «de toute façon je vais me planter », «il ne me supporte pas … » Ce mode de
pensée est donc automatique, immuable et constant : la pensée
contrôle le sujet
Pensées rationnelles : mode de pensée contrôlé et conscient (autant que cela est possible et envisageable). Il s’agit d’une pensée intentionnelle, plus ponctuelle. Face à un événement, on ne réagit pas automatiquement, on ne se laisse pas influencer par un vécu, des interprétations abusives et mécaniques. On prend du recul, on recherche une démarche logique et rationnelle : Le sujet contrôle la pensée. Du choix entre
ces deux modes de réponses de la pensée dépend l'équilibre
du sujet.
La démarche cognitive propose de s’interroger sur ces pensées automatiques et leur mise en place, pour, dans un second temps les remplacer par des observations plus rationnelles et conformes à la réalité. Le sujet reprend le contrôle de ses pensées et de leur pertinence. Remettre en
cause ses a-priori, c’est se permettre de repartir sur de nouvelles bases,
de rendre possible le changement, de générer d’autres comportements
chez soi et, en interrelation chez les autres. La pensée anxieuse
entre autres dans la phobie sociale :
Croyances Les croyances sont des règles généralisantes établies par l’individu sur lui-même, les autres et le monde. Les croyances vont donc conditionner et orienter l’appréhension de la réalité. Les croyances constituent en quelque sorte la trame de la carte de la réalité du sujet. En cela, elles n’émergent que peu ou pas à la conscience. Une des démarches utiles en thérapie va être de mettre à jour ces représentions du monde. Nous avons tous des croyances Ces croyances peuvent être des croyances ressources (favorisant la performance), des croyances neutres et des croyances limitantes (nuisant à la performance). Cette vision du monde est un filtre qui s’installe entre le sujet et la réalité et conditionne donc pensées, émotions (états internes) et comportements, dans un système qui s’auto-renforce et s’auto-valide : Auto-renforcement et auto-validation L’être humain a besoin de cohérence
et de logique. Aussi le sujet va s’organiser en fonction de ses croyances
et inconsciemment filtrer les informations qui viennent valider et renforcer
le système de représentation du monde. Ce tri va se muer
à certains moments en une démarche de distorsion de la réalité
pour qu’elle vienne convenir aux croyances personnelles (« Tu vois,
je te l’avais dit ! »). Ce besoin de confirmer les représentations
et stéréotypes internes va conduire le sujet à créer
sa réalité, dans une boucle cognitive, émotionnelle
et comportementale automatique.
Si la boucle se construit sur des croyances ressources, positives, le sujet s’inscrit dans une logique interne de bien-être, réussite, de performance… Si la boucle se construit sur des croyances limitantes, négatives, le sujet évolue dans une logique interne de mal-être, d’échec ou d’inefficacité. Exemple de boucle : La prise de conscience de ces boucles
constitue également une étape importante dans la remise en
cause de la phobie sociale.
Croyances et apprentissages Dans
les paragraphes précédents, nous venons de voir que c’est
en fonction de ce que nous pensons du monde que nous orientons nos choix.
Cette connaissance se construit selon divers processus qui prendront selon
le cas, une forme limitante ou enrichissante. Chacun se construit sa carte
du monde, nous n’agissons pas sur la réalité mais sur la
représentation qu’on en a. Cette nature non-logique et constitutive
de l’ego entraine nécessairement des dysfonctionnements. Parmi ceux-ci,
nous en retiendrons trois familles, prépondérantes, proposées
par la programmation neuro-linguistique et qui viennent complèter
la démarche cognitive :
1)
Généralisation (mise en place des croyances, des jugements
de valeurs) : c’est le processus qui vise à tirer une leçon
générale d’événements particuliers, premier
filtre entre nous et la réalité. Ainsi, on établit
des croyances, jugements de valeur.
Construite
sur des événements du passé, la généralisation
permet d’installer une illusion de contrôle, illusion de comprendre
le présent et de prévoir l’avenir. On entrevoit aisément
à la fois son effet rassurant à court terme mais aussi son
effet pernicieux à moyen et long terme.
2)
Sélection omissions et distorsions : Ayant mis en place des
croyances, on sélectionne ce qui vient confirmer le système,
renforcer les croyances. On en vient à distordre l’information
pour qu’elle puisse entrer dans ce cadre de référence.
3)
Filtres
Nous
filtrons donc la réalité, cela plutôt trois fois qu’une
:
-
Filtre neurologique : notre perception de l’extérieur dépend
de notre cerveau, de notre système nerveux, de la perception par
les sens…
-
Filtre culturel, social : nous apprécions la réalité
selon les critères du groupe auquel nous appartenons.
-
Filtre personnel : chaque individu est unique, aura donc une conceptualisation
du réel personnelle en fonction de ses différentes expériences
(éducation, influence familiale, sociale, événements
de vie…)
Un
des buts en thérapie de la phobie sociale sera donc d’observer la
carte du monde établie par le sujet et de la recadrer de manière
adaptée au bien-être en ouvrant l'éventail de ses choix,
des lectures possibles. Ceci implique une synchronisation du thérapeute
sur le client, car pour en faire évoluer les frontières,
il faut s'installer dans le territoire. Le thérapeute docte, conseilleur
ou mentor n'a que peu de chance d'y parvenir.
Scénario catastrophe Ce n’est donc pas le monde qui importe, dans le domaine de l’anxiété, mais la carte que l’on en fait. Schémas, postulas, pensées automatiques s’installent comme de multiples filtres entre l’individu et la réalité. Dans le cadre de la phobie sociale, le « scénario catastrophe ». Une technique appelée flèche descendante (cf illustration ci-contre) met bien en valeur ce processus. A chaque « intersection », l’hypothèse la plus négative est choisie, pour prendre le monopole. Cette tendance se développe, devient automatique et inconsciente. La lecture de la réalité devient une lecture-catastrophe. Exemple de processus anxieux :
La flêche descendante est à explorer dans son intégralité, le sujet prenant conscience de la faible probabilité de ce qui est appréhendé, des multiples embranchements et de la nature extrême et souvent irrationnelle voire absurde des options choisies. Elle permet également de prendre
en compte le véritable enjeu de la situation souvent sous-jacent.
Par exemple :
Anxiété sociale et objectif Pour une bonne partie de la population ayant à souffrir d’anxiété sociale, la notion d’objectif est importante. Dans de nombreux cas, si bien sur elle ne se résume pas à cela, un des composants essentiels de l’anxiété sociale est très fréquemment l’anxiété de performance. La « peur de ne pas être à la hauteur ». Elle est souvent manifeste. Mais on ne se demande que très rarement : « à la hauteur » de quoi, de qui ? En matière de performance, l’objectif est important. Adapté, il porte et encourage la performance, inadapté, il torpille la performance. Et en matière d’anxiété sociale, l’objectif est souvent inadapté, car irréaliste, flou… Absolu et insatisfaction
Comment se phénomène se construit ? Quelques idées : Ces schémas sont sociaux et culturels : « toujours plus jamais assez » pourrait être la devise de quelques millions de personnes. L’entraîneur de foot braillant, vociférant sur la touche ou le prof de latin et son « peut mieux faire » à quelqu’un qui a des notes honorables, participent au phénomène. Et comme quelques-uns, s’ils ne sont pas dégoûtés par le foot ou le latin, réussissent (malgré tout) a être performant, cela conforte tout ce petit monde dans ces schémas. « Tu vois, il y arrive, j’ai eu raison d’être exigeant. » Il y a là une erreur d’analyse, car ceux qui réussissent ne le font pas grâce à ces schémas, mais malgré ceux-ci et au regard de leurs qualités et ressources personnelles. L’entourage familial apporte sa pierre à l’édifice. Cela peut se passer comme ça : un enfant fait un dessin et va le montrer à un de ses parents. 1) Si le parent fait un compliment, cela encourage l’enfant à dessiner et à développer ses compétences. Tout cela nourrit la confiance en soi. 2) Si le parent n’apporte pas d’appréciation un tant soit peu positive, ne dit rien ou critique, l’enfant va avoir l’impression de ne pas en avoir fait assez. Il va améliorer son dessin - ne va pas avoir de compliment – va avoir l’impression de ne pas en avoir fait assez - améliorer son dessin - ne pas avoir de compliment – va avoir l’impression de ne pas en avoir fait assez… Le compliment devient virtuel, absolu. Et la quête d'absolu peut durer longtemps. Dans le domaine de l’anxiété
sociale, on se trouve donc assez souvent au contact de personnes en recherche
de cet absolu, par définition inaccessible. Ils n’obtiendront pas
le compliment mais aussi, effet secondaire et pernicieux, ne jugeront
pas recevables les compliments et attentions de la vie courante qui sont
eux, parfaitement réels mais bien fades au regard de la quête
du St graal : « non, c’est rien », « c’était facile,
tout le monde peut le faire ». En résumé, il y a donc
recherche par nature insatisfaisante et génératrice d’anxiété
d’un compliment virtuel, au détriment d’autres compliments, informations
réelles et fondatrices de l’estime de soi et la confiance que le
sujet s’accorde.
Lacune "objectivale" Dans ce climat d’insatisfaction chronique, l’objectif établi avant une performance sociale, risque fort d’être également absolu et inaccessible. C'est-à-dire tout le contraire de ce que doit être un objectif générateur de performance. Il est alors tout à fait normal et naturel d’appréhender, de mettre en place des stratégies d’anticipation anxieuse ou d’évitement, de se découvrir des inhibitions et blocages divers au moment de gravir un « Everest personnel ». Cette lacune « objectivale » de la performance dans l’anxiété sociale est intéressante car recadre le débat dans le réel, à mi-chemin parfois entre la thérapie et le coaching. Le relevé des distorsions opérées par le sujet, établit d’autre part une esquisse de la genèse de son anxiété, facteurs sociaux et familiaux qui font quitter la sphère du trouble psychologique, pour celui, plus rassurant de l’apprentissage. Critères d’un objectif non anxiogène 1. L’objectif doit être important pour la personne et celle-ci doit considérer la réalisation de l’objectif comme salutaire. Pour ce qui nous préoccupe ici, la mutation cognitive est importante, un objectif modeste, diminuera l’anxiété de performance et paradoxalement, augmentera la qualité de la dite performance : « il est important pour moi d’avoir un objectif moins exigeant. C’est ainsi que ma prestation sera de qualité satisfaisante ». Si cette « mutation » est en place, l’investissement sera important. 2. Le paragraphe précédent entraîne que l’objectif doit être modeste, c’est-à-dire, susceptible d’être atteint, réaliste et réalisable. Chaque objectif atteint motive et impulse de l’espoir dans la capacité à évoluer, changer. 3. Un objectif doit être concret, précis et comportemental : ces critères sont importants, car ils permettent de vérifier que l’objectif a été atteint. « être bien » ou « donner un sens à ma vie » sont des objectifs flous, imprécis et par nature insatisfaisants car toujours perfectibles. Alors, aucun progrès n’est vérifiable. 4. Centration sur le début plutôt que sur la finalité. Un objectif doit décrire les premières petites étapes accessibles plutôt qu’une finalité absolue. "Pour être calme à cette réunion, je dois d’abord… » 5. Ne pas mésestimer la dureté
de l’objectif. Reconnaître sa difficulté :
6. Ecologie : on devra toujours vérifier si la satisfaction de l’objectif ne provoquera pas des effets secondaires indésirables, conscients ou inconscients qui viendraient bloquer la démarche. 7. Examen et développement des ressources. il est nécessaire d'identifier et de mettre en place les ressources nécessaires à la résolution de l’objectif : apprentissages, développement de compétences, exposition en imagination, …
ARTICLE EN COURS DE REDACTION
Bibliographie Les phobies sociales / D . Servant / Masson La peur des autres / C. André / Editions Odile Jacob La timidité
/ L. Crawford / j’ai lu
Réussir
à surmonter le trac / JY Bellego / Ellébore
Les phobies,
perspectives nouvelles / J. Cottraux, E. Mollard / PUF
Ces pages seront développées au fil
du temps
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