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Bégaiement



 
Définition, chiffres III. APPROCHE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE   8. Dimension comportementale
Humilité Présentation  Approche cognitvo-comportementale
Relation thérapeutique et efficacité Anxiété sociale    1. travail des pensées automatiques
Approche intégrative A - Anxiété sociale en détail    2. Mise à jour des schémas
I. RECADRAGE B - Hierarchie peur/évitement   Pertinence de l'approche cognitivo-comportementale
II. TECHNIQUES PSYCHO6CORPORELLES C - Nombreux visages IV. HYPNOSE ET PNL
L'individu qui bégaie veut changer  D - Les grandes lignes Aparté du thérapeute que je suis
Schéma corporel, monde des sensations E - Mise en place : modèles Présentation
L'individu qui bégaie est un sujet tendu F - Enfant et autres troubles anxieux Conscient et inconscient
 Le dialogue tonique G - Mécanismes Hypnose et transe
   a) Tonus musculaire H - Anxiété sociale et comportements Programmation neuro linguistique
   b) Régulation I - Anxiété sociale et anticipation anxieuse Présupposés PNL
   c) Dialogue et fonction tonique Anxiété Hypnose ericksonienne et bégaiement
Tensions instinctives, émotionnelles...   1. Problème de l'anxiété et de son approche Bibliographie
Phonation   2. Bref recadrage
a. Fonction respiratoire   3. Anxiété et cognitions
b. Phonation   4. Anxiété et comportements
c. Résonnance   5. Le processus
d. Schéma récapitulatif   6. Intolérance à l'incertitude
Respiration   7. Dimension cognitivede l'anxiété
Trouble et corporalité    a) Shemas, postulats...
Pertinence des techniques psycho-corporelles    b) Distorsions

Peut-être quelques visiteurs trouveront curieux de trouver un dossier sur le bégaiement sur un site traitant de l'anxiété sociale. Le bégaiement est considéré comme un trouble de la communication. Mais la parenté avec les troubles anxieux est évidente. Cette page décrit ma démarche dans le cadre de cette difficulté.


Définition, chiffres

"Trouble de l'élocution dans lequel certaines syllabes sont répétées, d'autres ne peuvent être prononcées."  

Trouver une telle définition dans un dictionnaire psychologique est révélateur des progrès à réaliser dans l'abord de ce trouble. Mais la définition actuelle de trouble de la communication, bien que témoignant de plus d'ouverture, est tout aussi insatisfaisante. L'orthophonie opère un astucieux compromis avec cette définition : "trouble de la communication qui affecte la parole". Donc on sait pas trop mais on ratisse large (ou plutôt on croit ratisser large, mais le rateau est en fait une fourchette édentée).

Nous avons simplement un individu, qui, en raison de divers facteurs, a mis en place le phénomène du bégaiement, celà bien sur inconsciemment. Le bégaiement est la fin d'un processus, avant de s'auto-nourrir et de se chroniciser.

Le bégaiement représente à peu près 600000 personnes en France, les 3/4 de sexe masculin. 
De nombreux enfants bégaient à un moment ou un autre (vers 3-4 ans). Pour 75%, ce sera temporaire, disparaîtra à 6ans et plus. Mais pour 25%, il se chronicise. Attendre se révèle donc être une ineptie. 

Comme de nombreux troubles, le bégaiement est le résultat le plus souvent d'un ensemble de facteurs : 

Facteur facilitants :
- Hypersensibilité naturelle, vulnérabilité pshysiologique 
- Stresseurs psycho-sociaux 
- Dimension anxieuse : traumatismes, chocs, stress chronique pendant l'enfance, exemples parentaux et sociaux d'anxiété, angoisse de séparation... 
- Facteurs systémiques (fratrie...) 

Facteurs chronicisants :
- Réactions de celui qui bégaie ("saboteur interne") 
- Réaction de ceux qui entourent celui qui bégaie ("saboteurs externes") 

Cette série d'articles est là pour expliquer ce qui peut être fait dans la limite de mes connaissances et compétences. 

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Humilité  

Chaque thérapeute a son mot à dire.

En même temps chaque thérapeute, s’il s’enferme dans sa technique, ne possède et n’a d’influence que sur une facette du problème (ce qui peut suffir dans certains cas).  

La personnalité du thérapeute (ouverte, disponible et inspirée) et l'alliance consultant-consulté (collaboration) sont donc prépondérantes. Une séance consacrée à une psychopathologie du langage, ne se prépare pas de manière mécanique, ne peut être planifiée. Elle se vit.  

Le rôle du thérapeute est de s’être donné les moyens théoriques, existentiels de cette « vivance », de cette rencontre. Un travail sur la globalité de l’être est nécessaire, pour le sujet mais aussi pour le thérapeute.  

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Relation thérapeutique et efficacité

La relation thérapeutique est souvent un malentendu. Le patient va voir un thérapeute  pour que celui-ci le soigne. Et quand cela fonctionne, ça ne se passe pas comme ça. Médecine paternaliste et dirigismes thérapeutiques de tous poils sont hélas légion et « condamnent » la démarche thérapeutique avant qu’elle n’ait commencé. On ne peut pas déterminer de manière absolue quand ça marche, quoique les éléments fondateurs soient assez nets, mais on peut par contre déterminer quand ça ne marche pas, ce qui n’est déjà pas si mal. 

A. Korzybski, linguiste, a écrit un jour : « la carte n’est pas le territoire ». Autrement dit, il y a une réalité objective, inaccessible d’ailleurs, réalité dont nous avons tous une lecture différente. Chacun perçoit à sa façon ce qui se passe (canaux de perception, schéma de représentation, processus cognitifs, langage…). Le premier but de la relation thérapeutique, pour qu’elle soit efficiente, est de trouver un territoire commun. Sinon, autant rentrer chez soi. Les thérapies paternalistes ou dirigistes évoquées plus avant partent du principe qu’il y a une carte meilleure que l’autre. Le thérapeute impose sa carte, au lieu de travailler sur celle de son patient, repérer ce qui est inadapté ou incomplet… 

Pourquoi le thérapeute impose sa carte ?
- Attribution de savoir : il attribue à l’autre les connaissances que lui possède 
- Non-attribution de savoir : il considère l'autre comme ignorant et incompétent dans son domaine de difficulté. 
- Il a l’illusion de contrôler la situation 
- Il projète ses théories, états internes 

- Il est proprement incapable de sortir de sa carte 
- Il n’a pas fait dix ans d’études pour laisser quelqu’un d’autre travailler. 
- Il n’a pas le temps (enchaînement des consultations, traites du 4X4 BMW à payer…) 

Comment entrer dans la carte du patient ?
- Garder l’esprit ouvert. 
- Tolérer de ne pas savoir grand-chose 
- Identifier les canaux de perception de l'autre 
 
 

- Etre synchro (synchronisation posturale, langagière, cognitive…) 
- Etablir un objectif qui soit celui du sujet. Si ce questionnement est bien mené, le sujet donne les solutions à son problème. 

- Interroger l’autre pour découvrir sa lecture de la réalité (questionnement le moins orienté possible, interrogations ouvertes…) 

ex :
« - Je viens vous voir parce que je bégaie 
- Ne vous inquiétez pas, voilà ce que nous allons faire, je vais vous expliquer » 
Changement de carte, un peu caricatural. C’est terminé - echec de la thérapie et trou de la sécu.

«- Je viens vous voir parce que je bégaie 
- Vous bégayez ? 
Reformulation à l’identique interrogative – On reste dans la carte du patient
- C’est difficile... 
- … 
Il suffit d’attendre pour obtenir des précisions sur la carte
- J’accroche sur les mots quand… 
- Quand ? 
- Quand je suis devant les autres 
- Qu’est-ce que vous entendez par être « devant les autres » ? 
Eclaircissement de la situation en restant dans la carte de l’autre et dans le concret…

La relation se continue en posant les bases de la carte du sujet : son problème, ses objectifs et ses ressources. Le reste ne respecte pas l’écologie du sujet et sera arbitraire, « non-écologique » et donc superficiel et inefficace (ou peu durable). Le patient a besoin de préciser son problème, de définir son (ou es objectifs) et de découvrir ses ressources. L’irrespect de cette carte est d’ailleurs un des fondements majeurs de l’inefficacité en santé mentale. 

Relation thérapeutique et changement

On parlera, influence systémique, schématiquement, de position basse et de position haute. 
La position basse en thérapie, c’est celui qui s’oublie (demande de l’aide, met de côté ses savoirs, ses ressources), la position haute est opposée (celui qui aide, sait, détient les ressources). 

Le malentendu évoqué au début de ce paragraphe s’engramme ici. On a une position haute qui pense détenir le pouvoir des opérations, alors que c’est  la position basse qui dirige. En effet, si elle n’était pas basse, il n’y aurait pas de relation thérapeutique et/ou pas de thérapie du tout. 

Pour que le sujet en position basse quitte sa place dans la relation, il est nécessaire qu’il ait les moyens et ressources de monter et que l’autre accepte de descendre. Sinon, la situation perdure (principe des malades abonnés perpétuels au médecin ou des thérapies qui s’enlisent alors qu’on n’a plus rien à dire et que le problème est en fait parfois réglé). Normalement conscient de ces mécanismes, la responsabilité du thérapeute est là : accepter de descendre et permettre au patient de monter, à la relation d’évoluer. Là, savoir, technique et expérience vont devenir opérationnels et efficaces car ils vont être installés dans la carte du sujet et orientés vers l’autonomie. 

  
  
  

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Approche multifocale ou intégrative - Aperçu  

I. Thérapie du changement : recadrage  

II. Techniques psycho-corporelles : apprentissage de la détente, maîtrise du corps.  
schéma corporel (« bien dans sa peau »), confiance en soi (futurisation  positive), conscience de soi, des autres et de l’environnement.  

III.  Thérapie cognitivo-comportementale : restructuration des structures de pensées (distorsions, pensées automatiques), désensibilisation aux situations anxiogènes.  

IV. Hypnose ericksonienne et PNL : travailler avec les ressources inconscientes, remettre en cause les automatismes en élaborant d'autres solutions, observer et modifier les représentations mentales... 

V. Approche systémique : travailler avec l'entourage famillial ou éducatif, l'éduquer ou le guider. Recadrer les relations.  

VI. Communication : apprendre la vie en relation, l'identification et l'expression des émotions, l'affirmation de soi...  

VII. Art-thérapie, expression corporelle : communication non verbale. Ouverture d’autres canaux de communication.  
 
 

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I. RECADRAGE

En matière de thérapie, le recadrage est un élément fondateur. Le sujet qui bégaie vit souvent plusieurs expériences thérapeutiques, plus ou moins réussies. Il ne suffit pas que les techniques soient différentes ou nouvelles. Le point de vue doit l’être tout autant.  

L'important est de ne pas considérer le sujet qui bégaie en tant que tel. Ce serait réduire un individu à un symptôme. Le sujet en proie a ce trouble peut être considéré comme un hypersensible. La littérature ou les recherches en matière d’hypersensibilité sont peu importantes en comparaison avec celles sur le bégaiement, l’anxiété, le stress, la timidité, les phobies, les complexes, les inhibitions, …  

L’intérêt de l’évocation de l’hypersensibilité est de provoquer le recadrage précédemment évoqué. Le sujet se révèle donc un hypersensible qui, au cours de sa vie, se heurte à une tendance acquise, le bégaiement. Le problème et la manière de l’aborder sont recadrés.  

L’hypersensibilité est un atout important, car, au contraire du bégaiement, elle a des avantages :  

- les hypersensibles sont capables de ressentir des degrés de stimulation qui échappent aux autres. Quelque part, juste avant ou dans le cerveau, les informations perçoivent un traitement plus méticuleux.  

- les hypersensibles réfléchissent d’avantage à ce qui les entoure. Cette sensibilisation accrue au monde subtil génère l’intuition, traitement de l’information semi-consciente, voire inconsciente.  

- l’hypersensible sait sans trop savoir pourquoi mais il sait, plus souvent et avant que les autres.  
  

Le phénomène du bégaiement est donc alors le résultat d’expériences négatives vécues dans un état d’activation intense de cette hypersensibilté :  

- Le bégaiement est alors une tendance acquise, un apprentissage. Tout apprentissage peut se remettre en cause.  

- Le bégaiement n'est pas un état, immobile et définitif. Il est fluctuant : il laisse des moments de répit.  

- L'hypersensibilité qui génère un terrain favorable au bégaiement est un atout si on la considère de manière globale  (attention) et non du seul point de vue (focalisation) du travers qu'est le bégaiement. Tout est donc possible.  
  

Considérant qu’il s’agit d’une tendance acquise, il est donc nécessaire de s'attacher à remettre en cause ces apprentissages, réactions conscientes, inconscientes, cognitives, comportementales, musculaires, psychosensorielles, …, permettant au sujet d’accéder à ses ressources, de mettre en place d'autres compétences, d'autres systèmes de représentation et d'élargir son champ de conscience hors de celui, restreint, de son symptôme.  
 
 

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II. TECHNIQUES PSYCHO-CORPORELLES

La relaxation n’est pas une activité ramollissante de salon. « Relaxer » a la même origine étymologique que « libérer » (on emploie d’ailleurs le terme « relaxer », pour un prisonnier qu’on libère).  
La relaxation est un état naturel, bien éloigné il est vrai des conditionnements sociaux et autres présupposés (quand on veut on peut, garder le contrôler, sauver les apparences, en travaillant on y arrive, tiens-toi droit rentre ton ventre…).  


L’individu qui bégaie veut changer

Tout changement est issu d’un apprentissage. Tout apprentissage et sa réussite sont conditionnés par la capacité de l’individu à  lâcher-prise : capacité du sujet à se dégager de son problème, des idées préconçues, conditionnements sociaux, présupposés, déterminismes sociaux et familiaux, traumatismes, …  
La relaxation est un formidable outil de lâcher-prise. Elle génère un espace d’apprentissage, de changement, d’expression dont l’ouverture, bien que relative, permet un nouveau terrain d’expression et de développement.  
  
  

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Schéma corporel et monde des sensations

Toute difficulté psychologique naît d’une dysharmonie du sujet :  
- par rapport à lui-même  
- par rapport à son entourage  
- par rapport au monde  

Le premier support du sujet est le corps. Toute dysharmonie passe par une représentation limitante, déformée ou quasiment absente du corps. Le schéma corporel  en tant que réalité vécue, principe cher à la Sophrologie est un outil appréciable, accompagné d’idées « vittoziennes » (rééducation psychosensorielle).  

La reconnaissance du schéma corporel et du monde des sensations élargit le champ de conscience de l’individu. Sensations corporelles, maîtrise de soi, gestion du stress, capacités d’adaptation, confiance en soi, …  
  

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Le sujet qui bégaie est un sujet tendu 

Le relâchement, tout comme la tension sont des états naturels.  
Chaque fibre musculaire a deux possibilités : se contracter et se relâcher.  
Culture et société modernes nous apprennent à ne pas se laisser aller. L’éducation « tiens-toi, rentre ton ventre », « marche ou crève » est également un facteur déterminant. L’individu, au fil de son histoire oublie le chemin qui mène au relâchement.  
Pratiquer la relaxation, c’est guider corps et esprit vers la redécouverte de cet état physiologique inscrit dans la mémoire cellulaire.  

Se relaxer n’est donc pas un phénomène artificiel ou extérieur. Il s’agit de retrouver et de libérer des compétences perverties par l’histoire de l’individu : la relaxation existe en nous de manière naturelle, se relaxer, c’est donc aussi progresser dans la connaissance de soi-même.  
  

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Le dialogue tonique


a) Tonus musculaire  

La physiologie de l’individu présente deux types de muscles :  

- Muscles lisses (ou muscles blancs) : leur contraction est autonome, involontaire ou soumise au système nerveux végétatif.  

- Muscles striés (ou muscles rouges ou muscles squelettiques) : unissant les os, ils permettent la mobilité du sujet. La contraction de ces muscles est volontaire, soumise au contrôle cérébral.  

Ce sont les muscles striés, muscles volontaires, qui nous intéressent ici. Ces muscles sont maintenus dans un état de contraction partiel mais permanent : le tonus musculaire, qui permet par exemple de maintenir le corps dans une situation donnée. Ce seuil minimal de contraction est bien entendu variable selon l’individu.  

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b) Régulation  

Les chocs, émotions agissent sur la fonction tonique du muscle, d’où l’importance de l’apprentissage de sa régulation en relaxation. Selon ses capacités, le sujet répondra de deux manières à une agression :  

- Dérèglement du tonus musculaire : agressé, le sujet se contracte exagérément. Cette dépense d’énergie ne lui permet pas d’agir correctement pour résoudre le problème. D’autres sollicitations surgissent. N’ayant pas retrouvé tout son tonus musculaire, cette nouvelle agression est encore plus mal vécue que la précédente… La tension devient chronique.  
- Régulation du tonus musculaire : le tonus musculaire est plus bas. L’agression ne crée pas ou pu de tensions. Le sujet peut réagir, avoir accès à ses ressources puis retrouver rapidement et aisément son état de départ.  
  
  

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c) Fonction et dialogue tonique  

La fonction tonique est au centre de la vie de chaque individu.  Dans ses relation avec lui même, mais aussi avec son environnement.  

Dans ce cadre, la relation à soi et au monde dépend essentiellement du dialogue tonique que l’individu peut mettre en place. Répondre aux demandes de manière sereine, dans un corps libre et épanoui, établir une relation non-tensionnelle.  

Ce dialogue est  autant physiologique que psychologique. C’est d’ailleurs là une de ses spécificités. Réconciliant intellect et corporalité, il apporte à l’individu une juste et libre appréciation de la vie en relation. La maîtrise de ce dialogue est le but de la relaxation.  

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Tensions instinctives, émotionnelles et intellectuelles

Sophrologie et Relaxation se proposent de réduire les tensions et de les équilibrer : construire une image corporelle entière, qui réhabilite certaines parties du corps pour en soulager d’autres.  

Tensions corporelles et bégaiement : essentiellement émotionnelles  

- Crispation des mâchoires  
- Tension du visage  
- Tenions cou-nuque-épaules  
- Respiration thoracique forcée  
- Jusqu’à la panique (tremblement, sudation excesive, palpitations, …)  
  
  
  

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La phonation


a. Fonction respiratoire  
  

Lorsque, consciemment ou non, nous inspirons l’air par le nez ou la bouche, les muscles scapulaires (diaphragme), abdominaux et de la cage thoracique provoquent l’augmentation du volume pulmonaire. Quand ces muscles se relâchent, les poumons se vident.  

Lorsque nous parlons ou chantons, c’est sur l’expiration.  
L’expiration est un phénomène naturel, non volontaire ou musculaire.  

Souffle et voix font intervenir de nombreux éléments, de nombreux muscles. Les inter-actions sont multiples. Un système respiration-voix efficace dépend essentiellement de la synergie de ces systèmes musculaires, c’est-à-dire d’une action conjuguée adéquate.  

Cette synergie, ce rapport étroit ne sont pas forcément ressentis. Le sujet qui bégaie n’a pas ou peu conscience de cette relation.  
 
 

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b. Phonation  

L’air, circule par la trachée. Si l’on a l’intention d’émettre un son, les muscles du cou et du larynx, au passage de l’air, sollicitent les cordes vocales qui se tendent et ne laissent plus qu’un passage étroit. L’air  
fait alors vibrer les cordes vocales.  

De la fréquence de ces vibrations dépend la hauteur du son produit.  
De la force et la vitesse de l’air dépend le volume de la voix.  

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c. Résonance  

Une fois produit, le son est d’abord développé par l’ouverture de la gorge, notamment les harmoniques  
graves.  
La voix utilise ensuite la cavité buccale comme résonateur. Cette faculté est accentuée par la mobilité du voile  
du palais.  
Gorge et bouche, utilisées conjointement permettent de différencier les voyelles.  
Les résonateurs des fosses nasales, sollicités par l’abaissement du voile du palais, sont utilisés dans la  
formation des consonnes et voyelles nasales.  

Ouverture de gorge, cavité buccale, mobilité du voile du palais et fosses nasales sont les facteurs et outils  
principaux du développement résonantiel de la voix.  

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d. Schéma récapitulatif :  
  
  
  
  

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La respiration

  
  

  

Le bégaiement n’est pas un problème essentiellement respiratoire. Mais la respiration du sujet qui bégaie est dysfonctionnelle, à l'image d’ailleurs de celle de la plupart de nos contemporains.  

Nous parlons plus ou moins sur l’expiration, mais  comme dans tout problème, l’origine est souvent dans le traitement de l’épreuve précédente. Anticipation, appréhension n’arrangent rien à la qualité du geste inspiratoire, négligé.  

L’élément essentiel de la respiration est le diaphragme. L’abaissement de celui-ci développe le volume pulmonaire. De manière idéale, la respiration doit être initialement abdominale (la dilatation abdominale permettant la descente du diaphragme), puis thoracique basse et enfin thoracique haute. La sensation respiratoire doit se dérouler ainsi : ventre, thorax et épaules, ou respiration des trois étages, respiration complête.  

Cette respiration naturelle que l’on peut observer chez les bébés, les adultes pendant leur sommeil ou les animaux est peu à peu pervertie : l’homme moderne en proie à un stress, une émotion respire thoraciquement comme un nageur paniqué qui remonte à la surface.  

Concrêtement :  
  
 

Respiration thoracique forcée Respiration naturelle (diaphragmatique)
 
A l'inspiration  
- tensions musculaire (cou, nuque, épaule, ceinture scapulaire, cage thoracique) 
- inspiration inefficace : le sujet rentre le ventre empêchant l'abaissement du diaphragme 
- L'air n'entre que dans la partie supérieure des poumons
A l'inspiration 
- détente du haut du corps. Le ventre initie l'inspiration 
- le diaphragme descend 
- les capacités pulmonaires sont suffisantes 

llllllllllllllll

 
A l'éxpiration 
- Après la tension relâchement brutal du thorax (affaissement) 
- Aucun soutien respiratoire au geste vocal 

- Effort trop important 
- Tensions diverses 
- Faible quantité d'air inspirée 
- Soutien vocal inexistant

A l'expiration 
- Contrôle diaphragmatique de l'expiration 
- L'expansion du diaphragme apporte le soutien respiratoire 

- Synergie musculaire : efficacité 
- Relâchement 
- Utilisation des capacités pulmonaires 
- Soutien vocal diaphragmatique

 
D'un point de vue psychologique, cercle vicieux : tensions - impression de manquer d'air - respiration thoracique forcée - tensions - peur de manquer d'air - etc... Calme, détente, maîtrise de soi, gestion émotionnelle.
 
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Trouble et corporalité

Qui dit trouble dit difficultés, déséquilibres psycho-corporels :    
- Image du corps défaillante voire absente (monopole de la pensée), sensations tronquées des zones instinctives (ventre, région pelvienne,  organes sexuels, membres inférieurs…)   
- Inhibition corporelles diverses (corporel associé à l’accessoire, à la bestialité, la faute, le non-dit…)   
- Tensions multiples (zones de tensions, respiratoires, épaules, membres supérieurs,…)    
- Dysfonctionnements divers (respiration, représentation spatiale, temporelle, enracinement aléatoire,  …)   
   
   

CORPORALITE : SE CONNAITRE

Les techniques psycho-corporelles sont largement abordées sur ce site. Il semble évident que la connaissance de soi s’établit tout d’abord à travers la rencontre avec le premier support : le corps. Schéma corporel, monde des sensations sont des outils de construction, de restructuration. Connaître, ressentir, apprécier sa dimension corporelle, développer sa dimension sensorielle sont des outil à prendre conscience. Prendre conscience de ce que l’on est, ici et maintenant, corporalité et sensorialité au présent. Idées qui peuvent surprendre mais correspondent à la manière de fonctionner de chaque individu avant la conceptualisation par le langage et la prise de pouvoir de la rationalisation excessive.   

Aller à la rencontre de son corps   
Apprendre à le ressentir, pour le connaître et le maîtriser   
Etre au contact de soi-même ici et maintenant    
Equilibrer : identifier les tensions, les zones corporelles délaissées voire refoulées   
Réhabiliter un corps global, vécu et ressenti dans son intégralité, pour lui-même.   
Restructurer, développer sa conscience corporelle   
Développement, travail des sens, organes de perception du monde extérieur   
Se représenter : ouvrir les champs du possible, se découvrir sous de nouveaux angles…   

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Pertinence des techniques psycho-corporelles

Il ne s'agit pas ici de d'écrire  que les techniques psycho-corporelles sont la solution au bégaiement. Savoir se détendre, respirer correctement n'est pas focément suffisant. Mais ces connaissances, ces compétences fondent l'individu, son rapport à lui-même, aux autres et au monde qui l'entoure et peuvent être de plus pertinentes à un moment ou à un autre de l'évolution de la personne qui bégaie. Quand processus inconscients, automatiques, processus cognitifs, comportementaux, données systémiques... sont en évolution, lorsque l'on commence à émerger des différents conditionnements, ces connaissances, compétences peuvent être un atout supplémentaire dans la démarche de changement. Ces techniques permettent d'asseoir dans le conscient l'évolution, d'élargir le champ de conscience, de s'approprier les progrès et de participer à leur développement. 

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III. Approche cognitivo-comportementale



Présentation

L’approche cognitivo-comportementale (pour parler simplement, l’analyse des pensées, croyances et des comportements qu’elles provoquent) est un élément essentiel et fondateur de toute démarche thérapeutique. 

Chaque être humain vit des situations. Ces situations sont interprétées par l'intermédiaire de pensées (autoverbalisations) ou d'images mentales (dialogue intérieur). 
De ces pensées, croyances et représentations mentales dépendront l'humeur et le comportement de l’individu. 

Le système cognitivo-comportemental de l'individu pourrait être représenté comme suit : 





Les thérapies cognitives et comportementales étudient ce système, mettent en valeur des disfonctionnement ou distorsions au niveau cognitif (pensées, ...). L'approche cognitive a pour but de  restructurer ces schémas. 
Les différents types de distorsions cognitives, de pensées dysfonctionnelles sont identifiés, définis et expliqués afin de pouvoir ensuite les remettre en cause, les modifier ou les éliminer et permettre ainsi de nouveaux comportements plus adaptés. 

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Anxiété sociale

Il est à mon avis difficile d'évoquer le bégaiement sans aborder la structure cognitive et comportementale de l'anxiété sociale. Le terme d'"anxiété sociale" désigne ici le phénomène anxieux associé aux situations sociales et/ou de performance. L'anxiété sociale s'étire sur un large panel allant du trac à la phobie sociale. 


A. L'anxiété sociale en détail
L’anxiété sociale est perçue sous deux angles essentiels : 

Anxiété de performance : face à un observateur, au centre de l’attention, perte des moyens et ressources : anxiété de performance 

Anxiété d’interaction : se sentir évalué dans une relation et à son désavantage. Perte du statut d’interlocuteur valable : anxiété relationnelle. 
 

PERFORMANCE
INTERACTION SOCIALE
Téléphoner en public Parler à des gens qui détiennent une autorité 
Participer au sein d’un petit groupe Aller à une soirée
Manger dans un lieu public  Contacter par téléphone quelqu’un qui ne vous connaît pas très bien
Boire en compagnie dans un lieu public  Parler à des gens que vous ne connaissez pas très bien
Jouer, donner une représentation ou une conférence Rencontrer des inconnus
Travailler en étant observé Etre le centre d’attention
Ecrire en étant observé  Exprimer son désaccord ou sa désapprobation à des gens que vous ne connaissez pas très bien
Uriner dans des toilettes publiques Regarder dans les yeux des gens que vous ne connaissez pas très bien.
Entrer dans une pièce alors que tout le monde est déjà assis Essayer de draguer quelqu’un
Prendre la parole à une réunion Rapporter des marchandises dans un magasin
Passer un examen Donner une soirée
Faire un compte rendu à un groupe Résister aux pressions d’un vendeur insistant

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B. Hierarchie peur / évitement des situations 

- Chez l'enfant : 
 

Situation Peur et évitement chez des enfants phobiques sociaux
Parler en public
88%
Manger en face des autres
39,3%
Etre en classe avec les autres enfants
27,6%
Ecrire en étant observé
27,6%
Utiliser les toilettes publiques
24,1%
Parler à des personnes représentant l'autorité
20,7%
- Chez l'adulte : 
 
Situation
Peur et évitement chez des sujets phobiques sociaux
Prise de parole et interaction formelles (cours, réunions...)
70%
Prise de parole et interactions informelles (repas avec des inconnus, soirée...)
Affirmation de soi : exprimer son désaccord, refuser, demander, donner son avis...
31%
Observation par les autres : effectuer une tâche (manger, boire, travailler...) sous le regard des autres.
22%

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C. Anxiété sociale : de nombreux visages 

L’anxiété sociale est multiforme : 

- Le trac :  appelé également anxiété de performance. Il s’agit d’un phénomène ponctuel. Le sujet n’est pas dans une situation relationnelle proprement dite (deux ou plusieurs individus qui communiquent). Il est seul face à d’autres. Ici, c’est le regard de l’autre qui pose problème pendant la situation de performance (exposé, concert, …).Le trac ou anxiété de performance est universel : habitude émotionnelle, trouble ou pathologie ? Ces degrés sont divers, plus ou moins handicapants, donc, plus ou moins pathologiques. 

- La timidité : la timidité, terme flou pouvant décrire des manifestations, façons-d’être bien différentes, est plus souvent considérée comme un trait de personnalité acquis. Phénomène constant dans les relations inter-personnelles qui s'atténue avec l'apprentissage de nouvelles compétences. 

- La phobie sociale : contrairement à la timidité, elle peut apparaître en dehors de tout trait de personnalité apparent. Elle n’est pas constante et dépend de l’importance que le sujet lui accorde. 
 

 
Trac
Timidité
Phobie Sociale
Quelle situation? - En situation de performance - En situation sociale - En situation sociale
Manifestation - Ponctuelle - Chronique - Ponctuelle
Avant - Appréhension - Gêne - Panique
Pendant, attention portée - Sur la performance - Sur les autres - Sur soi
Peur - De ne pas être à la hauteur - De ne pas être intégré, accepté D'être humilié ou agressé
Après - Déception - Déception - Honte
Concordance trouble / personnalité - Non - Oui - Non
Statégie comportementale - Adaptation - Adaptation - Evitement
Nature - Normale - Normale - Pathologique

Que peut-on en retenir? 

La phobie sociale a en commun avec la timidité : la situation (sociale) 
La phobie sociale a en commun avec le trac : le caractère ponctuel et pas nécessairement conforme avec la personnalité 

Les particularismes de la phobie sociale : 
- Panique 
- Regard porté sur soi 
- Peur d'être humilé ou agressé 
- Honte 
- Evitement 
Ces manifestations cognitives, comportementales, psycho-corporelles extrèmes et radicales transforment le trouble en pathologie. 
 
 

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D. Les grandes lignes de l'anxiété sociale 

1. Symptômes 

- Symptômes physiologiques : tensions et manifestations neuro-végétatives disproportionnées : tensions musculaires, douleurs musculaires, fatigue, tremblement, sensation d’étouffement, tachycardie, sécheresse de la bouche, … 

- Symptômes cognitifs : hypervigilance, focalisation, hyperconscience de soi et par voie de conséquence, difficulté de concentration, de mémoire (trou noir) distorsions cognitives (lecture de la réalité éloignée de la réalité elle-même)… 
Anticipation anxieuse, besoin de réassurance. 

- Symptômes comportementaux : conduites d’évitement direct ou subtil, vérifications, inhibition, hyperactivité. 
 

2. Pathologie 

Nous l’avons vu, il convient tout d’abord de différencier timidité , non pathologique, fréquente pendant l’enfance ou l’adolescence et phobie sociale qui crée souffrance, détresse intense. 

Pourquoi la phobie sociale est pathologique ? 
- Elle est envahissante, handicapante 
- Elle influe sur le développement et le devenir social et affectif du sujet. 

3. Sentiment d’incompétence 

- Peur de l’observation d’autrui 
- Peur de l’évaluation 
- Peur de ne pas être intéressant – Peur du silence 
- Peur du ridicule 
- Dévalorisation 
- Sentiment d’incompétence sociale 

La démarche doit donc être autant pédagogique que thérapeutique : acquérir les compétences suffisantes. Tout sentiment d’incompétence peut se corriger par un apprentissage. 
 
 
 

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E. Mise en place - quelques modèles 

1. Modèle comportemental 

L'anxiété sociale résulte d'un apprentissage. 

Deux cas de figure : 
- Apprentissage d'une conduite dysfonctionnelle : en clair, le sujet prend comme exemples des individus ou relations déjà problématiques (ex : parents peu sociabilisés, peu tolérants ou peu affectifs) 

- Apprentissage non référencé : le sujet n'a pas de références, d'exemples d'un comportement social adapté. 

2. Modèle cognitif 

L'anxiété sociale nait d'un mauvais traitement de l'information : 

- Le danger vécu, expérimenté est intégré (stress chronique durant l'enfance, exemple familial et/ou social d'anxiété, traumatismes divers) 
La réalité (ici les relations sociales) est ensuite interprétée en fonction de dangers potentiels. 

- Un sujet phobique social a une conscience déformée de lui-même : image négative et sous-évaluation. 
 

Exemple de schéma cognitif 
 

I. Le sujet pense se conduire de manière ridicule ou inacceptable en bégayant
II. Il craint des conséquences négatives telles le rejet, la dévalorisation de son image ou de son statut
III. Ces pensées font naître le phénomène anxieux :  

- Les symptômes anxieux (accentuation du bégaiement, tremblement, rougissement…) deviennent eux-mêmes des signes de danger et viennent nourrir l’anxiété. 

- L’hypervigilance aux manifestations somatiques et aux pensées entraîne une baisse des compétences sociales : le sujet est tourné vers l’intérieur (pensées, corps), non vers l’extérieur (la relation) 

- Les comportements d’évitements, de fuite entraînent chez l’autre des comportements sinon similaires du moins altérés. 
 

IV. La performance sociale est insatisfaisante
V. L'anxiété est nourrie, développée. Les compétences ne se développent pas 
Retour en I.

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F. Enfants, ados, anxiété sociale / Angoisse de séparation / Refus scolaire 

Les rapports anxiété sociale/ Angoisse de séparation / refus scolaire anxieux sont évidents mais encore peu précis. 
L'angoisse de séparation est traitée par ailleurs. 
Le refus scolaire anxieux, appelé parfois « phobie scolaire », est également à mettre en avant (peur panique d’aller à l’école). Néanmoins tout refus scolaire ne constitue pas nécessairement une phobie. Cette hétérogénéité constitue d’ailleurs déjà un problème. 

Relations phobie scolaire et phobie sociale : quelque essais de schémas 
 

1. Refus scolaire du au Trouble angoisse de séparation
Le problème originel n’est pas l’école ou les relations sociales mais la séparation provoquée par l’école. 
Le désir relationnel est là, mais l’anxiété de séparation prédomine :  

Altération 
- des relations sociales (crainte d’aller chez des amis…),  
- du vécu de l’école (superficiel inhibé car non-essentiel pour l’enfant eu regard de la séparation).  

Les situations sont évitées, les compétences ne se développent pas

 
 
2. Refus scolaire du à une phobie sociale 
Le système scolaire est le système social par excellence pour un enfant. Il est donc logique de trouver un refus scolaire à l’intérieur d’une phobie sociale déjà mise en place.
Crainte de l’évaluation, de la critique (professeurs ou camarades…)
 
 
3. Refus scolaire du à une Anxiété de performance
L'anxiété de performance peut exister à travers une phobie sociale ou indépendamment de celle-ci
L’anxiété de performance se met en place au gré de traumatismes :  
- Panique, perte de moyen en situation d’évaluation 
- Peur d’être mal évalué (notation, jugement moral) 
- Peur d’être agressé par des camarades
 
ou

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G. Mécanismes 

L’anxiété sociale est multiforme : trac, timidité, phobies sociales sont des phénomènes différents qui contiennent eux-mêmes une belle diversité. 

On peut néanmoins dégager une ligne commune : 
 
 
 

 
 


1) La peur du regard  
Le tableau des situations anxiogènes, plus haut dans l’article, révèle un centre, un facteur commun, originel : la peur du regard de l’autre. La crainte d’être exposé au regard d’autrui est systématique. A l’origine du mécanisme, elle va en stimuler le développement. Il est à noter que cet élément, comme les autres qui vont être décrits, sont présents chez chaque individus, ce sont les proportions et la nature handicapante qui mènent au trouble. Personne n’aime être regardé, un sujet souffrant d’anxiété sociale simplement plus que les autres. Il s’agit là d’une peur instinctive, animale pourrait-on dire. 


2) Peur du jugement 
Sur cette peur instinctive va se construire une deuxième strate, celle-ci psychologique : le regard devient jugement, est interprété comme tel. 

La peur du regard de l’autre se « concrétise » psychologiquement : 
Ex : 
- Toute relation est une évaluation 
- Le sujet est tourné vers lui-même, non vers ce qui se passe autour de lui, vers la relation. 
- Le sujet juge sa prestation plus négativement qu’un observateur le ferait 
- Le sujet sélectionne : il se souvient essentiellement des prestations décevantes 
- Les relations sont anticipées, appréhendées négativement 
- Les commentaires positifs ne sont pas entendus et intégrés. 
- Le sujet est inhibé (les compétences sont altérées ou bloquées, non-développées) 
- … 
 

Cette peur du jugement est en relation avec des phénomènes et mécanismes divers 


a) Peur de soi : le sujet peut avoir mis en place une anxiété quant à ses propres réactions. Hypervigilance, attention portée sur soi, focalisation qui perturbent la performance elle-même où l’attention pour être efficace, doit être portée vers l’extérieur.
 
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b) Peur du regard d’autrui : jugement et évaluation : le sujet est inhibé (altération des facultés) car il redoute le jugement, l’évaluation, en l’occurrence, négatifs. On peut rapprocher cela du trac, anxiété d’évaluation, de performance. Ici, c’est de la performance sociale dont il est question. Celle-ci est interprétée à travers le filtre de l’anxiété : 
- L’attention de l’autre est surévaluée (« il me surveille, pas le droit à l’erreur ») 
- Le jugement négatif est surévalué (« il m’a trouvé nul(le) ») 
 

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c) Peur de l’image de soi : le sujet qui souffre d’anxiété sociale a des difficultés à s’adresser des compliments sur ses performances. En découle un grand besoin de reconnaissance. Le désir de donner une bonne impression est donc fréquent. Le problème naît de la présence conjointe de cette ambition et de la peur de ne pas y parvenir. Désir et peur mêmés sont ici à la naissance du trouble. On peut ajouter à cela des exigences excessives que même des «non-anxieux sociaux» n’auraient pas. Les performances sont donc nécessairement insatisfaisantes.
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H. Anxiété sociale et comportements 

Les comportements anxieux sont schématiquement au nombre de 4 : évitement, inhibition, vérification, hyperactivité, avec une prédominance des deux premiers, évitement et inhibition, dans le domaine des difficultés sociales. 

a) Evitement : les différentes peurs dont nous avons parlé conduisent l’individu à l’évitement plus ou moins développé des situations anxiogènes. 
Nous sommes ici dans le principe du cercle vicieux. A chaque évitement, la valeur anxiogène de la situation augmente. Le trouble s’ »auto-nourrit » :
b) Inhibition :  l’inhibition représente l’altération ou le blocage d’une ou de plusieurs facultés ou compétences. 
L’évitement est ponctuel, extrême, non systématique, mais l’inhibition est un phénomène plus constant, pour devenir presque un « style relationnel ». En situation anxiogène, le sujet n’a plus accès à ses ressources et compétences relationnelles (silences, hésitations, altération de la compréhension même…) alors qu’en situation non-anxiogène, toutes les qualités requises sont là. 

Même cercle vicieux que pour l’évitement : 
 

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I. Anxiété sociale et anticipation anxieuse – Particularités 

L’anticipation anxieuse se produit avant les situations-problèmes. Elle prend schématiquement trois dimensions : psycho-corporelle, cognitive, comportementale. On peut considérer que ces symptômes « font » partie du vécu anxieux de la situation elle-même. 
L’anticipation sera donc marquée par 
- d’un point de vue psycho-corporel (tension musculaire, difficulté végétatives diverses, respiratoires) 
- d’un point de vue comportemental (évitement, hyperactivité, vérification, inhibition) 
- d’un point de vue cognitif (hypervigilance, focalisation, troubles de la mémoire…) 

Ces caractéristiques de l’anticipation sont valables dans le cadre de tous les troubles anxieux, mais prennent une valeur particulière dans l’optique de l'anxiété sociale. 
Pour prendre quelques exemples : 
- Même si toute phobie est respectable, Il est irrationnel de craindre une souris (une souris n’est pas « rationnellement dangereuse ») 
- Il est irrationnel de penser mourir ou devenir fou(folle) pendant une prochaine attaque de panique. 
- Il est rationnel de penser que l’on va louper une performance sociale avant la performance. La phobie sociale inhibe. Le sujet ne se comporte donc pas naturellement, en pleine possession de ces moyens. 

L’anticipation anxieuse dans l'anxiété sociale s’inscrit donc dans un « fond » de réalité. Il est logique d’avoir peur : quand on est inhibé, on est « moins bon » socialement. 

Cet aspect est à prendre en compte thérapeutiquement. Pour neutraliser l’anticipation, il ne suffit pas de rassurer, de mettre à jour le discours catastrophiste, les comportements dysfonctionnels ou d’expliquer les manifestations corporelles, Il faut également développer ses compétences sociales, dans tout ce que cela implique.  Dans le cas contraire, la peur sera quelque part « justifiée ». 


L'anxiété


1. Les problèmes de l’anxiété et de son approche    

- Trouble sémantique : l’anxiété est un terme flou. Il n’a pas ou peu de connotations médicales ou pathologiques.   

- L’anxiété est tout d’abord perçue par l’individu et son entourage comme un trait de personnalité. « Tu es anxieux », dit-on, confondant tendance acquise et mouvante avec une caractéristique figée et naturelle. Ainsi, on est (ou l’on naît) hypersensible mais on devient anxieux.   

- L’anxiété apparaît en général dès l’adolescence, mais il se passe en général de nombreuses années avant que des consultations soient envisagées.   

- Les manifestations somatiques qui accompagnent généralement l’anxiété ne sont pas «spectaculaires ».   
Elles sont constantes : on s’habitue, les troubles deviennent une "seconde nature". "C'est comme ça".   
Elles sont modérées : ne poussent donc pas à une démarche thérapeutique sortant de l’ordinaire.   
   
   
   

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2. Bref recadrage   

L'anxiété n'est pas naturelle. Il s'agit d'un apprentissage. Un apprentissage peut se remettre en cause.   

L'anxiété n'est pas un état, immobile et définitif. L'anxiété est fluctuante : elle laisse des moments de répit.   

L'hypersensibilité qui génère un terrain favorable à l'anxiété est un atout si on la considère de manière globale (attention) et non du seul point de vue (focalisation) du travers qu'est l'anxiété.   

Tout est donc possible.   

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3. Anxiété et cognitions   

Croyances irrationnelles :   

- L’anxiété est un fait : « je suis comme ça ». Le sujet accepte son anxiété et la vit comme quelque chose d’immuable. Un autre comportement ne peut donc pas être envisagé.   

- L’anticipation anxieuse permet la résolution du problème : illusion de contrôle   
Penser à un événement en termes négatifs et non réalistes ne permet en aucun cas de faciliter cet événement ou d’avoir le recul nécessaire pour exprimer toute ses compétences. Le conditionnement négatif influe sur la résolution du problème voire la condamne. Stress et anxiété désolidarisent l’individu de ses ressources.   

- L’anticipation anxieuse permet de ne pas être déçu en cas d’échec : illusion de maîtrise du futur.   
Penser le pire ne permet en aucun cas de l’éviter ou de l’atténuer.  Par conbtre, le contenu anxiogène de la situation est renforcé.   

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4. Anxiété et comportements   

Réponses inadaptées face à une situation problème :   

Inhibition de l’action : blocage (psychologique ou physiologique) face, à la situation. « Je ne m’en sens pas capable »   

Evitement : « je fais tout pour ne pas me retrouver dans cette situation »   

Vérifications et rituels : « je me rassure en vérifiant, vérifiant, vérifiant… » La vérification devient un rituel, s’enrobe et se nourrit de croyances diverses.   

Actions inefficaces : «je m’agite en espérant que tout va rentrer dans l’ordre ».   

Ces conduites sont jugées dysfonctionnelles, car même si, dans un premier temps elle apportent parfois un mieux-être, à moyen et long terme elles augmentent la valeur anxiogène de la situation. Pendant qu’on s’agite, qu’on ne fait rien, qu’on évite ou qu’on vérifie indéfiniment, on ne développe pas les compétences nécessaires à l’adaptation à la situation problème.   

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5. Le processus   

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6. Intolérance à l'incertitude   

Le terme d'intolérance a l'incertitude parait judicieux dns le cadre de l'anxiété.   
Face à une situation, l'incertitude survient. Elle nourrit l'inquiétude et par la même le phénomène anxieux.   
L'inquiétude se conceptualise sous la forme d'un discours intérieur, de pensées verbales ou bien d'images mentales catastrophistes.   
Il parait donc justifié de poser tout d'abord l'anxiété comme un trouble cognitif. Les manifestations anxieuses qui suivent témoignent d'ailleurs de cette dimension cognitive :   
 

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7. Dimension cognitive de l’anxiété   

L’approche cognitive propose une vision globale du processus qui mène à un trouble tel l’anxiété.   
L’anxiété est un trouble éminemment cognitif. Mais la description s’applique également à des difficultés telles la dépression ou certains troubles de la personnalité et du comportement.   

Repris dans d’autre pages, le schéma de base :   

L’étape cognitive est donc essentielle. Ca n’est pas ici la réalité qui pose problème mais ce qui en est pensé.   
   

Le même schéma avec l’étape cognitive (ce qui est pensé), un peu plus développée :   

Les trois points essentiels du traitement cognitif de l’information vont être développés. Ils constituent également la colonne vertébrale d’une prise en charge thérapeutique. Dimension cognitive du sujet ou « Comment traitons-nous les informations » :   

a) Schémas, postulats, croyances et inconscient   

Les termes « schéma », « postulat », « croyance » sont employés indifféremment selon les auteurs. Ces schémas sont des composants stables, mis en place essentiellement lors d’expérience pendant la petite enfance.   

Ces schémas sont inconscients. Avec le terme inconscient, nous sommes loin de l’emploi psychanalytique. Il faudrait plutôt le rapprocher du sens de mémoire à long terme, inexact mais moins ambigu.   

Au gré de notre histoire, de notre sensibilité, de stress répétés pendant l’enfance, de traumatismes, d’exemples familiaux ou sociaux, nous emmagasinons tous des informations diverses dans la mémoire à long terme. Ses informations, dysfonctionnelles dans le cas de l’anxiété, sont stockées sous la forme de postulats, schémas…   

Dans le cadre de l’anxiété, ces schémas reflèteront souvent :   

- Une vision menaçante du monde extérieur   
- Une vision défaillante du monde intérieur   
- Une vision péjorative du futur
Un postulat-type sera par exemple : « Si je ne contrôle pas la situation, quelque chose de mauvais va arriver ». D’autres schémas du même type se regrouperont sous la forme de perception d’un danger et d’incapacité de faire face.   

A travers le filtre de l’anxiété, « danger et contrôle », la vision de soi, des autres, du monde va s’orienter et faire naître de nouveaux postulats, schémas différents selon l’individu. Quelques exemples en reprenant les trois groupes essentiels :   

- Une vision menaçante du monde extérieur   
« La vie, c’est marche ou crève » / « les autres sont des requins » / « L’enfer, c’est les autres » / on n’existe que quand on gagne » /  « Les hommes ne s’intéressent qu’au sexe » / « La vie est une souffrance »…   

- Une vision défaillante du monde intérieur   
« je suis nul » / « je ne vais pas y a arriver » / « je n’ai pas de chance » / « je n’ai rien d’intéressant à dire » / Je n’existe pas sans mes performances »…   

- Une vision péjorative du futur   
« Personne ne sait ce que l’avenir nous réserve », « Il vaut mieux être toujours sur ses gardes »…

Nous mettons donc tous en place des schémas, schémas que jean cottraux définit par « structure organisée qui contient les savoirs et les attentes de l’individu vis-à-vis du monde ».   

Il y a trouble comme l'anxiété lorsque ces schémas sont inadaptés aux bien-être.   
Les difficultés sont multiples :   
   

- Un schéma est inconscient   
- un schéma parait indiscutable et rigide   
- Le schéma va orienter tout traitement de l'information. ce qui vient le confirmer est amplifié, ce qui lui est contraire est minimisé   
- Un schéma est inconscient : il surgit à travers l'émotion, sans nécessairement passer par la conscience et son traitement logique.   
- Le schéma n'est pas traité de manière logique mais est donné comme vrai.   
- Pour atténuer les effets du schéma, l'individu va mettre en place des comportemetnts dysfonctionnels.   
- ...
Ces difficultés générées par les schémas cognitifs constituent les axes pertinents d'une prise en charge   
En les reprenant :   
- Un schéma est inconscient - prendre conscience des schémas   
- Un schéma parait indiscutable et rigide - remettre en cause ces schémas, les discuter   
- Le schéma va orienter tout traitement de l'information. ce qui vient le confirmer est amplifié, ce qui lui est contraire est minimisé - mettre en valeur ce qui ne vient pas confirmer le schéma, réajuster la lecture du réel   
- Un schéma surgit à travers l'émotion, sans nécessairement passer par la conscience et son traitement logique - faire un examen conscient et logique des schémas   
- Le schéma n'est pas traité de manière logique mais est donné comme vrai - expérimenter la vérité du schéma   
- Pour atténuer les effets du schéma, l'individu va mettre en place des comportements dysfonctionnels - modifier le schéma et par la même les comportements compensatoires

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b) Processus, distorsions   
   

Chez le sujet anxieux, une distorsion s’opère au stade cognitif. La lecture de la réalité s’éloigne dangereusement de la réalité elle-même. C’est ce que l'on appelle une lecture dysfonctionnelle.   

A titre d’exemple, quelques pensées dysfonctionnelles :   
   

- Lectures de pensées : l’individu pense savoir ce que pensent les autres sur lui-même.   
Ex :  « Ils me prennent pour un imbécile . »   

- Affirmation sans preuve : ce sont la plupart du temps des prédictions aléatoires, à la forme négative.   
Ex :  « De toute façon, on ne vas pas y arriver. »   

- Maximalisation et minimalisation : dans le cadre du stress, tendance à sur-estimer les échecs, à sous-estimer les réussites.   
Ex :  «Là, c’était trop facile. Tout le monde pouvait le faire.»   

- Généralisation : généralisations abusives.   
Ex :  « Les hommes sont des …»   

- Tout ou rien : dans le cadre du stress, par exemple, ne penser qu’en terme de réussite.   
Ex :  « On n’existe que quand on gagne.»   

- Déduction abusive ou sélective : tendance à ne retenir que ce qui  sert l’idée anxiogène ou stressante, en le sortant de son contexte.   
Ex :  « Il ne m’a pas passé le sel. Tu vois qu’il ne m’aime pas.»   

- Personnalisation excessive des événements : ramener les événements à soi.   
Ex :  «Tout ce qui arrive est de ma faute.»   
   
   
   

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8. Dimension comportementale

L’appréhension anxieuse, les cognitions alarmistes, les manifestations corporelles de l’anxiété génèrent des comportements anxieux, non adaptés au bien-être et à l’évolution de l’individu.   

a) Inhibition : face au danger, on perd ses moyens. Le sujet, coupé de ses ressources ne peut s’adapter. Desogarnisé, ses comportements vont tendre vers deux extrêmes, tout aussi dysfonctionnels l’un que l’autre.    
- Ralentissement voire blocage des compétences : l’application, extrême, devient immobilisme. Les capacités du sujet sont fortement altérées : langage oral, capacités logiques, capacités psychomotrices, compréhension, attention portée aux autres, au monde extérieur…   
- Accélération, fébrilité : le sujet ne contrôle plus ses compétences, qui s’emballent : précipitation, débit verbal, erreurs logiques, actes inconsidérés, voire agressivité.   
   

Les comportements anxieux sont variés. Les trois comportements suivants ont par contre  des points communs :   
- Il apportent une réassurance, relative, à court terme   
- Ils participent au développement de l’anxiété à moyen et long terme.   

b) L’évitement : c’est le comportement anxieux par excellence. On évite la situation anxiogène (peur d’avoir peur). Le bien-être est de courte durée, puisque la situation n’en devient que plus appréhendée encore. Le sujet ne développe pas ses compétences à vivre et supporter la situation.   

Qu’est-ce qui fait peur ?   
Ce n’est pas la réalité qui fait peur mais l’image que l’on s’en fait (on dit d’ailleurs, « s’en faire toute une montagne ») La situation imaginée est toujours plus terrible que la situation réelle. Comment se rassurer si on ne vérifie jamais que les craintes sont fondées ou non. C’est la un paradoxe : la situation appréhendée n’a jamais été réellement vécue, donc évaluée du point de vue de sa réelle dangerosité. Le comportement d’évitement, loin de soulager la peur, en est le premier « carburant ». On a confiance que dans ce qu’on connaît. Et pour connaître, il faut avoir pu rencontrer.   
   
   
   

L’échappement : "cousin" de l’évitement. Comportement qui survient lorsqu’une situation n’a pu être prévu. La panique monte, le sujet se soustrait à la situation en cours, responsable de son malaise (ou prétendue responsable)   

c) L’hyperactivité : face à la peur, l’envie est forte de contrôler. L’hyperactivité représente assez bien ce que l’on nomme illusion de contrôle. Face au vide de l’inquiétude, on comble de manière illusoire, en s’agitant. Ce comportement est d’ailleurs responsable d’effets secondaires de l’anxiété tels la fatigue, les troubles de mémoire ou de l’attention, les troubles du sommeil, l’incapacité à se détendre, agressivité, phénomène d’isolement social ou professionnel progressif… Là encore, l’anxiété est nourrie.   


d) Vérification : voisine de l’hyperactivité, autre illusion de contrôle, le comportement vérificateur, voire ritualisant. Plus on vérifie, plus on doutera de soi la fois suivante. Là encore, une grosse quantité d’énergie est utilisée, dans des actions répétitives et parasites. Dans un état second, le sujet vérifie, mais pris dans la tourmente, n’ancre pas les bénéfices de cette vérification. Il doit recommencer. Là encore, le comportement ne soulage que peu la peur et chronicise les comportements futurs.   

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Approche cognitivo comportemetale du bégaiement

L'anxiété et l'anxiété sociale ont été ici définies car il y rarement de bégaiement sans manifestation anxieuse. Ces deux phénomènes inter-agissent, pour ne plus former qu'une entité. 

L’approche cognitivo-comportementale (pour parler simplement, l’analyse des pensées, croyances et des comportements qu’elles provoquent) est un élément essentiel et fondateur de toute démarche thérapeutique. 

Chaque être humain vit des situations. Ces situations sont interprétées par l'intermédiaire de pensées (autoverbalisations) ou d'images mentales (dialogue intérieur). 
De ces pensées, croyances et représentations mentales dépendront l'humeur et le comportement de l’individu, chaine au bout de laquelle nous trouvons le bégaiement.

Le système cognitivo-comportemental de l'individu pourrait être représenté comme suit : 
 
Les thérapies cognitives et comportementales étudient ce système, mettent en valeur des disfonctionnement ou distorsions au niveau cognitif (pensées, ...). L'approche cognitive a pour but de  restructurer ces schémas. 
Les différents types de distorsions cognitives, de pensées dysfonctionnelles sont identifiés, définis et expliqués afin de pouvoir ensuite les remettre en cause, les modifier ou les éliminer et permettre ainsi de nouveaux comportements plus adaptés. 

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1. Travail des penséers automatiques

Nous l’avons vu, le schéma de réaction d’un individu est ainsi : 

 
 

De la pensée, de la lecture de la réalité dépendront les conséquences émotionnelles, comportementales et l'accident de langage ou non. 

Le travail sur ces pensées, leur identification est donc prépondérant. 
 
Situations anxiogènes
 Pensées automatiques associées
Emotions 
Comportement 
Je fais un exposé "Tout le monde me regarde" 
"Il me trouvent nul" 
"Je vais bégayer"
Angoisse - Panique Je bégaie
 

En reprenant les distorsions évoquées plus haut : 
 
Situations anxiogènes
Pensées automatiques associées
Type de distorsion
Emotions 
Comportements
Je fais un exposé "Tout le monde me regarde" 
"Il me trouvent nul" 
"Je vais bégayer"
Généralisation abusive 
Lecture de pensée 
Affirmation sans preuve
Angoisse - Panique Je bégaie
 
 
En mettant en place des pensées alternatives : 

Quelques questions utiles : 

- Que dirait votre meilleur ami ? 
- Que révèle un examen objectif de la situation ? 
- Quelle est la pensée évidente ? 
- Que diriez-vous à un ami s’il pensait cela ? 
- Les termes de votre pensée automatique sont-ils réalistes et justifiés ? Discutez-en les définitions. 

 
 
Situations anxiogènes
Pensées automatiques associées
Type de distorsion
Pensée alternative
Je fais un exposé "Tout le monde me regarde" 
"Il me trouvent nul" 
"Je vais bégayer"
Généralisation abusive 
Lecture de pensée 
Affirmation sans preuve
"Si je lève les yeux, je verrai que ça n'est pas le cas" 
"On ne juge pas quelqu'un uniquement sur son élocution" 
"Si je remet en question mon dialogue intérieur, il m'est possible de ne pas bégayer"
 
 

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 2. Mise à jour des schémas.

L'entretien en thérapie cognitive vise à mettre à jour les schémas,  processus inconscients de pensées décrits plus haut dans cet article. 

La personne qui bégaie va par exemple assez fréquemment mettre en place des schémas cognitifs très guerriers : 
- Quand on veut on peut 
- Etre sensible c'est être faible 
- On ne pleure pas quand on est un homme 
- La vie est combat 
- Dans la vie, il faut se contrôler 

Schémas cognitifs ancrés dans l'enfance et générant la retenue émotionnelle souvent à l'origine du phénomène bégaiement. Ces postulats empêchent la mise en place d'une "zone" de sécurité où l'expression de soi puisse s'installer. 


Bégaiement et comportement 

La partie comportementale sera abordée hors des bases, limitées, de l'approche comportementaliste dans un prochaine partie de ce document, traitant communication, affirmation de soi, vie en relation, expression des émotions... Car qui dit bégaiement dit souvent compétences à développer dans ces domaines (bien que j'ai rencontré des personnes qui bégayaient et qui étaient de grands communicateurs... qui s'ignoraient) 

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Pertinence de l'approche cognitivo-comportementale

Même si l'approche n'est pas nécessairement suffisante, elle apporte nécessairement (rejoignant en celà le meta-modele et autres processus PNL que nous verrons plus loin). L'approche cognitive permet plusiseudrs prises de conscience : 
- Le bégaiement, dans sa dimension anxieuse est un trouble à coloration cognitive. C'est ce qu'on pense qui pose problème : on ressent ce que l'on pense. 
- En observant pensées automatiques, schémas, représentations mentales, on crée une dissociation qui, déjà en elle-même a des vertus thérapeutiques. L'humour peut d'ailleurs ainsi souvent s'installer. 
- La recherche en thérapie cognitive fait du patient et du psy deux collaborateurs. Le patient participe, construit son changement. 
- La pensée anxieuse n'est anxiogène que parce qu'elle détient le monopole. L'approche cognitive bris de monopole. 
- En observant tous ces processus, on les "desautomatise" et là encore ils perdent de leur contenu anxiogène. 
- Le travail cognitif est un bon complément du travail sur les croyances, souvent fondamental,  qui sera développé dans le chapitre suivant. 
- Comme pour l'approche psycho-corporelle, si l'on recherche un résultat complet, la TCC ne représente pas un miracle, simplement des compétences de plus qui pourront servir à un oment ou l'autre du processus de changement. 

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IV. HYPNOSE ERICKSONIENNE et PNL



Aparté du thérapeute que je suis

Les paragraphes qui précédent sont sérieux. Sérieux et structurés. Pendant quelques temps, ces éléments psycho-corporels, cognitifs et comportementaux ont constitué l'essentiel de ma démarche. Installé dans le traintrain, mon travail sur le bégaiement fonctionnait pas mal. J'arrivais à peu près aux objectifs de mes clients. Ils n'avaient pour la majorité plus d'accidents de langage. Mais j'avais conscience d'une supercherie. Celle d'un chirurgien installant une prothèse à la place d'un membre sain mais mystérieusement dysfonctionnel. Conscience de faire à peu près la même chose (peut-être en légèrement mieux) que les redresseurs de mécanique que je fustigeais. Sophrologie, relaxation, approche cognitive et comportementale se fondent sur des lois d'apprentissage : développer des compétences conscientes, opérer diverses mutations. Mais un mutant reste un mutant. 

Ces données exposées jusque ici sont importantes, mais peut-être plus pour quelqu'un qui est prêt à ne plus bégayer plutôt qu'à quelqu'un qui bégaie. Et quelqu'un qui est prêt à ne plus bégayer, à la limite, n'a que peu besoin de tout cela. Ou alors, l'intègre en quelques jours, pas en 6 mois. Et chacun aurait pu me dire : "tout cela, je le savais". Oui, tout cela, la personne le sait, mais n'y a pas accès. C'est cet accès qui est prépondérant. Non pas la cause, le symptôme, mais le trajet de l'information ou son barrage. On parle actuellement d'autoroute de  l'information. C'est cette voie royale qui manque en thérapie : rendre le sujet disponible et prêt au changement. 

Partant du principe qu'ils savaient sans savoir qu'ils savaient, j'en ai déduit que c'était inconscient. Inconscient dans le sens de "ce qui n'est pas conscient". Un très court détour par Freud m'a fait comprendre et préciser ce que je n'avais pas envie de faire et J'ai donc commencé tant bien que mal à parler à l'inconscient de mes clients (?!?). J'ai donc commencé à provoquer le changement, à étudier la structure du barrage mis en place et à faire à peu près tout ce qui me passait par la tête et qui ressemblait de prêt ou de loin à une espèce de "subliminalité" (aller au dela du conscient), métaphores, provocations, loufoqueries en tous genres. En plus de m'être fortement amusé, j'ai alors appris quelques temps après avec étonnement que quand c'était fait sérieusement, cela s'appelait hypnose ericksonienne et que c'était enseigné, pour constituer ensuite une certification. Je me suis donc empressé de me former à cette discipline. 

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Présentation

L'hypnose ericksonienne s'appuie initialement sur les travaux et l'influence importante de Milton Erickson, psychiatre du début du XXème siècle et père talentueux de la thérapie brève moderne. 

Cette approche n'a absolument rien à voir avec l'hypnose de spectacle que chacun a pu observer. 

Le but de l’hypnose  ericksonienne est de permettre au patient d'accéder à ses ressources et à son inconscient dans l'optique de la résolution d'un problème. Les possibilités de cette approche sont donc en théorie illimitées.  

Les vertus thérapeutiques sont également très importantes, le sujet se venant lui-même en aide, décidant de ses changements, prenant les décisions qui lui conviennent. 

L’hypnose ericksonienne est non-directive (rien n'est imposé), le sujet et ses aspirations sont bien entendu respectés. L'efficacité de la méthode serait d'ailleurs nulle dans le cas contraire. 

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Conscient et inconscient
Tout homme a en lui les ressources dont il a besoin. Mais il n’y a pas accès (ou mal, de manière parcellaire). L’hypnose est un pont, un moment privilégié ou la partie émergée de l’iceberg fait appel à la partie immergée.
Il y a essentiellement deux aspects en nous, conscient et inconscient.
Le conscient, c’est la conscience du moi ici et maintenant, c’est-à-dire les quelques choses que vous êtes en train de faire, les quelques choses auxquelles vous portez attention.
L’inconscient, c’est tout le reste, «ce qui n’est pas conscient», conception ericksonienne très large.
Ainsi, consciemment, on peut faire 4 ou 5 choses en même temps, au grand maximum. Alors que l’inconscient gère l’activités des sens, la physiologie, les connaissances, … L’hypnose établit un pont vers cette richesse intérieure.
Plus précisément, l’inconscient se définira comme : 
1. Un réservoir des savoirs, apprentissages, souvenirs, compétences... que nous vécus, consciemment ou non. Il y a donc une richesse insoupçonnée et donc en partie inutilisée en chacun de nous. 
2. Le régulateur des toutes nos fonctions biologiques. Là encore, il fait fonctionner notre corps, consciemment ou non (équilibres naturels, régulations physiologiques en tous genres autonomes, système immunitaire, …). 
3. Protecteur et sage : siège de l’instinct de survie mais aussi de l’intuition par exemple, il sait rendre conscient ce qui est nécessaire au sujet (prises de conscience), mettre de côté ce qui pose problème ou est inutile (refoulement, oubli).
Les possibilités de l’inconscient sont donc très puissantes, voire illimitées.
En hypnose, on s’adresse donc à l’inconscient, et on lui demande tout simplement de nous aider dans l’optique d’un problème, d’une difficulté ou d’un objectif particuliers. Et comme il est bienveillant, il répond à la demande !

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Hypnose et transe
« Hypnose », « transe » sont des termes spectaculaires, voire inquiétants pour certains. Connotation spectacle pour le premier, vaudou, pour le second, la réalité de l’hypnose ericksonienne est toute autre. 
L’Hypnose : l’hypnose telle qu’elle est décrite et développée dans ce site répond à l’appellation d’hypnose ericksonienne. L’hypnose ericksonienne est composée d’un ensemble de techniques (avec ou sans transe) qui visent à permettre au sujet d’utiliser toutes ses ressources, conscientes et inconscientes dans le cadre d’une problématique donnée ou d’une évolution souhaitée. 
La transe, de transir (passer, s’en aller…) représente l’état de conscience modifié (entre veille et sommeil) dans lequel le sujet se trouve pendant la séance d’hypnose. Il ne s’agit pas de grimper au plafond ou de danser frénétiquement mais simplement d’entrer dans un état d’attention intermédiaire, un état d’absorption naturel que nous traversons tous tous les jours (par exemple au cinéma où, focalisé sur le film, on oublie la salle et les gens autour). En hypnose ercicksonienne, cette absorption du sujet sera tournée vers lui-même, ce que l’on nomme focalisation interne.
Cette focalisation interne naît d’un recul, celui du conscient. Le sujet s’occupe moins de l’extérieur, se tourne donc vers l’intérieur. Les stimuli externes perdent de leur importance. Sorti de ce cadre conscient, le sujet change son orientation à la réalité, s’ouvre à de nouvelles ressources, possibilités d’évolution jusque là inconscientes. Des compétences personnelles se développent : créativité, imagination, ressources de changement, accès à des savoirs, connaissances… 
« Faites confiance à votre inconscient » (M. Erickson)

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Programmation neuro-linguistique
Programmation neuro-linguistique » ? Quel nom bizarre ! Effectivement, la légende dit que Richard Bandler, co-fondateur de la PNL avec J. Grindler, a crée ce terme pour impressionner des forces de l’ordre qui s’inquiétaient de son activité professionnelle. De la même manière ce terme aurait été gardé, ajouté à une kyrielle d’autres termes alambiqués pour impressionner des éditeurs frileux. 

La PNL est issue de l'observation de grands thérapeutes, dont Erickson. Bandler et Grinder ont entrepris de modéliser les démarches thérapeutiques qui marchent, livrant alors un ensemble de techniques orientées solutions, déroutantes pour l'oeil extérieur, mais souvent pertinentes.

Programmation : tout au long de notre vie, nous programmons des façons d’être, de penser, de se comporter en fonction de ce nous vivons, rencontrons.
Neuro : cette capacité de nous programmer repose sur nos capacités neurologiques. Cerveau, système nerveux nous permettent d’appréhender le monde extérieur, de percevoir, stocker et organiser l’information et de mettre en place telle ou telle réponse.

Linguistique : langage verbal et non-verbal reflètent cette manière de se représenter et d’appréhender le monde. 

La PNL va se fonder sur ces phénomènes, à travers une exploration précise des comportements, schémas de pensée et états internes, une analyse des stratégies mises en place ou le recadrage du contenu et/ou du sens du vécu, pour aider le sujet à modifier sa palette de réponses, à évoluer ou changer sa perception. 
 
 

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Présupposés PNL

La PNL a théorisé, modélisé la pratique de différents thérapeutes, dont Erickson. Elle a mis en place des présupposés qui définissent assez bien la pratique ericksonienne et l’ »attitude PNListe », en matière de communication, thérapeutique ou non : 
 

- Chaque personne dispose déjà de toutes les ressources dont elle a besoin.   

Issu d’Erickson, ce présupposé est capital : nous avons tous les moyens de nous venir en aide. La thérapie est un simple moyen d’y accéder. Le patient ne le pense pas nécessairement, mais si le thérapeute n’en est pas convaincu, là il y a une souci. 

  

- La carte n'est pas le territoire   

Notre représentation du monde n’est qu’une lecture de ce monde. Elle ne constitue un fait objectif, une réalité. Nos limites sont dans notre carte du monde, non dans le monde lui-même. Changer ce rapport au monde dans le cadre thérapeutique, c’est créer une carte plus adaptée au bien-être. 

   

- Tout comportement, à son origine, est orienté vers l'adaptation et contient une intention positive.  

Nos actes constituent toujours un meilleur choix possible. Par voie de conséquence, l’acte thérapeutique sera notamment d’ouvrir à de nouveaux choix, d’en élargir l’éventail. 

   

-  Plus une personne dispose de choix, plus elle a de chances de réussir   

Développement du précedent présupposé, plus on diversie ses possibilités de choix, plus on développe ses capacités d’adaptation, à soi-même, aux autres et au monde. 

  

- Il n'y a pas d'échec, il n'y a que du feed-back (retour d’information)  

L’échec n’existe pas en lui-même, puisqu’il constitue un apprentissage, une prise d’information utiles dans l’optique d’une amélioration ou ‘un changement. 

  

-  Il est impossible de ne pas communiquer   

Tout comportement envoie nécessairement des informations. Tout est signe. 

  

-  Le sens de la communication est donné par la réponse qu'elle déclenche. 
Le sens de ce qui est émis dépend de ce qui est perçu. 

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Hypnose ericksonienne et bégaiement

L'hypnose est la discipline de l'inconscient. Il parait évident qu'elle s'impose comme la discipline de prédilection quant à la remise en cause du bégaiement, processus automatique donc inconscient. C'est en cela d'ailleurs l'échec des prises en charge actuelle : on cherche à conscientiser ce qui ne doit pas l'être. Toute prise en charge exclusivement consciente du bégaiement participe à sa chronicisation. 
 

- Intention positive : c'est un des premiers éléments, fondateur. Pour reprendre la théorisation PNL : 

Tout comportement, à son origine, est orienté vers l'adaptation et contient une intention positive.


L'inconscient est bienveillant, nos actes constituent toujours un meilleur choix possible. Tout comportement possède une ressource. En clair, pour des raison x ou y, la personne qui bégaie n'avait pas de meilleur choix possible au moment où le bégaiement s'est mis en place. Si ça n'avait pas été le bégaiement, cela aurait été autre chose (de pire selon l'inconscient du sujet). L'erreur de traitement se situe plus loin : dans certains cas, même si d'autres solutions sont alors possible, le bégaiement s'installe comme LA réponse. Discuter et reconnaître cette intention positive est important. La situation est recadrée. La thérapie n'a plus qu'à proposer d'autres solutions, écologiques et durables si elles préservent l'intention positive. En d'autres termes, préserver le bénéfice (conscient ou inconscient) mais mettre en place d'autres stratégies pour le générer. 
 

- Recadrage : préserver l'intention positive et trouver d'autres solutions pour l'exprimer. Enfermé dans une réponse, un comportement comme le bégaiement, le sujet n'envisage pas d'autres solutions. Le problème se conscientise, les ressources sont limitées. L'inconscient, créatif, peut fournir de nouvelles options. C'est là le but des techniques de recadrage. Associé à l'hypnose, le recadrage est un outil de changement très puissant. On s'adresse à la partie de l'individu qui bégaie et on lui demande de fabriquer, de générer de nouvelles solutions, efficaces, simples et adaptées au bien-être. C'est là un vrai dialogue entre le thérapeute et la partie concernée. Cet échange constitue la démarche la plus simple, la plus directe et comme souvent dans ce cas, la plus efficace. 
 

- Phobie : comme dans tout phénomène désagréable, perturbant ou traumatisant,  le bégaiement a une dimension anxieuse : on a peur que cela recommence. Dans le travail de la peur ou de la phobie de bégayer, l'interprétation pourrait être celle-ci : le but est de classer le «dossier bégaiement». Le sujet a vécu un traumatisme (le premier bégaiement par exemple ou d'autres situations qui viennent s'ajouter au fil du temps), dont l’importance ne lui a pas permis de développer les ressources pour lâcher-prise, mettre à distance l’événement. Pour illustrer cela, une personne qui a eu un accident de voiture, si elle a la capacité de mettre « entre parenthèse » le dit accident, n’a pas peur d’un nouvel accident en remontant dans une voiture. L'accident est arrivé, mais il est comme lointain. Il n'est plus pregnant. On en est dissocié (et non associé). 

Sous hypnose, on va donc opérer cet « archivage ». Il faut pour cela que la période traumatique soit revécue INCONSCIEMENT du début à la fin (il ne s’agit pas d’effacer cette période mais de la mettre à distance, comme un mauvais souvenir, mais sans pont direct vers le présent). La plupart des personnes ayant vécu un événement ou une période traumatisante ont beaucoup de mal en la racontant à aller jusqu’à la fin. L’affaire n’est pas classée, ils sont encore « dedans ». Dans le cadre du bégaiement, ce ne sont pas des crises successives, mais le même enfer (avec des variantes) qui recommence, encore et encore. Les techniques hypnotiques actuelles, comme la double dissociation, permettent un lâcher-prise souvent immédiat et sans douleur (il ne s'agit pas de revivre la période consciemment). Les professionnels qui font revivre des événements traumatiques consciemment, sorte de catharsis masochiste sont, ou des imbéciles ou des incompétents (ou les deux).  L'hypnose, si il y a une charge émotionnelle, doit être par contre sans douleur. 
 

- Régression : la régression est une technique hypnotique avancée, à pratiquer avec un thérapeute de qualité. 

La régression est un outil pouvant se révéler pertinent, dans le cadre d'un bégaiement très traumatique, ou de phénomènes s'apparentant au stress post traumatique

Retrouver le passé et le revivre ne sert à rien en soi. 

Par contre, il peut être utile de reconsidérer un événement du passé (la plupart du temps pendant l’enfance ou juste avant !?!). Pour établir une distance, on crée une dissociation : le sujet n’est pas dans l’événement, mais l’observe (il voit, entend mais ressent peu). Dans cette position, l’adulte d’ici et maintenant peut voir le passé sous un nouvel éclairage, comprendre, recadrer sa perception, ce qui n’est pas possible à l’enfant, raisonnant et appréhendant la réalité comme son age lui permet. La régression n’est pas un outil du passé, mais un outil puissant et efficace de restructuration du présent et de l’avenir.

Régression ou pas ? 

On peut confier la réponse à O. Lockert (Hypnose / IFHE Editions) 

« - En cas de « bleu à l’âme » due aux choses du passé) : soignez le présent. Pansez les blessures. Pas de régression.
- En cas « d’épine à l’âme » (due aux choses du passé) : soignez le passé. Retirez l’épine et désinfectez grâce à la régression hypnotique »

A suivre ... à bientôt. 
Pour toute question ou renseignement, n'hésitez pas. 
 

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Bibliographie 

 

En ce qui concerne le bégaiement proprement dit, peu d'ouvrages trouvent grace à mes yeux (ce n'est que mon avis). Mais mes connaissances en ce domaine sont loin d'être à jour. Je suis donc ouvert à toute suggestion. 

A noter, un roman présentant le problème du bégaiement, attachant et enrichissant (de plus bien écrit). On peut le commander ici : Le quatrième automne
 
 


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