Bégaiement
Peut-être quelques visiteurs trouveront curieux de trouver un dossier sur le bégaiement sur un site traitant de l'anxiété sociale. Le bégaiement est considéré comme un trouble de la communication. Mais la parenté avec les troubles anxieux est évidente. Cette page décrit ma démarche dans le cadre de cette difficulté. Définition, chiffres "Trouble de l'élocution dans lequel certaines syllabes sont répétées, d'autres ne peuvent être prononcées." Trouver une telle définition dans un dictionnaire psychologique est révélateur des progrès à réaliser dans l'abord de ce trouble. Mais la définition actuelle de trouble de la communication, bien que témoignant de plus d'ouverture, est tout aussi insatisfaisante. L'orthophonie opère un astucieux compromis avec cette définition : "trouble de la communication qui affecte la parole". Donc on sait pas trop mais on ratisse large (ou plutôt on croit ratisser large, mais le rateau est en fait une fourchette édentée). Nous avons simplement un individu, qui, en raison de divers facteurs, a mis en place le phénomène du bégaiement, celà bien sur inconsciemment. Le bégaiement est la fin d'un processus, avant de s'auto-nourrir et de se chroniciser. Le bégaiement représente
à peu près 600000 personnes en France, les 3/4 de sexe masculin.
Comme de nombreux troubles, le bégaiement est le résultat le plus souvent d'un ensemble de facteurs : Facteur facilitants :
Facteurs chronicisants :
Cette série d'articles est là pour expliquer ce qui peut être fait dans la limite de mes connaissances et compétences.
Humilité Chaque thérapeute a son mot à dire. En même temps chaque thérapeute, s’il s’enferme dans sa technique, ne possède et n’a d’influence que sur une facette du problème (ce qui peut suffir dans certains cas). La personnalité du thérapeute (ouverte, disponible et inspirée) et l'alliance consultant-consulté (collaboration) sont donc prépondérantes. Une séance consacrée à une psychopathologie du langage, ne se prépare pas de manière mécanique, ne peut être planifiée. Elle se vit. Le rôle du thérapeute est de s’être donné les moyens théoriques, existentiels de cette « vivance », de cette rencontre. Un travail sur la globalité de l’être est nécessaire, pour le sujet mais aussi pour le thérapeute. Relation thérapeutique et efficacité La relation thérapeutique est souvent un malentendu. Le patient va voir un thérapeute pour que celui-ci le soigne. Et quand cela fonctionne, ça ne se passe pas comme ça. Médecine paternaliste et dirigismes thérapeutiques de tous poils sont hélas légion et « condamnent » la démarche thérapeutique avant qu’elle n’ait commencé. On ne peut pas déterminer de manière absolue quand ça marche, quoique les éléments fondateurs soient assez nets, mais on peut par contre déterminer quand ça ne marche pas, ce qui n’est déjà pas si mal. A. Korzybski, linguiste, a écrit un jour : « la carte n’est pas le territoire ». Autrement dit, il y a une réalité objective, inaccessible d’ailleurs, réalité dont nous avons tous une lecture différente. Chacun perçoit à sa façon ce qui se passe (canaux de perception, schéma de représentation, processus cognitifs, langage…). Le premier but de la relation thérapeutique, pour qu’elle soit efficiente, est de trouver un territoire commun. Sinon, autant rentrer chez soi. Les thérapies paternalistes ou dirigistes évoquées plus avant partent du principe qu’il y a une carte meilleure que l’autre. Le thérapeute impose sa carte, au lieu de travailler sur celle de son patient, repérer ce qui est inadapté ou incomplet… Pourquoi le thérapeute
impose sa carte ?
- Il est proprement incapable de
sortir de sa carte
Comment entrer dans la carte du
patient ?
- Etre synchro (synchronisation posturale,
langagière, cognitive…)
ex :
«- Je viens vous voir parce
que je bégaie
La relation se continue en posant les bases de la carte du sujet : son problème, ses objectifs et ses ressources. Le reste ne respecte pas l’écologie du sujet et sera arbitraire, « non-écologique » et donc superficiel et inefficace (ou peu durable). Le patient a besoin de préciser son problème, de définir son (ou es objectifs) et de découvrir ses ressources. L’irrespect de cette carte est d’ailleurs un des fondements majeurs de l’inefficacité en santé mentale. Relation thérapeutique et changement On parlera, influence systémique,
schématiquement, de position basse et de position haute.
Le malentendu évoqué au début de ce paragraphe s’engramme ici. On a une position haute qui pense détenir le pouvoir des opérations, alors que c’est la position basse qui dirige. En effet, si elle n’était pas basse, il n’y aurait pas de relation thérapeutique et/ou pas de thérapie du tout. Pour que le sujet en position basse quitte sa place dans la relation, il est nécessaire qu’il ait les moyens et ressources de monter et que l’autre accepte de descendre. Sinon, la situation perdure (principe des malades abonnés perpétuels au médecin ou des thérapies qui s’enlisent alors qu’on n’a plus rien à dire et que le problème est en fait parfois réglé). Normalement conscient de ces mécanismes, la responsabilité du thérapeute est là : accepter de descendre et permettre au patient de monter, à la relation d’évoluer. Là, savoir, technique et expérience vont devenir opérationnels et efficaces car ils vont être installés dans la carte du sujet et orientés vers l’autonomie.
Approche multifocale ou intégrative - Aperçu I. Thérapie du changement : recadrage II.
Techniques psycho-corporelles : apprentissage de la détente,
maîtrise du corps.
III. Thérapie cognitivo-comportementale : restructuration des structures de pensées (distorsions, pensées automatiques), désensibilisation aux situations anxiogènes. IV. Hypnose ericksonienne et PNL : travailler avec les ressources inconscientes, remettre en cause les automatismes en élaborant d'autres solutions, observer et modifier les représentations mentales... V. Approche systémique : travailler avec l'entourage famillial ou éducatif, l'éduquer ou le guider. Recadrer les relations. VI. Communication : apprendre la vie en relation, l'identification et l'expression des émotions, l'affirmation de soi... VII. Art-thérapie,
expression corporelle : communication non verbale. Ouverture d’autres canaux
de communication.
I. RECADRAGE En matière de thérapie, le recadrage est un élément fondateur. Le sujet qui bégaie vit souvent plusieurs expériences thérapeutiques, plus ou moins réussies. Il ne suffit pas que les techniques soient différentes ou nouvelles. Le point de vue doit l’être tout autant. L'important est de ne pas considérer le sujet qui bégaie en tant que tel. Ce serait réduire un individu à un symptôme. Le sujet en proie a ce trouble peut être considéré comme un hypersensible. La littérature ou les recherches en matière d’hypersensibilité sont peu importantes en comparaison avec celles sur le bégaiement, l’anxiété, le stress, la timidité, les phobies, les complexes, les inhibitions, … L’intérêt de l’évocation de l’hypersensibilité est de provoquer le recadrage précédemment évoqué. Le sujet se révèle donc un hypersensible qui, au cours de sa vie, se heurte à une tendance acquise, le bégaiement. Le problème et la manière de l’aborder sont recadrés. L’hypersensibilité est un atout important, car, au contraire du bégaiement, elle a des avantages : - les hypersensibles sont capables de ressentir des degrés de stimulation qui échappent aux autres. Quelque part, juste avant ou dans le cerveau, les informations perçoivent un traitement plus méticuleux. - les hypersensibles réfléchissent d’avantage à ce qui les entoure. Cette sensibilisation accrue au monde subtil génère l’intuition, traitement de l’information semi-consciente, voire inconsciente. - l’hypersensible
sait sans trop savoir pourquoi mais il sait, plus souvent et avant que
les autres.
Le phénomène du bégaiement est donc alors le résultat d’expériences négatives vécues dans un état d’activation intense de cette hypersensibilté : - Le bégaiement est alors une tendance acquise, un apprentissage. Tout apprentissage peut se remettre en cause. - Le bégaiement n'est pas un état, immobile et définitif. Il est fluctuant : il laisse des moments de répit. - L'hypersensibilité
qui génère un terrain favorable au bégaiement est
un atout si on la considère de manière globale (attention)
et non du seul point de vue (focalisation) du travers qu'est le bégaiement.
Tout est donc possible.
Considérant
qu’il s’agit d’une tendance acquise, il est donc nécessaire de s'attacher
à remettre en cause ces apprentissages, réactions conscientes,
inconscientes, cognitives, comportementales, musculaires, psychosensorielles,
…, permettant au sujet d’accéder à ses ressources, de mettre
en place d'autres compétences, d'autres systèmes de représentation
et d'élargir son champ de conscience hors de celui, restreint, de
son symptôme.
La relaxation
n’est pas une activité ramollissante de salon. « Relaxer »
a la même origine étymologique que « libérer
» (on emploie d’ailleurs le terme « relaxer », pour un
prisonnier qu’on libère).
L’individu qui bégaie veut changer Tout changement
est issu d’un apprentissage. Tout apprentissage et sa réussite sont
conditionnés par la capacité de l’individu à
lâcher-prise : capacité du sujet à se dégager
de son problème, des idées préconçues, conditionnements
sociaux, présupposés, déterminismes sociaux et familiaux,
traumatismes, …
Schéma corporel et monde des sensations Toute difficulté
psychologique naît d’une dysharmonie du sujet :
Le premier support du sujet est le corps. Toute dysharmonie passe par une représentation limitante, déformée ou quasiment absente du corps. Le schéma corporel en tant que réalité vécue, principe cher à la Sophrologie est un outil appréciable, accompagné d’idées « vittoziennes » (rééducation psychosensorielle). La reconnaissance
du schéma corporel et du monde des sensations élargit le
champ de conscience de l’individu. Sensations corporelles, maîtrise
de soi, gestion du stress, capacités d’adaptation, confiance en
soi, …
Le sujet qui bégaie est un sujet tendu Le relâchement,
tout comme la tension sont des états naturels.
Se relaxer
n’est donc pas un phénomène artificiel ou extérieur.
Il s’agit de retrouver et de libérer des compétences perverties
par l’histoire de l’individu : la relaxation existe en nous de manière
naturelle, se relaxer, c’est donc aussi progresser dans la connaissance
de soi-même.
Le dialogue tonique La physiologie de l’individu présente deux types de muscles : - Muscles lisses (ou muscles blancs) : leur contraction est autonome, involontaire ou soumise au système nerveux végétatif. - Muscles striés (ou muscles rouges ou muscles squelettiques) : unissant les os, ils permettent la mobilité du sujet. La contraction de ces muscles est volontaire, soumise au contrôle cérébral. Ce sont les muscles striés, muscles volontaires, qui nous intéressent ici. Ces muscles sont maintenus dans un état de contraction partiel mais permanent : le tonus musculaire, qui permet par exemple de maintenir le corps dans une situation donnée. Ce seuil minimal de contraction est bien entendu variable selon l’individu. Les chocs, émotions agissent sur la fonction tonique du muscle, d’où l’importance de l’apprentissage de sa régulation en relaxation. Selon ses capacités, le sujet répondra de deux manières à une agression : - Dérèglement
du tonus musculaire : agressé, le sujet se contracte exagérément.
Cette dépense d’énergie ne lui permet pas d’agir correctement
pour résoudre le problème. D’autres sollicitations surgissent.
N’ayant pas retrouvé tout son tonus musculaire, cette nouvelle agression
est encore plus mal vécue que la précédente… La tension
devient chronique.
c) Fonction et dialogue tonique La fonction tonique est au centre de la vie de chaque individu. Dans ses relation avec lui même, mais aussi avec son environnement. Dans ce cadre, la relation à soi et au monde dépend essentiellement du dialogue tonique que l’individu peut mettre en place. Répondre aux demandes de manière sereine, dans un corps libre et épanoui, établir une relation non-tensionnelle. Ce dialogue est autant physiologique que psychologique. C’est d’ailleurs là une de ses spécificités. Réconciliant intellect et corporalité, il apporte à l’individu une juste et libre appréciation de la vie en relation. La maîtrise de ce dialogue est le but de la relaxation. Tensions instinctives, émotionnelles et intellectuelles Sophrologie et Relaxation se proposent de réduire les tensions et de les équilibrer : construire une image corporelle entière, qui réhabilite certaines parties du corps pour en soulager d’autres. Tensions corporelles et bégaiement : essentiellement émotionnelles - Crispation
des mâchoires
La phonation Lorsque, consciemment ou non, nous inspirons l’air par le nez ou la bouche, les muscles scapulaires (diaphragme), abdominaux et de la cage thoracique provoquent l’augmentation du volume pulmonaire. Quand ces muscles se relâchent, les poumons se vident. Lorsque nous
parlons ou chantons, c’est sur l’expiration.
Souffle et voix font intervenir de nombreux éléments, de nombreux muscles. Les inter-actions sont multiples. Un système respiration-voix efficace dépend essentiellement de la synergie de ces systèmes musculaires, c’est-à-dire d’une action conjuguée adéquate. Cette synergie,
ce rapport étroit ne sont pas forcément ressentis. Le sujet
qui bégaie n’a pas ou peu conscience de cette relation.
L’air, circule
par la trachée. Si l’on a l’intention d’émettre un son, les
muscles du cou et du larynx, au passage de l’air, sollicitent les cordes
vocales qui se tendent et ne laissent plus qu’un passage étroit.
L’air
De la fréquence
de ces vibrations dépend la hauteur du son produit.
Une fois produit,
le son est d’abord développé par l’ouverture de la gorge,
notamment les harmoniques
Ouverture de
gorge, cavité buccale, mobilité du voile du palais et fosses
nasales sont les facteurs et outils
d. Schéma
récapitulatif :
La respiration
Le bégaiement n’est pas un problème essentiellement respiratoire. Mais la respiration du sujet qui bégaie est dysfonctionnelle, à l'image d’ailleurs de celle de la plupart de nos contemporains. Nous parlons plus ou moins sur l’expiration, mais comme dans tout problème, l’origine est souvent dans le traitement de l’épreuve précédente. Anticipation, appréhension n’arrangent rien à la qualité du geste inspiratoire, négligé. L’élément essentiel de la respiration est le diaphragme. L’abaissement de celui-ci développe le volume pulmonaire. De manière idéale, la respiration doit être initialement abdominale (la dilatation abdominale permettant la descente du diaphragme), puis thoracique basse et enfin thoracique haute. La sensation respiratoire doit se dérouler ainsi : ventre, thorax et épaules, ou respiration des trois étages, respiration complête. Cette respiration naturelle que l’on peut observer chez les bébés, les adultes pendant leur sommeil ou les animaux est peu à peu pervertie : l’homme moderne en proie à un stress, une émotion respire thoraciquement comme un nageur paniqué qui remonte à la surface. Concrêtement
:
Trouble et corporalité Qui dit trouble
dit difficultés, déséquilibres psycho-corporels :
Les techniques psycho-corporelles sont largement abordées sur ce site. Il semble évident que la connaissance de soi s’établit tout d’abord à travers la rencontre avec le premier support : le corps. Schéma corporel, monde des sensations sont des outils de construction, de restructuration. Connaître, ressentir, apprécier sa dimension corporelle, développer sa dimension sensorielle sont des outil à prendre conscience. Prendre conscience de ce que l’on est, ici et maintenant, corporalité et sensorialité au présent. Idées qui peuvent surprendre mais correspondent à la manière de fonctionner de chaque individu avant la conceptualisation par le langage et la prise de pouvoir de la rationalisation excessive. Aller à
la rencontre de son corps
Pertinence des techniques psycho-corporelles Il ne s'agit pas ici de d'écrire que les techniques psycho-corporelles sont la solution au bégaiement. Savoir se détendre, respirer correctement n'est pas focément suffisant. Mais ces connaissances, ces compétences fondent l'individu, son rapport à lui-même, aux autres et au monde qui l'entoure et peuvent être de plus pertinentes à un moment ou à un autre de l'évolution de la personne qui bégaie. Quand processus inconscients, automatiques, processus cognitifs, comportementaux, données systémiques... sont en évolution, lorsque l'on commence à émerger des différents conditionnements, ces connaissances, compétences peuvent être un atout supplémentaire dans la démarche de changement. Ces techniques permettent d'asseoir dans le conscient l'évolution, d'élargir le champ de conscience, de s'approprier les progrès et de participer à leur développement. Présentation L’approche cognitivo-comportementale (pour parler simplement, l’analyse des pensées, croyances et des comportements qu’elles provoquent) est un élément essentiel et fondateur de toute démarche thérapeutique. Chaque être
humain vit des situations. Ces situations sont interprétées
par l'intermédiaire de pensées (autoverbalisations) ou d'images
mentales (dialogue intérieur).
Le système cognitivo-comportemental de l'individu pourrait être représenté comme suit :
Les thérapies
cognitives et comportementales étudient ce système, mettent
en valeur des disfonctionnement ou distorsions au niveau cognitif (pensées,
...). L'approche cognitive a pour but de restructurer ces schémas.
Anxiété sociale Il est à mon avis difficile d'évoquer le bégaiement sans aborder la structure cognitive et comportementale de l'anxiété sociale. Le terme d'"anxiété sociale" désigne ici le phénomène anxieux associé aux situations sociales et/ou de performance. L'anxiété sociale s'étire sur un large panel allant du trac à la phobie sociale.
Anxiété de performance : face à un observateur, au centre de l’attention, perte des moyens et ressources : anxiété de performance Anxiété
d’interaction : se sentir évalué dans une relation et
à son désavantage. Perte du statut d’interlocuteur valable
: anxiété relationnelle.
- Chez l'enfant
:
L’anxiété sociale est multiforme : - Le trac : appelé également anxiété de performance. Il s’agit d’un phénomène ponctuel. Le sujet n’est pas dans une situation relationnelle proprement dite (deux ou plusieurs individus qui communiquent). Il est seul face à d’autres. Ici, c’est le regard de l’autre qui pose problème pendant la situation de performance (exposé, concert, …).Le trac ou anxiété de performance est universel : habitude émotionnelle, trouble ou pathologie ? Ces degrés sont divers, plus ou moins handicapants, donc, plus ou moins pathologiques. - La timidité : la timidité, terme flou pouvant décrire des manifestations, façons-d’être bien différentes, est plus souvent considérée comme un trait de personnalité acquis. Phénomène constant dans les relations inter-personnelles qui s'atténue avec l'apprentissage de nouvelles compétences. - La phobie
sociale : contrairement à la timidité, elle peut apparaître
en dehors de tout trait de personnalité apparent. Elle n’est pas
constante et dépend de l’importance que le sujet lui accorde.
Que peut-on en retenir? La phobie sociale
a en commun avec la timidité : la situation (sociale)
Les particularismes
de la phobie sociale :
1. Symptômes - Symptômes physiologiques : tensions et manifestations neuro-végétatives disproportionnées : tensions musculaires, douleurs musculaires, fatigue, tremblement, sensation d’étouffement, tachycardie, sécheresse de la bouche, … - Symptômes
cognitifs : hypervigilance, focalisation, hyperconscience de soi et par
voie de conséquence, difficulté de concentration, de mémoire
(trou noir) distorsions cognitives (lecture de la réalité
éloignée de la réalité elle-même)…
- Symptômes
comportementaux : conduites d’évitement direct ou subtil, vérifications,
inhibition, hyperactivité.
2. Pathologie Nous l’avons vu, il convient tout d’abord de différencier timidité , non pathologique, fréquente pendant l’enfance ou l’adolescence et phobie sociale qui crée souffrance, détresse intense. Pourquoi la
phobie sociale est pathologique ?
3. Sentiment d’incompétence - Peur de l’observation
d’autrui
La démarche
doit donc être autant pédagogique que thérapeutique
: acquérir les compétences suffisantes. Tout sentiment d’incompétence
peut se corriger par un apprentissage.
1. Modèle comportemental L'anxiété sociale résulte d'un apprentissage. Deux cas de
figure :
- Apprentissage non référencé : le sujet n'a pas de références, d'exemples d'un comportement social adapté. 2. Modèle cognitif L'anxiété sociale nait d'un mauvais traitement de l'information : - Le danger
vécu, expérimenté est intégré (stress
chronique durant l'enfance, exemple familial et/ou social d'anxiété,
traumatismes divers)
- Un sujet
phobique social a une conscience déformée de lui-même
: image négative et sous-évaluation.
Exemple de
schéma cognitif
F. Enfants, ados, anxiété sociale / Angoisse de séparation / Refus scolaire Les rapports
anxiété sociale/ Angoisse de séparation / refus scolaire
anxieux sont évidents mais encore peu précis.
Relations
phobie scolaire et phobie sociale : quelque essais de schémas
G. Mécanismes L’anxiété sociale est multiforme : trac, timidité, phobies sociales sont des phénomènes différents qui contiennent eux-mêmes une belle diversité. On peut néanmoins
dégager une ligne commune :
![]()
La peur du
regard de l’autre se « concrétise » psychologiquement
:
Cette peur du jugement est en relation avec des phénomènes et mécanismes divers
![]()
c) Peur de l’image de soi : le sujet qui souffre d’anxiété sociale a des difficultés à s’adresser des compliments sur ses performances. En découle un grand besoin de reconnaissance. Le désir de donner une bonne impression est donc fréquent. Le problème naît de la présence conjointe de cette ambition et de la peur de ne pas y parvenir. Désir et peur mêmés sont ici à la naissance du trouble. On peut ajouter à cela des exigences excessives que même des «non-anxieux sociaux» n’auraient pas. Les performances sont donc nécessairement insatisfaisantes. ![]() H. Anxiété sociale et comportements Les comportements
anxieux sont schématiquement au nombre de 4 : évitement,
inhibition, vérification, hyperactivité, avec une prédominance
des deux premiers, évitement et inhibition, dans le domaine des
difficultés sociales.
a) Evitement : les différentes peurs dont nous avons parlé conduisent l’individu à l’évitement plus ou moins développé des situations anxiogènes. ![]() b) Inhibition : l’inhibition représente l’altération ou le blocage d’une ou de plusieurs facultés ou compétences.
I. Anxiété sociale et anticipation anxieuse – Particularités L’anticipation
anxieuse se produit avant les situations-problèmes. Elle prend schématiquement
trois dimensions : psycho-corporelle, cognitive, comportementale. On peut
considérer que ces symptômes « font » partie du
vécu anxieux de la situation elle-même.
Ces caractéristiques
de l’anticipation sont valables dans le cadre de tous les troubles anxieux,
mais prennent une valeur particulière dans l’optique de l'anxiété
sociale.
L’anticipation anxieuse dans l'anxiété sociale s’inscrit donc dans un « fond » de réalité. Il est logique d’avoir peur : quand on est inhibé, on est « moins bon » socialement. Cet aspect
est à prendre en compte thérapeutiquement. Pour neutraliser
l’anticipation, il ne suffit pas de rassurer, de mettre à jour le
discours catastrophiste, les comportements dysfonctionnels ou d’expliquer
les manifestations corporelles, Il faut également développer
ses compétences sociales, dans tout ce que cela implique.
Dans le cas contraire, la peur sera quelque part « justifiée
».
L'anxiété 1. Les problèmes de l’anxiété et de son approche - Trouble sémantique : l’anxiété est un terme flou. Il n’a pas ou peu de connotations médicales ou pathologiques. - L’anxiété est tout d’abord perçue par l’individu et son entourage comme un trait de personnalité. « Tu es anxieux », dit-on, confondant tendance acquise et mouvante avec une caractéristique figée et naturelle. Ainsi, on est (ou l’on naît) hypersensible mais on devient anxieux. - L’anxiété apparaît en général dès l’adolescence, mais il se passe en général de nombreuses années avant que des consultations soient envisagées. - Les manifestations
somatiques qui accompagnent généralement l’anxiété
ne sont pas «spectaculaires ».
L'anxiété n'est pas naturelle. Il s'agit d'un apprentissage. Un apprentissage peut se remettre en cause. L'anxiété n'est pas un état, immobile et définitif. L'anxiété est fluctuante : elle laisse des moments de répit. L'hypersensibilité qui génère un terrain favorable à l'anxiété est un atout si on la considère de manière globale (attention) et non du seul point de vue (focalisation) du travers qu'est l'anxiété. Tout est donc possible. Croyances irrationnelles : - L’anxiété est un fait : « je suis comme ça ». Le sujet accepte son anxiété et la vit comme quelque chose d’immuable. Un autre comportement ne peut donc pas être envisagé. - L’anticipation
anxieuse permet la résolution du problème : illusion de contrôle
- L’anticipation
anxieuse permet de ne pas être déçu en cas d’échec
: illusion de maîtrise du futur.
4. Anxiété et comportements Réponses inadaptées face à une situation problème : Inhibition de l’action : blocage (psychologique ou physiologique) face, à la situation. « Je ne m’en sens pas capable » Evitement : « je fais tout pour ne pas me retrouver dans cette situation » Vérifications et rituels : « je me rassure en vérifiant, vérifiant, vérifiant… » La vérification devient un rituel, s’enrobe et se nourrit de croyances diverses. Actions inefficaces : «je m’agite en espérant que tout va rentrer dans l’ordre ». Ces conduites sont jugées dysfonctionnelles, car même si, dans un premier temps elle apportent parfois un mieux-être, à moyen et long terme elles augmentent la valeur anxiogène de la situation. Pendant qu’on s’agite, qu’on ne fait rien, qu’on évite ou qu’on vérifie indéfiniment, on ne développe pas les compétences nécessaires à l’adaptation à la situation problème.
Le terme d'intolérance
a l'incertitude parait judicieux dns le cadre de l'anxiété.
L’approche
cognitive propose une vision globale du processus qui mène à
un trouble tel l’anxiété.
Repris dans d’autre pages, le schéma de base : L’étape
cognitive est donc essentielle. Ca n’est pas ici la réalité
qui pose problème mais ce qui en est pensé.
Le même schéma avec l’étape cognitive (ce qui est pensé), un peu plus développée : ![]() Les trois points
essentiels du traitement cognitif de l’information vont être développés.
Ils constituent également la colonne vertébrale d’une prise
en charge thérapeutique. Dimension cognitive du sujet ou «
Comment traitons-nous les informations » :
Les termes « schéma », « postulat », « croyance » sont employés indifféremment selon les auteurs. Ces schémas sont des composants stables, mis en place essentiellement lors d’expérience pendant la petite enfance. Ces schémas sont inconscients. Avec le terme inconscient, nous sommes loin de l’emploi psychanalytique. Il faudrait plutôt le rapprocher du sens de mémoire à long terme, inexact mais moins ambigu. Au gré de notre histoire, de notre sensibilité, de stress répétés pendant l’enfance, de traumatismes, d’exemples familiaux ou sociaux, nous emmagasinons tous des informations diverses dans la mémoire à long terme. Ses informations, dysfonctionnelles dans le cas de l’anxiété, sont stockées sous la forme de postulats, schémas… Dans le cadre de l’anxiété, ces schémas reflèteront souvent : - Une vision menaçante du monde extérieurUn postulat-type sera par exemple : « Si je ne contrôle pas la situation, quelque chose de mauvais va arriver ». D’autres schémas du même type se regroup |